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Année 2017. Billets d'humeur syndicale

Billets d'humeur écrits CHAQUE SEMAINE en 2017 avec pour thème : l'enseignement (Evelyne Cima 2017).
Introduction

Introduction

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Présidente du syndicat SYNEP CFE-CGC (syndicat de l'enseignement privé CFE-CGC), à titre personnel il m'arrive régulièrement de m'insurger contre la politique éducative de la France.

Mes billets d'humeur (publiées chaque semaine depuis plus d'un an sur le site syndical du SYNEP CFE-CGC) sont le reflet de mon combat personnel, mais pas systématiquement de celui du syndicat que je préside.
Evelyne CIMA (2017)


Voici mes derniers « billets d'humeur » de 2017


Duel chez les « y-a qu’à, faut qu’on »

17 septembre 2017
Duel chez les « y-a qu’à, faut qu’on »

Cette semaine nous avons assisté à une sorte de duel, par médias interposés, entre le président du CSP (Conseil Supérieur des Programmes) représentant l’ex-ministre de l’Éducation nationale et notre ministre actuel ayant hérité du même portefeuille.

Avez-vous une petite idée du sujet de la dispute ? Figurez-vous que le second veut modifier les programmes que le premier vient tout juste de mettre en place.

Rien d’étonnant! En effet,
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depuis des lustres, c’est entré dans les mœurs des ministres de l’EN : chacun détricote sans vergogne ce qu’a élaboré son prédécesseur. Si j’ai bien tout compris, le duel porte pour l’instant sur les mathématiques en maternelle et CP !

Exaspérée, je leur dis à tous les deux : un point partout, la balle au centre. J’en ai effectivement assez de tous ces ministres « y-a qu’à, faut qu’on » qui pondent des programmes se traduisant par de belles phrases tant dans les médias que dans le BO (Bulletin Officiel) et que dans EDUSCOL, ce « portail national d'informations et de ressources » pour les enseignants.

Moi, j’attends que ces programmes, avant leur mise en application, soient assortis de la réalisation d’un exemple de tous les cours leur correspondant.

Là, les donneurs d’ordre, les « y-a qu’à, faut qu’on » changeraient peut-être d’avis devant les éventuelles aberrations engendrées par leurs programmes et pourraient peut-être prendre conscience qu’élèves et enseignants sont des êtres humains dont il est bon de ne pas jouer l’avenir aux dés… dans l’espoir de gagner le jackpot de la célébrité !

Fin du duel.

La France n’est pas réformable !

10 septembre 2017
La France n’est pas réformable !

Ne serait-ce pas une contre-vérité ? Je ne vais prendre qu’un seul exemple, celui de l’enseignement. Même avec la formule du « mammouth », d’une certaine époque révolue, l’enseignement n’a-t-il pas été réformé presque autant de fois qu’il y a eu de ministres à l’Éducation nationale ?

Chacun d’eux y est allé de sa réforme même sans l’avoir testée grandeur nature, car,
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c’est bien connu, un ministre sait par essence ce qui est bon pour nos élèves, et l’actuel ministre ne fait pas exception à la règle.

En effet, de nombreux rapports pointent du doigt la nécessité de mettre face aux élèves des personnels bien formés. Évidence, me direz-vous ! La preuve que non puisqu’il semblerait qu’il ait fallu encore le rappeler. Et, preuve supplémentaire, notre ministre, parmi toutes ses réformes en cours, va vite mettre en place des « devoirs faits » innovants pour lesquels nos enfants seront aidés par plusieurs milliers de… jeunes volontaires du service civique, en train de finir leurs études, sans qualification sérieuse pour cet emploi. On peut donc craindre le pire. Mais, ouf, cela permet d’appliquer une réforme de plus dans quelques semaines !!!

Donc, erreur, la France est bien réformable… au moins à l’Éducation nationale, et toujours dans la précipitation.

Réforme du code du travail. Les subtilités de notre Président ?

3 septembre 2017
Réforme du code du travail. Les subtilités de notre Président ?

Il y a au moins une chose que je ne peux pas reprocher à notre Président de la République : c’est pour l’instant son art de gouverner. Pour réformer le code du travail, il semble avoir utilisé la bonne vieille méthode de certains patrons sachant manier avec subtilités la carotte et le bâton face à leurs employés pris séparément.
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Plutôt que de mettre en place des « grenelles » spéciaux, ou faire des groupes de travail à l’Assemblée nationale, ou encore faire organiser des négociations entre patronat et syndicats sous la houlette de sa ministre du travail, notre Président a choisi lui aussi de manier avec subtilités...

Multiplication de réunions avec les centrales syndicales, mais pas n’importe quel type de réunions : des « spéciales » car il ne s’agissait pas de négocier mais de se concerter (nuance importante dans les termes) ; et réunions encore plus « spéciales » car elles étaient en face-à-face : un seul syndicat à la fois, ce qui laissait la place à tous les échanges verbaux que l’on peut imaginer et ne pas imaginer !

Toujours est-il que l’ensemble ne débouche, tout au moins à l’heure à laquelle j’écris ce texte, que sur quelques contrariétés syndicales.

Mais en définitive c’est peut-être parce qu’il y a toujours eu un certain consensus entre tous les « concertants » pour mettre en application les recommandations de Bruxelles en matière de droit du travail. À propos, les avez-vous lues ces recommandations qui vont finir par s’appliquer aussi dans l’enseignement privé ?

Août 2017

Août 2017
Notre ministre vient de réinventer… l’eau chaude !

27 août 2017
Notre ministre vient de réinventer… l’eau chaude !

Avez-vous lu la note de service n° 2017-131 du 10-8-2017, concernant les priorités nationales du plan de formation des maîtres pour l’année qui commence dans quelques jours ?

Notre nouveau ministre, qui nous dit vouloir tout réformer tout de suite (comme ses prédécesseurs, en quelque sorte), vient de donner ses directives. Elles sont on ne peut plus novatrices en matière de formation des maîtres ! Jugez-en plutôt :
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« La formation professionnelle doit répondre à trois grands objectifs : l'adaptation immédiate des personnels à leurs fonctions, l'adaptation aux évolutions prévisibles de leur métier, l'acquisition ou le renforcement de compétences professionnelles. »

Voilà qui est enfin nouveau car avant, …c’était avant…, le personnel n’était pas formé pour être immédiatement opérationnel. On lui parlait de la pluie et du beau temps, des sorties qu’il pourrait faire pendant ses nombreux loisirs… c’est fini ! Maintenant on devra lui parler de son travail et même, grande nouveauté… de ses élèves !

En effet, la note ministérielle en question précise (car c’était nécessaire !) que « l'enjeu premier de la formation réside dans l'appropriation des pratiques pédagogiques et éducatives les plus propices à la réussite et au bien-être de tous les élèves. »

Voilà donc un ministre très prometteur et très productif, tout au moins dans la réinvention de l’eau chaude.

Enfin, notre ministre le reconnait ! Cependant…

20 août 2017
Enfin, notre ministre le reconnait ! Cependant…

Auditionné à l’Assemblée nationale, notre ministre de tutelle a, enfin, reconnu certaines vertus pédagogiques à l’enseignement privé indépendant pour lequel a-t-il dit : « il se passe des choses intéressantes ».

À ce sujet, il a même précisé
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qu’il allait intensifier les expérimentations pédagogiques dans le public, et donc dans le privé sous contrat, sans aucun doute pour tenter d’imiter le privé indépendant.

C’est bien, cependant… ces quelques paroles prononcées devant nos élus nationaux ne sont-elles pas là pour tenter d’assoupir notre défiance vis-à-vis du gouvernement qui dans le même temps tente et espère renforcer sa main mise sur le privé indépendant en multipliant les dispositions négatives à son encontre ?

Cela ne rappelle-t-il pas le chant des sirènes ?

Ces flemmes qui guettent nos jeunes

13 août 2017
Ces flemmes qui guettent nos jeunes

Vendredi dernier, j’ai lu un titre accrocheur dans la revue de presse hebdomadaire de la CFE-CGC : Marathons, parcours du combattant… : pourquoi les cadres sup adorent-ils les sports qui font souffrir ? L’écrasante majorité des « joggeurs » est constituée de cadres et professions intellectuelles supérieures…

Je ne détaillerai pas les raisons pseudo-psychologiques explicatives telles que :
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pour déstresser, pour renouer avec son « moi » mis de côté dans le travail d’équipe... raisons invoquées dans l’article auquel renvoie la revue de presse.

Mon explication, même pas effleurée tout au long de l’article, est que l’Enseignement tient une part prépondérante dans la mise en place, chez les jeunes, des éventuelles futures flemmes, intellectuelle et physique car les deux vont souvent de pair.

Depuis des lustres, l’Éducation nationale s’est résolument tournée vers le ludique de bas niveau : surtout ne pas trop faire travailler les élèves, pas plus en classe qu’à la maison, sans la moindre culture de l’endurance. Et ceux qui réussissent à échapper à ce laxisme « flemmardogène » font généralement partie de ces cadres sup dont on parle.

Quant à bon nombre des autres, malheureusement, la flemme généralisée les guette !

Certains établissements d’enseignement public devraient avoir du mouron à se faire !

6 août 2017
Certains établissements d’enseignement public devraient avoir du mouron à se faire !

En effet, le 19 juillet dernier, le Conseil d’État a rejeté la demande (entre autres du SYNEP CFE-CGC) d’annulation, pour excès de pouvoir, du décret n° 2016-1452 du 28 octobre 2016 relatif au contrôle par l’État de l'instruction dans les établissements d'enseignement privés indépendants (de l'État). Il paraît que ce décret ne porterait pas atteinte à la liberté d’enseignement !

C’est exact, il ne porte pas atteinte à la liberté d’enseignement en ce sens que l'on a le droit de créer des établissements scolaires privés indépendants, mais...
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…mais il porte juste atteinte à la liberté d’enseigner comme on veut, quand on veut car, avec ce décret, les inspecteurs de l’enseignement public vont devoir vérifier, dans le privé indépendant, si les enfants ont acquis les compétences et les connaissances en se référant… devinez à quoi ? En se référant à celles qui sont attendues des enfants scolarisés dans les établissements publics ! En résumé : à 10 ans on doit savoir ceci, à 13 ans on doit savoir cela, à 16 ans on doit savoir…

Ce que je sais, à mon âge, c’est que depuis de nombreuses années l’Éducation nationale n’arrive pas à faire en sorte que la majorité de ses élèves ait acquis le strict minimum requis par elle-même. Alors je m’inquiète pour nombre d’établissements du public car, en toute honnêteté intellectuelle (si elle existe au sein de l’État), combien l’État devra-t-il fermer de ses établissements ne répondant pas aux normes qu’il impose désormais au privé indépendant ?

Et si l’État ne s’exécutait pas, je me poserais alors des questions sur les raisons précises et inavouables ayant conduit à publier un tel décret !

Juillet 2017

Juillet 2017
Moraliser la vie politique ! Mais qu’est-ce que LA morale ?

30 juillet 2017
Moraliser la vie politique ! Mais qu’est-ce que LA morale ?

« La » morale existe-t-elle ? N’y a-t-il pas des morales ? C’est un vaste sujet entre autres philosophique et, dans ces conditions, que signifie : moraliser la vie politique ?

Je vais prendre un exemple simple. Élue députée, comme je n’aurai pas le droit d’embaucher mon mari en tant qu’assistant parlementaire, je vais pouvoir facilement
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embaucher mon amant. Autre solution : je divorce vite fait à l’amiable et j’embauche mon ex. Où est LA morale dans l’histoire ? Vaut-elle que l’on en fasse une loi ?

À mon avis, les électeurs doivent s’intéresser plus aux résultats positifs obtenus par leurs élus qu’à la nature de leurs relations avec les assistants avec lesquels ils ont obtenu ces résultats… tant qu’il n’y a pas détournement de fonds.

C’est d’ailleurs un problème analogue que l’on pourrait se poser pour les établissements d’enseignement privé. Certains, parmi les « indépendants », sont des entreprises familiales. Doit-on crier à l’immoralité tant que ces établissements n’arnaquent pas les jeunes qui leur sont confiés ? Mais, dans ce cas, est-ce vraiment lié au caractère familial de l’entreprise ? N’y a-t-il pas d’autres établissements, dont je ne citerai pas le nom aujourd’hui car ce n’est pas le sujet, qui, malgré leur caractère non-familial, arnaquent nos jeunes depuis des années ? Alors, moraliser : oui ; mais… autrement que pour faire de la démagogie.

Éducation nationale : disparition programmée ?

23 juillet 2017
Éducation nationale : disparition programmée ?

Vous avez peut-être constaté, comme moi, que depuis des années l’Éducation nationale fait tout ce qu’elle peut pour s’auto-détruire. En ce moment, c’est à Nîmes que les choses se passent. Sous couvert de mixité sociale mal assimilée,
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le rectorat est en train de revoir la sectorisation de la ville (le terme de carte scolaire ayant acquis ses lettres de mauvaise-noblesse on l’a remplacé par celui de sectorisation) et en profite pour fermer le collège Diderot !

On aurait pu imaginer que le rectorat en profite, au contraire, pour rendre Diderot attractif car les méthodes applicables en ce sens sont nombreuses. Non, il préfère le fermer ! Et par quoi le remplacer ? Par, entre autres, un accroissement des moyens donnés à des établissements d’enseignement privé sous contrat avec l’État !

À titre personnel, militant de longue date pour l’enseignement privé, je ne suis bien sûr pas contre cette solution rectorale. Elle me surprend, si tant est que l’on puisse être surpris par les agissements de notre ministère de tutelle. Ce que je déplore, par contre, c’est de voir une institution nationale se saborder par petites touches, et tout particulièrement au soi-disant prétexte de la mixité sociale !

Je ne suis pas pour la disparition de l’Éducation nationale, bien au contraire car, comme dans de nombreux domaines, dont celui de l’enseignement, on a besoin d’émulation forte. Mais force est de constater que cette institution semble avoir programmé sa disparition. À ce sujet, je vous renvoie d’ailleurs à mon billet d’humeur du 9 avril dernier, billet dans lequel je m’étonnais qu’un inspecteur d’académie milite en faveur de la montée en puissance de l’enseignement privé sous contrat avec l’État. Jules Ferry doit se retourner dans sa tombe !

Jour de carence et agents de l’État

16 juillet 2017
Jour de carence et agents de l’État

À moins que je n’aie pas bien tout compris, il s’agirait d’une mesure soi-disant égalitaire car les personnels de droit privé sont actuellement soumis à des jours de carence en cas d’arrêt maladie et ceux du public ne le sont pas.

Exact, mais dans ce cas,
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pourquoi faire comme on fait pour l’enseignement, depuis des années ? Pourquoi niveler par le bas ? Pourquoi ne pas supprimer les jours de carence pour tout le monde ?

Si ce n’est qu’une question de gros sous, qu’une punition collective comme les augmentations de TVA et de CSG, autant le dire clairement et ne pas aller évoquer l’égalité et la chanter sur tous les toits !

À propos d’égalité, d’ailleurs, au sein des entreprises du privé, des accords d'entreprise peuvent être négociés (négociations d‘entreprises chères à notre président) entre autres pour les jours de carence. J’espère donc, au moins, que le jour de carence pour les agents de l’État sera lui aussi négociable établissement par établissement, sinon, où serait l’égalité ? Ne serait-elle qu’une vague notion brandie lorsqu’elle arrange nos dirigeants ?

« Merci pour ce moment » passé parmi nous.

9 juillet 2017
« Merci pour ce moment » passé parmi nous.

Cette semaine, je vais vous donner un exemple concret, vécu : celui de la fille d’une de mes amies. Elle est née en 2003 et est entrée à l’école maternelle en 2006, à l’époque des rythmes scolaires à 4 jours et demi.

En 2008
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elle subit une première réforme : 4 jours avec accompagnement personnalisé pour les enfants en difficultés. Mais comme elle est classée parmi les « douées » et que rien n’est proposé dans ce cas de figure, pour elle pas d’accompagnement ; c’est une perte sèche d’heures de cours.

De plus, la réforme des rythmes scolaires s’accompagne d’une réforme des programmes avec évaluation en CE1. En 2009, dans sa classe de CE1, l’évaluation rogne un temps certain sur les heures de cours pour déboucher sur le constat suivant : niveau de maths catastrophique pour la majorité des élèves ! Réaction des « autorités » de tutelle : aucune. L’enseignant n’est peut-être pas doué pour les maths mais il est bon ailleurs ! Rendez-vous est donc pris pour l’évaluation de CM2.

En 2012, l’évaluation CM2, et sa perte conséquente de temps de cours, confirme le bilan très faible du CE1. L’enseignant avoue d’ailleurs à mon amie qu’en mathématiques, il fait malheureusement ce qu’il peut ! Comment d’ailleurs lui en vouloir, en pleine mutation des programmes ?

En 2014, nouvelle réforme des rythmes scolaires avec retour à la semaine de 4 jours et demi. Mais je n’insiste pas car la fille de mon amie, alors en 6ème, y échappe. Ouf pour elle !

Par contre, en 2016, alors qu’elle est en 4ème, elle a droit à la réforme du collège avec son principe des vases communicants : on enlève des heures à droite pour en mettre d’autres à gauche ! En la circonstance, on ajoute 30min de maths en 6ème pour enlever une heure en 4ème. Pas de chance pour la fille de mon amie car elle n’a pas bénéficié de la demi-heure de plus en sixième mais elle perd bel et bien son heure de maths de 4ème.

Et puis, cerise sur le gâteau, la même année il y a création des EPI et des heures d’accompagnement. En ce qui concerne l’accompagnement, elle n’y a pas droit, n’en ayant parait-il pas besoin. Quant aux EPI… ses enseignants préfèrent les tester une année entière sur leurs élèves de 3ème avant de les appliquer à ceux de 4ème. Pas d’EPI, donc, pour elle.

Voilà qu’approche la rentrée 2017 avec son nouveau lot de réformes d’un flou actuellement « artistique » à propos des EPI pour le brevet des collèges. Que se passera-t-il pour la fille de mon amie ? Mystère actuel total !

Et ensuite, lorsqu’elle entrera en terminale, qu’adviendra-t-il du bac dont on nous annonce qu’en 2021 il subira une réforme tant spectaculaire que… « navrante » (j’en ai déjà parlé dans un autre billet d’humeur). Elle en essuiera les plâtres une fois de plus !

Finalement, combien d’heures d’enseignement perdues par cette jeune fille durant toute sa scolarité ? À combien de « refontes » des programmes ses enseignants ont-ils dû s’adapter, avec tous les écueils de la nouveauté rejaillissant sur leurs élèves ? Et le tout pour quels résultats ? Un enseignement français de plus en plus déconsidéré dans le monde. Mais…

…point positif, car je ne vais tout de même pas terminer sur une note négative : ...mais au moins des ministres de l’Éducation nationale pleinement satisfaits de leur travail accompli en vue de l’épanouissement intellectuel des jeunes générations !

Pour l’avenir de nos enfants, mesdames et messieurs les ministres, messieurs les présidents : « Merci pour ce moment » passé parmi nous !

Juin 2017

Juin 2017
Un serpent de mer qui refait surface : celui des devoirs faits à la maison !

25 juin 2017
Un serpent de mer qui refait surface : celui des devoirs faits à la maison !

Utiles selon les uns pour assimiler les éléments essentiels appris en cours, inutiles et inégalitaires selon les autres à cause des disparités entre les familles et donc entre les aides potentielles qu’elles peuvent apporter à leurs enfants respectifs.

Alors notre nouveau président vient, semble-t-il, de trancher : les élèves auront à faire des devoirs en dehors des cours mais… ceux qui le désirent pourront les faire au collège, pendant des études dirigées. C’est ce qu’il a appelé le dispositif des « devoirs faits ».

En fait, ce sur quoi notre président a tranché,
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c’est sur la nécessité ou pas de donner des devoirs en dehors des cours. Pour lui, comme pour moi, les élèves doivent avoir un peu de travail scolaire à faire en dehors des temps d’enseignement classiques. À condition qu’il soit pertinent et ne serve qu’à mettre en lumière quelques points essentiels de ce qui a été vu en cours.

Cependant, concernant l’inégalitarisme supposé pointé par certains, les « devoirs faits » au collège vont-ils y changer quelque chose ? Non ! Ils peuvent même exacerber les rancœurs inégalitaires car ces études surveillées seront réservées au « élèves volontaires » à ceux qui risqueront donc d’être facilement identifiés et montrés du doigt par des « camarades » avides de comportements vexatoires. Je crois déjà entendre ces derniers leur crier : « il va à l’étude ! » (Traduction : « sa famille est nulle ! »). Du coup, socialement parlant, le but ne serait pas atteint. À moins que…

…À moins que notre président, lucide, fasse diriger les « devoirs faits » par des pros de la pédagogie et non par quelques volontaires passant dans la rue. Alors, même ceux enclins à se moquer des autres iront dans ces études et elles deviendront un grand « plus » pour les élèves des collèges. Mais quel en sera le coût en terme budgétaire ?

C’est d’ailleurs peut-être la raison pour laquelle notre président semble hésiter et vient de retarder la mise en application de sa mesure qui devait entrer en vigueur à la rentrée 2017.

J’attends donc la suite du feuilleton !

Mon appel du 18 juin pour l’enseignement supérieur

18 juin 2017
Mon appel du 18 juin pour l’enseignement supérieur

Le magasine « Times Higher Education » vient de publier son palmarès annuel des universités les plus réputées au monde et la France n’en compte plus que 3 dans les 100 premières (et qu’une seule dans les 50 premières).

La France sous-performe une fois de plus cette année et j’en viens à me demander si
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la « théorie du complot » n’expliquerait pas cet état de fait. Lorsque je parle de complot, je ne pense pas à un gigantesque complot international mais bien à un complot franco-français des élites contre le peuple !

Depuis des dizaines d’années les élites françaises, de droite comme de gauche, militent pour des universités de plus en plus médiocres desquelles elles espèrent ainsi voir une grande majorité de jeunes sortir avec un diplôme, pour faire plaisir aux électeurs. Mais à quoi servent des diplômes sans grande valeur internationale, comme notre bac que «l’équipe Macron» s’apprête à dévaluer un peu plus avec son contrôle continu ?

Il y a pas mal de temps, un de nos présidents a clamé un jour, haut et fort : « en France on n’a pas de pétrole mais on a des idées ! » Il devait s’agir d’idées pour endormir et leurrer la population française. C’est fait.

Aussi, ce 18 juin, j’en appelle donc à notre nouveau président : la France vient de subir une défaite historique et cuisante en matière d’enseignement supérieur (et pas seulement supérieur), alors peut-on espérer des jours meilleurs sous votre quinquennat ?

Aurait-on fait redoubler pour rien ?

11 juin 2017
Aurait-on fait redoubler pour rien ?

Nouveau ministre, nouvelles orientations. Jean-Michel Blanquer se distingue donc de certains de ses prédécesseurs en lançant quelques idées, sans doute pour tester les réactions de… je vais dire la société civile puisque ce terme a été mis à la mode !

Cette semaine, notre nouveau ministre songe donc sérieusement à ré-autoriser les redoublements polémiques, mais… comme vous l’avez certainement constaté dans la politique standard Macronienne, en ménageant la chèvre et le chou ! Aussi,
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pour ne pas mécontenter les adeptes du redoublement interdit, notre ministre a-t-il pris des gants oratoires en affirmant que le redoublement « doit rester possible quand c’est dans l’intérêt de l’élève » !!!

Qui l’eut cru ? Avant l’interdiction totale, les profs décidaient-ils du redoublement d’un élève par jeu, en le tirant à pile ou face, ou par sadisme ? Ils espéraient au contraire lui permettre d’acquérir les bases lui manquant car à quoi bon poursuivre des études si c’est pour continuer à ne rien comprendre ?

En fait, la réponse au problème du manque de bases est que chaque élève en difficulté a besoin d’être accompagné dans ses points faibles et non laissé à lui-même. Or, tout accompagnement a un coût, en terme budgétaire.

Il faut donc juste savoir ce que l’on veut : un enseignement profitable à TOUS ou un semblant politiquement correct d’universalité. Dans le second cas, la polémique sur le redoublement autorisé ou pas demeure effectivement d’actualité et peut aboutir entre autres à des phrases… telles celle de notre ministre.

Facs actuelles et service militaire au XIXème siècle : même tirage au sort, même combat !!

4 juin 2017
Facs actuelles et service militaire au XIXème siècle : même tirage au sort, même combat !!

Par esprit d’égalité, tout le monde devait faire son service militaire, avait-on dit à l’époque. Mais comme ceux sous les drapeaux devaient y rester plusieurs années pour bien apprendre à se battre et qu’on ne pouvait pas se permettre de garder toute une classe d’âge longtemps à la caserne, on avait imaginé le tirage au sort. Celui qui tiraient « un bon numéro » ne faisait pas son service militaire et s’il n’avait pas eu de chance, il pouvait en prendre jusqu’à 6 ans selon les années ! Fort heureusement, en particulier pour les riches familles, leurs fils ayant tiré un mauvais numéro avaient le droit de se faire remplacer ; il leur suffisait de trouver les volontaires et de les payer. Et comme le système fonctionnait bien, l’État instaura même une taxe sur les remplacements.

Je passe maintenant au problème actuel de la Fac.
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Par esprit d’égalité, tout le monde (ou presque) devrait pouvoir aller étudier en Fac, a-t-on dit de nos jours. Mais comme les étudiants doivent y rester plusieurs années pour bien apprendre, et que les locaux et les profs coûtent cher, on a ici aussi imaginé le tirage au sort. Celui qui tire un bon numéro peut poursuivre ses études et l’autre… tant pis pour lui. À moins que…

À moins qu’un futur décret, pondu à la va-vite comme certains aiment le faire, autorise un jour ceux ayant tiré le « bon numéro » à se faire remplacer moyennant contrepartie financière. Participer au tirage au sort à la Fac deviendrait alors une sorte de loto lucratif pour l’ensemble des jeunes souhaitant… ne pas aller en Fac ; une manne pour les plus chanceux d’entre eux ! De plus, le Gouvernement ne manquerait pas alors d’utiliser cette autorisation payante de remplacement pour imposer une taxe sur la transaction, transformant ainsi la pénurie de place à la Fac en source de revenus pour les pouvoirs publics ; et ce en toute « égalité républicaine » clameraient certains !

Facs actuelles et service militaire au XIXème siècle : même tirage au sort, même combat, n’est-ce pas ? Une fois pour y aller, une fois pour ne pas y aller !

Mai 2017

Mai 2017
De plus en plus d’enseignants-stagiaires sont remerciés en fin d’année de stage ! C’est inquiétant !

28 mai 2017
De plus en plus d’enseignants-stagiaires sont remerciés en fin d’année de stage ! C’est inquiétant !

Comme l’a annoncé le Comité Technique Ministériel de l’Éducation nationale le 4 mai dernier : le nombre de licenciés avant titularisation a doublé entre les années scolaires 2012-2015 et 2015-2016 !
Motifs des licenciements : manque de didactique, de pédagogie, de connaissance dans la discipline enseignée, mauvaise gestion de conflits…

Mais au fait, qu’y a-t-il d’inquiétant ?
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Imaginez-vous au pays « Utopismo ». Les futurs chirurgiens doivent passer un concours puis les lauréats deviennent stagiaires. Ils sont mis en situation et opèrent seuls, chaque semaine. Et en fin d’année, ceux n’ayant pas respecté les règles d’hygiène, ou dont le doigté laisse visiblement à désirer, sont licenciés sans ménagement. Si l’on ne tient alors pas compte des décès de certains patients, bien sûr, à Utopismo, la « formation » des chirurgiens est peu coûteuse et satisfait donc pleinement les utopismistes.

Revenons à nos stagiaires de l’Éducation nationale « remerciés », avant titularisation. Dans l’état actuel des choses ils ont eu en charge, durant l’année scolaire entière, une ou plusieurs classes selon la matière enseignée. Ils ont donc pu causer des dégâts irréparables chez certains élèves, mais… bof, « il n’y a pas mort d’homme et ce ne sont que des élèves, après tout », semblent se dire nos ministres successifs de l’Éducation ; « les économies réalisées en les formant « sur le tas » valent bien quelques sacrifices »
C’est bien cet état d'esprit qui est inquiétant !!

Ils en rêvaient depuis des décennies… Le Président Macron va peut-être le faire !

21 mai 2017
Ils en rêvaient depuis des décennies… Le Président Macron va peut-être le faire !

Toutes ces élites démagogues, qui pensent pour la multitude des autres, se demandaient comment réussir à faire croire au bon peuple qu’elles voulaient l’émanciper au travers de la connaissance tout en le maintenant dans un semi obscurantisme accepté, ni vu ni connu ! Elles en étaient certes en bonne voie depuis quelques temps, mais là notre nouveau Président va, de fait, leur apporter LA solution sur un plateau.

Le Bac sera réformé. Suite à de multiples
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simplifications successives des programmes, aux exigences de plus en plus réduites de connaissances, aux multiplications d’options facultatives, aux incitations au laxisme des jurys, un ultime coup de pouce va être donné aux pourcentages de réussite tout en faisant de substantielles économies budgétaires.

En effet : un bac essentiellement en « contrôle continu » devrait être programmé. Ce sera super. D’autant plus super que ce que l’on appelle « contrôle continu » en France est souvent une quasi absence de contrôle. Les professeurs notent leurs élèves et donc risquent de se noter eux-mêmes, sous l’œil attentif des parents et de leur administration plus à mêmes de faire pression dans les établissements que dans les jurys. Et en plus, élèves et parents seront heureux.
Des profs seront sans doute déçus… au début, puis certains finiront par risquer d’imiter le Topaze de Marcel Pagnol.

J’attends tout de même des précisions sur les modalités de ce « contrôle continu » annoncé. Peut-être me feront-elles changer d'avis.

Moi présidente, pendant mes 100 premiers jours à l’Élysée…

14 mai 2017
Moi présidente, pendant mes 100 premiers jours à l’Élysée…

Moi présidente, pendant mes 100 premiers jours à l’Élysée (à ceux qui pourraient s’étonner de ce début de texte, je suis en train de m’approprier la chronique quotidienne « Moi président » d’Hervé Pauchon sur France-Inter), en matière d’Éducation nationale je ne publierais aucun texte d’envergure, par simple précaution, pour ménager son avenir incertain. En effet, cette belle institution est devenue si bancale à cause de toutes les réformettes la tirant dans tous les sens depuis des décennies, que la moindre virgule changée dans ses textes de base pourrait avoir des conséquences catastrophiques. Aussi, mes 100 premiers jours, je me contenterais de mettre en place une petite expérience ou deux, par exemple sur le nombre restreint d’élèves en classes de CP… mais pas plus ! Par contre…
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Par contre, parallèlement, je lancerais une étude de faisabilité pour introduire l’enseignement de la logique, dès le CP ! Même la campagne présidentielle a en effet montré, par certains de ses discours et tracts, que la logique, la vraie, la scientifique, celle qui permet de communiquer et de se comprendre, était de plus en plus bafouée. Les contresens ont ainsi fusé de tous côtés, sans même être relevés par qui que ce soit, comme si chacun avait compris ce qu’il voulait comprendre et non ce qui était écrit ou dit !

Nos jeunes, dès le CP, sont aptes à assimiler le « ET », le « DONC »… alors, pourquoi hésiter à le leur enseigner ? Il est vrai que leur apprendre à être logique, c’est risquer de leur développer l’esprit critique (le vrai), celui que n’aiment pas les endoctrineurs…

Avril 2017

Avril 2017
Tract politique : Drôle de modèle de croissance !

30 avril 2017
Tract politique : Drôle de modèle de croissance !

Ce dimanche de « l’entre deux tours », je vais un peu parler d’élections, ou tout au moins du contenu d’un tract listant les points essentiels du programme d’un prétendant à la présidence de la République française. Pas de nom ! Je dirai simplement que son tract concerne le premier tour des élections et qu’il m’a été communiqué par un compatriote actuellement en poste aux États-Unis.

Un dernier mot, avant de passer au contenu du tract :
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il y a d’éminents pédagogues qui prétendent que, « pour ne pas perturber les élèves, il faut ne leur donner que des énoncés de problèmes dans lesquels TOUS les éléments sont à utiliser ». Et leur esprit critique, quand le développe-t-on ? Car dans la « vraie vie », lorsque ce ne sont plus les profs mais les circonstances qui fournissent les énoncés, les éléments indésirables s’invitent sans crier gare ; et si l’on n’y prend pas garde, voilà le type de tract que l’on obtient après une conversation (que j’imagine) au sein de l’équipe chargée de le rédiger :
-Il est impératif de parler de croissance économique.
-Et aussi de parler des perturbateurs endocriniens. C’est écolo et ça fait la « une » des médias…
-Qu’est-ce que c’est ?
-Des trucs qui perturbent la production des hormones.
- ?
-Oui, l’hormone de croissance, par exemple…
-Perturbateurs… de la croissance !!! C’est bon ça, on tient une partie de notre communication !

Et c’est ainsi que le troisième point du tract est rédigé :
« ■ Inventer un nouveau modèle de croissance :
-Un plan d’investissement de 50 milliards d’euros pour la formation de deux millions de chômeurs, pour la transition écologique, pour des grands travaux de rénovation urbaine
-Interdiction des perturbateurs endocriniens dès lors qu’il existe des solutions reconnues comme moins toxiques. »

Les américains ont, parait-il, bien ri !

« L’investissement essentiel, c’est la formation des enseignants ! »

23 avril 2017
« L’investissement essentiel, c’est la formation des enseignants ! »

Ce n’est pas moi qui le dis pour la nième fois, mais Jean-Paul Delahaye (IGEN honoraire, ex-DGESCO de notre ministre de l’Éducation sur le point de faire ses valises) qui le rappelait à l’AEF, le 21 avril dernier.

Il faut au moins être un IGEN chevronné pour pouvoir sortir doctement une telle vérité ! La formation n’est-elle pas indispensable pour tous les métiers ? Viendrait-il seulement de réaliser que « la formation à un métier » n’est pas un truc que l’on impose bêtement aux futurs salariés, un truc sans intérêt, uniquement là pour leur casser les pieds et leur montrer que les patrons commandent et qu’ils doivent obéir ?
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En lisant cette évidence au sujet de l’importance de la formation des enseignants, je me suis donc dit qu’elle devait certainement cacher quelque chose de plus subtile. Et c’est effectivement le cas. Tenez-vous bien… toute son argumentation est axée sur les classes d’élèves pauvres (ou des pauvres) et les décrochages scolaires. Pourquoi décrochent-ils, ces élèves ?

D’après les cogitations de cet IGEN, les enseignants sont majoritairement issus des classes moyennes et ne sont donc pas en adéquation avec les milieux populaires. Du coup, dans leurs classes, ils peuvent « faire des erreurs » (peut-être en leur parlant en français correct, par exemple, alors qu’ils auraient dû s’exprimer en verlan, ces « oufs » !). Voilà donc d’où viendrait le problème du décrochage scolaire.

L’IGEN préconise alors que les futurs enseignants acquièrent, en formation, des connaissances en matière de milieux populaires, afin d’adapter leurs cours. Entre nous, c’est une partie du b.a.-ba de ce que l’on devrait apprendre en pédagogie ; le tout étant de fixer les bornes jusqu’où ne pas aller !

On est donc encore dans l’évidence, jusqu’à ce que l’inspecteur dévoile enfin le vrai fond de sa pensée en concluant par : « Il faudrait aussi organiser un pré-recrutement pour favoriser la poursuite d’études des étudiants des milieux populaires qui souhaitent devenir enseignants ».

Voilà où voulait finalement en arriver cet inspecteur : prêcher pour une discrimination entre les futurs enseignants ; une discrimination qu’il pourrait qualifier de « positive », s’il souhaitait imiter un certain président de la République. Là, je ne suis plus d’accord, car une discrimination est toujours une discrimination, quels que soient les critères de discrimination !

OEPRE ou OEPERI pour des parents ?

16 avril 2017
OEPRE ou OEPERI pour des parents ?

Le 13 avril 2017, paraissait au Bulletin Officiel de l’Éducation Nationale une circulaire
http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=115286'
nous informant sur le dispositif 2017-2018 OEPRE (Ouvrir l’École aux Parents Pour la Réussite des Enfants).

Super, me suis-je dit. Notre ministre semble enfin
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s’intéresser à sa communication en direction des parents et, qui plus est, pour que leur progéniture réussisse à réussir.

Hautement intéressée, j’ai donc parcouru le texte du dispositif OEPRE. Curieusement, il ne s’adresse qu’aux parents étrangers allophones (un allophone étant une personne qui, sur un territoire donné, a pour langue première une autre langue que la langue officielle du territoire). Pourquoi donc négliger les autres parents ?

La réponse devient claire lorsqu’on lit que le dispositif de l’OEPRE a pour but « d'améliorer les compétences des parents (allophones, entre autres dans) la connaissance du fonctionnement et des attentes de l'école vis-à-vis des élèves et des parents ».

C’est l’école de la République qui « attend » certains comportements des élèves et de leurs parents et non pas le contraire ! Alors, pourquoi ne pas le dire clairement ? Pourquoi tergiverser et ne pas nommer ce dispositif « Ouvrir l’École aux Parents Étrangers Pour la Réussite de leur Intégration (OEPERI) » plutôt que OEPRE ? Serait-ce politiquement incorrect ?

Augmenter le nombre de places dans le sous contrat ?

9 avril 2017
Augmenter le nombre de places dans le sous contrat ?

Le 5 avril, Bruno Magliulo, inspecteur d’académie honoraire, envoyait au SYNEP CFE-CGC un de ses derniers écrits dans lequel il s’inquiète de la montée en puissance de l’enseignement privé hors contrat avec l’État, au détriment de l’enseignement public et de l’enseignement privé sous contrat avec l’État. Dans son document que l’on trouve à l’adresse

https://www.linkedin.com/pulse/la-forte-expansion-de-lenseignement-primaire-et-priv%C3%A9-bruno-magliulo

M. Magliulo écrit en substance que
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certains parents d’élèves, déçus par le public, s’orientent en premier lieu vers le privé sous contrat mais que, ce dernier étant limité en places, ces parents s’orientent alors vers l’enseignement plus coûteux : le privé hors contrat. Jusque là, je suis d’accord avec l’inspecteur.

Où mon désaccord devient patent c’est lorsque M. Magliulo soutient la solution du Secrétaire Général de l’Enseignement Catholique : demander au ministère d’augmenter le nombre de profs agents de l’État dans le privé sous contrat afin de lui permettre d’augmenter le nombre de ses places d’accueil.

En effet, comme les programmes, la pédagogie… du privé sous contrat sont obligatoirement un « copié-collé » de ceux du public, vus les résultats du public, il est donc « normal » que les parents se tournent vers le privé, le vrai.

Il serait donc judicieux, en termes de coût des études pour les familles, que cet inspecteur milite pour une amélioration plus que significative d’une Éducation Nationale devenue l’ombre d’elle-même. Dès lors, à quelques exceptions près, je parie que les parents d’élèves ne regarderaient plus du côté du privé, sous contrat ou pas. Mais ce n’est, semble-t-il, pas l’orientation prônée par M. Magliulo !

Réponse de M. B. Magliulo

9 avril 2017
Réponse de M. B. Magliulo

Merci pour ce signalement et cette contribution au débat. Il va de soi que je respecte pleinement votre point de vue, même si nos points de vue respectifs ne convergent qu'en partie.

Pour votre information, j'ai par ailleurs pu observer des réactions diamétralement opposées, me reprochant de ne pas *porter le fer au feu comme il le faudrait en s'attaquant à la loi Debré* !

Quoi qu'il en soit, j'ai le sentiment que ce débat aura lieu dans un relativement proche avenir.

Cordialement
B. Magliulo

Équipe Simplex : les « didacticiens des maths » du dimanche !

2 avril 2017
Équipe Simplex : les « didacticiens des maths » du dimanche !

Avez-vous jeté un coup d’œil à ces animations navrantes dont le but est soi-disant de « développer la culture mathématique » ? C’est Simplex qui le dit et qui ajoute même : « chaque épisode est dédié à un théorème mathématique et prend la forme d’une situation-problème concrète, réaliste, connectée au quotidien des adolescents. »

Pauvres adolescents à qui l’on feint de montrer
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le « concret » des maths avec des démarches scientifiques des plus douteuses !

Je ne vais m’attarder que sur un seul exemple, relatif à la trigonométrie, que vous pourrez trouver, avec les autres vidéos, à l’adresse :

http://education.francetv.fr/matiere/mathematiques/quatrieme/dossier/simplex-ou-comment-les-maths-nous-simplifient-la-vie

Des « jeunes » doivent couper une pizza ronde en 3 parts égales.
Méthode dite scientifique, proposée par Simplex : ils parlent d’un rayon du cercle ; du prolongement de ce rayon pour obtenir un diamètre ; d’une perpendiculaire se déplaçant sur ce prolongement et coupant le cercle ; de triangles isocèles symétriques obtenus avec d’autres rayons, etc. etc…
Pour finalement arriver à penser que 120° étant le tiers de 360° il suffit donc de faire des angles au centre de 120° pour délimiter leurs 3 parts de pizza !

Maintenant, puisque l’on est dans le concret, comment réussir à trouver le centre de cette pizza autrement qu’au « pifomètre » et comment déterminer perpendiculaires et milieu d’un rayon ? Quitte à travailler à l’intuition dès le début, autant que ce soit jusqu’à la fin, sans les soi-disant maths !

De plus, quel curieux raisonnement scientifique ne s’appliquant pas dans de nombreux autres cas ; heureusement qu’ils n’avaient pas à diviser leur pizza en 5 !

Si vous voulez un aperçu d’une autre animation concrète navrante, le voici, en très bref. On veut faire passer un écran géant par une porte rectangulaire (1m sur 2m). Passera, passera pas ? Avec Pythagore on détermine alors la longueur des diagonales de l’ouverture de la porte (je passe les détails dont celui de trouver la racine carrée de 5) et comme, à quelques petits centimètre près, cette longueur est un peu supérieure à l’une des dimensions de l’écran, tout va bien pour Simplex ; le problème est résolu. À part que, dans la vraie vie, celle du « concret, réaliste », l’épaisseur de l’écran risque de poser un sacré problème. Mais Bof !

Les maths, c’est l’école de la rigueur et ces exemples verbeux et approximatifs, ludiques ou pas, sont loin d’être rigoureux tout en laissant croire qu’ils le sont ! Si l’équipe de Simplex veut être un groupement de « didacticiens des maths », elle a encore de gros progrès à faire car, si pour elle la didactique consiste à travailler sur du réel, qu’elle y travaille réellement et pas seulement en dilettante… du dimanche !

Mars 2017

Mars 2017
Le droit de désobéissance des agents de l’État

26 mars 2017
Le droit de désobéissance des agents de l’État

« On » m’a fait savoir qu’il y a peu de temps, un inspecteur de l’Éducation nationale avait réuni ses enseignants stagiaires pour les avertir, avec bienveillance bien sûr, que si la moyenne de leurs classes en responsabilité était inférieure à 10/20, ils avaient à craindre pour leur titularisation.

Bien évidemment, de nombreux stagiaires se sont
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inquiétés, d’où ce « on » de mon début de paragraphe !

S’il a bien été compris, un tel « conseil », de la part d’un inspecteur, est proprement scandaleux mais pas si surprenant par les temps qui courent ! N’assiste-t-on pas en effet à une fuite en avant d’un ministère ne sachant plus comment masquer aux parents l’indigence de son enseignement ? Non seulement nos enfants auront à supporter le poids de la dette abyssale que nos gouvernants successifs leur ont mis sur les épaules mais, en plus, ils auront à supporter le poids d’une quasi an-alphabétisation d’une grande partie des adultes en devenir.

Pour en revenir à ce « conseil » de l’inspecteur, c’est-à-dire à ce chantage administratif, que répondre aux stagiaires ? Personnellement je leur dirai que le droit de désobéissance des agents de l’État existe mais que, comme le « droit de retrait », il est actuellement très limité ; et que ce droit est, de facto, encore plus limité pour les stagiaires.

Mais rien ne s’oppose à ce que dans un premier temps ils informent les parents de cette demande « d’harmonisation », qui ne reflète pas obligatoirement le niveau réel de leur enfant. Puis, si les années suivantes, une moyenne ne convient pas à leur chef d’établissement, qu’ils lui laissent la responsabilité de la surévaluer !

Nous savons bien, tous, que l’enseignement de nos jeunes devrait passer plus par un enseignement de qualité que par des moyennes surfaites.

Dilemme syndical et solidarité enseignante

19 mars 2017
Dilemme syndical et solidarité enseignante

Cette semaine je vais vous entretenir d’un sujet, cas d’école, pour lequel toute ressemblance avec des faits réels ne serait fort heureusement que pure et fortuite coïncidence. Cependant, comment ne pas penser à ce dilemme susceptible d’être posé à une conscience syndicale ?

Vous savez combien le ministère de l’Éducation nationale s’intéresse peu à la pédagogie…
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à tel point qu’il n’hésite pas, et encourage même, à laisser se créer des classes surchargées incluant plusieurs jeunes à difficultés reconnues, jeunes nécessitant une attention toute particulière et bien souvent des pédagogies appropriées. Dans un tel contexte, même des profs chevronnés et bardés de diplômes en pédagogie ont bien du mal à animer des cours structurés ; alors, pensez un peu à ceux qui n’ont entendu parler de cette science que par ouï-dire mais que le ministère de l’EN a tout de même mis en responsabilité, sans formation spécifique !

Et bien, imaginons un peu le cas d’un tel prof dont l’administration de l’établissement aurait décidé de se débarrasser, et qui bien évidemment solliciterait l’appui d’un syndicat. Imaginons que l’administration fournisse, à charge, des pièces montrant une très forte solidarité entre certains de ses collègues, mais une solidarité traduite par une unanimité de remarques du genre : « dans cette classe, pour moi aucun problème ! ».

Dans de telles conditions, face à l’administration, ce syndicat n’hésitera bien sûr pas à défendre bec et ongles le prof venu le solliciter. Mais quelle devrait être l’attitude du syndicat face à ces collègues dont la position risque de n’être que de circonstance ? Dilemme : taire leur comportement ou en faire état ?

Il y a déjà tellement d’autres situations bien réelles à traiter que je me demande finalement pourquoi aujourd’hui je me suis torturée l’esprit avec un tel problème hypothétique qui ne saurait être !

Cour des comptes et Éducation nationale : « l’enseignement, on s’en moque !»

12 mars 2017
Cour des comptes et Éducation nationale : « l’enseignement, on s’en moque !»

Ce 8 mars, la Cour des comptes « épingle » une fois de plus le ministère de l’Éducation nationale. Cette fois-ci c’est au sujet des remplacements de courte durée des personnels en collèges et lycées, remplacements très peu assurés qui provoquent, bien évidemment, des « trous » dans les emplois du temps des élèves. Ces trous, parfois importants, désorganisent le rythme des entrées et sorties des établissements scolaires.

La Cour des comptes a LA solution. Comme
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certains lycées et collèges arrêtent les cours bien avant le début officiel des vacances d’été, si le travail de leurs profs « libérés » était annualisé, ces derniers devraient des heures non faites à leur établissement. Et ces heures serviraient, par anticipation, à combler les fameux trous des absences de courte durée ; le tout sans bourse déliée.
Mais… la Cour des comptes, satisfaite, oublie quelques détails !

Pour les élèves libérés par anticipation, soit le programme n’a pas été terminé, soit il a été fait en conséquence, c’est à dire sciemment allégé, avec bien sûr l’accord tacite des inspecteurs. Mais le contenu des programmes… Bof !

Passons maintenant aux problèmes de la manière dont ces profs « remplaçants » boucheront les « trous », en utilisant par anticipation leurs quota d’heures annuelles. La plupart du temps, pour faire une heure ou deux de cours, ils se trouveront face à des élèves qu’ils ne connaissent pas et dont le niveau de progression sera difficile à cerner en quelques minutes.
Le rendement sera super ! Mais, au moins, comme le clame en substance notre ministre : l’important, pour les familles, est de savoir chacun de ses enfants encadré par des profs.

Finalement, la Cour de comptes et l’Éducation nationale ne sont elles pas sur la même longueur d’onde ? Pas de classe sans prof ! « L’enseignement, on s’en moque » ; l’important est qu’il revienne le moins cher possible.

Chahut en classe : Les profs ont bon dos !

5 mars 2017
Chahut en classe : Les profs ont bon dos !

Je sais que ce problème est souvent imputé aux profs mais ces derniers n’ont-ils pas bon dos ? Par exemple, même pour les plus pédagogues d’entre eux, que peuvent-ils faire face à deux ou trois jeunes perturbateurs impossibles à contrôler, surtout avec la politique actuelle peu encline à en motiver certains ? Et là, l’Administration a parfois
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une nette propension à critiquer ses profs plutôt qu’à les soutenir, ce qui est inadmissible.

En effet, en matière de règlement, les chefs d’établissement ont plus que leur mot à dire ; ne sont-ils pas les seuls responsables à pouvoir décider de l’enclenchement d’une vraie procédure disciplinaire ?

Pourtant après que leurs profs aient utilisé toute la panoplie graduelle des sanctions mises à leur disposition, (mot dans le carnet, devoirs supplémentaires, heures de colles…) des chefs d’établissement refusent d’appliquer les sanctions disciplinaires plus importantes qu’eux seuls peuvent prendre et laissent ainsi s’installer une atmosphère délétère. Et finalement, en dernier ressort, lorsque la situation est devenue ingérable, certains n’hésitent pas à monter les parents (clients rois), contre leurs profs pour pallier leur mauvaise gestion des situations de crise.

C’est navrant, mais les profs ont souvent bon dos, n’est-ce pas ?

Février 2017

Février 2017
« Le Monde » et son « before »

26 février 2017
« Le Monde » et son « before »

En direction des lycéens et des étudiants, donc de jeunes d’un âge déjà avancé, et pour les aider à orienter leurs choix d’études supérieures, « Le Monde » a créé un nouveau rendez-vous sur les réseaux sociaux : « le before de ton avenir ». Ce rendez-vous est patronné par le ministère de l’Éducation nationale dont les personnages influents, certainement enchantés par « before », se reconnaitront peut-être, comme ceux du journal « Le Monde », parmi les personnages dont je fais état dans mon billet d’humeur du 5 février dernier à propos de l’inculture et de l’utilisation de mots anglais.

Il est par ailleurs curieux de constater que
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« Le Monde » qui, dans ses articles, critique à juste titre le tutoiement presque systématique des « jeunes » par les forces de l’ordre, se permette de l’utiliser à son tour. Mais bah, on va dire que pour ce quotidien c’est par empathie, pour reprendre un mot à la mode !

Pour en venir au fond du sujet, « Le Monde », qui semble s’intéresser au pré-avenir de nos étudiants, ne se trompe-t-il pas (volontairement) de cible ? En effet, est-il urgent de s’adresser tout particulièrement aux jeunes qui réussiront à se faire une place au soleil, quoi qu’il advienne ?

Le gros problème actuel de notre pays n’est pas celui de proposer des places à notre future petite élite qui en trouvera toujours avec ou sans « Le Monde » mais de contrer la politique éducative régressive transformant en médiocres la très grande majorité de nos élèves. Ils ne réussissent pas à raisonner correctement et deviennent la proie de tous les beaux parleurs fourmillant sur la toile et du monde implacable qui les entoure.

Et dans son coin « Le Monde », qui s’intéresse souvent aux différentes misères humaines, suit ici un chemin que je qualifierai de politiquement correct vis-à-vis des ministères de l’Éducation nationale qu’il semble préférer ne pas froisser. Si ce journal tient à s’engager sur un « before » de certains, je préfèrerais que ce soit sur celui de la grande majorité de nos élèves, mais… ce serait politiquement plus clivant !

Les profs de France, sadomasochistes, devraient pratiquer l’EPCC !

19 février 2017
Les profs de France, sadomasochistes, devraient pratiquer l’EPCC !

La semaine dernière, comme vous n’avez certainement pas manqué de le lire dans mon précédent billet d’humeur, je notais que la Directrice Générale de l’Enseignement SCOlaire (Florence Robine) avait confirmé que le ministère actuel soutenait le « Mouvement de Lutte Contre La Constante Macabre » et l’EPCC (Évaluation Par Contrat de Confiance).

Comme je vous avais alors parlé de la « constante macabre », ce quota de mauvaises notes que, dixit le ministère, ces sadomasochistes de profs français font exprès
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de coller à leurs élèves et les démotivent, il me reste, aujourd’hui, à mettre en lumière (obscure ?) l’EPCC, ce type d’évaluation qui devrait éradiquer cette navrante constante macabre et, par là même, redorer le blason de la France dans les futurs tests Pisa.

Pour les curieux, voici une adresse Internet faisant état avec précision de l’EPCC : http://mclcm.free.fr/EPCC/070320_EPCC.pdf

En quelques mots, la notation dite « révolutionnaire » EPCC préconise d’annoncer, aux élèves, le programme précis du futur contrôle ; d’avoir réalisé les exercices auxquels ils seront confrontés, sans leur tendre de pièges ; d’en avoir discuté et, enfin, de ne pas leur demander des rédactions de réponses plus complexes que celles vues en classe.

Entre nous, il s’agit d’un mode d’évaluation banal pour un pédagogue lambda, érigé en mode révolutionnaire par le ministère, un peu comme les notes chiffrées remplacées par des lettres ou des couleurs !

La pédagogie, c’est l’art non seulement de savoir structurer un cours pour en faire passer sans heurts les points essentiels, mais c’est aussi savoir contrôler en douceur si les objectifs assignés ont été atteints.

En conclusion, si l’Éducation nationale avait fait correctement son travail, elle aurait commencé par former ses enseignants à la pédagogie, au lieu de crier haut et fort, par l’intermédiaire de nombre de ses ministres : « on apprend à enseigner en enseignant » ! Dicton navrant dont le seul avantage est de ne pas coûter cher à court terme, et dont l’inconvénient est de sacrifier des générations d’élèves.

Les profs de France seraient sadomasochistes !

12 février 2017
Les profs de France seraient sadomasochistes !

Cette semaine, Florence Robine (DGESCO) l’a confirmé : le MENESR soutient le MLCLM et son EPCC. Si vous n’avez pas tout compris, je vais traduire !

Cette semaine, Florence Robine, Directrice Générale de l’Enseignement SCOlaire, l’a confirmé : le Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, soutient le Mouvement de Lutte Contre La Constante Macabre et l’Évaluation Par Contrat de Confiance. Si, maintenant, vous hésitez sur l’interprétation de cette phrase en voici une clef de lecture.

Il est urgent, pour
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l’actuel ministère français de l’éducation et son bilan quinquennal, de désigner au monde entier les responsables de la débâcle de son système éducatif ; et comme il est hors de question que ce soient les politiques successives qui en soient accusées, le ministère a soudain tout compris : les profs et leur sadomasochisme plus ou moins latent en sont les coupables.

Lorsque les profs français évaluent leurs élèves, ils auraient à l’idée (selon le ministère et certains chercheurs en pédagogie) que mettre de bonnes notes les ferait passer pour des laxistes. Aussi, leur côté sadique les inciterait-il à inventer des contrôles retors leur permettant ainsi de mettre systématiquement un quota de sales notes, quota que certains spécialistes ont appelé « la constante macabre ».

Ces spécialistes font remarquer, à juste titre si elle existe, que cette constante macabre dégoûte et démotive les élèves. On peut d’ailleurs aller plus loin dans leur raisonnement et en déduire que les classes deviennent alors insupportables pour les profs et que, persister dans cette attitude évaluatrice c’est montrer une certaine dose de masochisme plus ou moins inconscient.

Lorsque je lis les résultats de Pisa, je ne peux m’empêcher de penser que, selon cette théorie, les évaluateurs internationaux doivent être, eux-aussi, un peu sadiques sur les bords, surtout lorsqu’ils se trouvent face à des copies françaises. À moins que le mal ait déjà été fait en amont par les sadiques de France ayant créé de mauvais élèves démotivés par la constante macabre !

La politique éducative française ainsi dédouanée, il ne restait plus, au ministère, qu'à modifier les modes d’évaluation des élèves. Profs, si donc, pour corriger votre dose de sadomasochisme vous êtes de bons petits agents de l’État, vous ne devez pas avoir manqué l’occasion de pratiquer l’EPCC ! (à suivre…)

L’inculture s’installe chez nos « têtes pensantes »

5 février 2017
L’inculture s’installe chez nos « têtes pensantes »

Cette semaine, si vous avez suivi les débats para-politiques télévisés, vous avez peut-être relevé une certaine remarque faite sur plusieurs de nos chaînes nationales : la classe politique française, dans son ensemble, serait de plus en plus inculte.

Cette inculture, liée bien évidemment à la médiocrité récurrente de notre enseignement, se traduit de plusieurs manières ; aujourd’hui, je n’en mettrai qu’une en évidence car elle est, elle aussi, d’actualité.

Je connais personnellement
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un ex « jeune » d’une affligeante médiocrité scolaire (il a eu son bac, rassurez-vous ou inquiétez-vous selon votre humeur) chez qui la moindre phrase était bourrée de fautes d’orthographe et de grammaire. Comme il n’en était cependant pas très fier, l’astuce trouvée, pour masquer son inculture, était de remplacer les mots qu’il jugeait douteux par des mots d’anglais (à l’orthographe souvent toute aussi douteuse). J’en suis navrée, d’autant plus que… l’astuce semble avoir fonctionné ! Mais c’est l’une des raisons pour lesquelles je me méfie toujours lorsque je vois, entre autres, des têtes connues de la télévision ou des personnalités politiques semer ça et là quelques mots d’anglais dans leurs conversations ; sont-elles « Anti-français » ou incultes, ou... (avec, bien évidemment, un « ou » inclusif, comme tout conjonction « ou » par défaut) ?

Quant à l’actualité à laquelle je faisais allusion plus haut ? Il s’agit du dossier que Paris adresse en anglais aux membres du CIO, et de son affichage sur la tour Eiffel, pour espérer obtenir les jeux olympiques de 2024, bien que le français soit langue officielle des JO !

Je suppose que vous pouvez donc imaginer ce que je pense du directeur général de « Paris 2024 » et de notre élite politique du Grand-Paris !

Janvier 2017

Janvier 2017
La RE-féminisation des noms de métiers

28 janvier 2017
La RE-féminisation des noms de métiers

Certaines personnes s’offusquent de voir écrit professeure. Cependant… savent-elles qu’au XIIe siècle, par exemple, et même bien après, en français on n’hésitait pas à énoncer les activités des femmes en des termes relatifs à leur sexe, et ce du haut en bas de l’échelle sociale ?

En voici quelques exemples :
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archiduchesse, baronnesse, emperresse, princesse, abesse, papesse, clergeresse (religieuse), prieuresse, boursière (qui gère les dépenses dans un couvent), celerière (clergeresse préposée aux provisions d’un couvent), tuterresse, administrarresse, inventeure, procurateure, facteure, doctoresse, chirurgienne, médecine (femmes exerçant la profession de médecin), archière, bouchère, chapelière, tavernière…

Puis vers le XVIe siècle et après, (quelle mouche a donc piqué la société francophone ?), on se met à railler les femmes exerçant un métier et la plupart des noms de professions et de charges disparaissent peu à peu ou changent d’objectif : les avocates, les banquières, les doctoresses… deviennent les femmes des avocats, des banquiers, des docteurs… et le machisme verbal s’installe.

Début du XXIe siècle, les activités des femmes commencent de nouveau à être exprimées en termes relatifs à leur genre. Il faut espérer que ce changement de comportement ne soit pas cyclique. Et, malheureusement, je le crains puisque des personnes bien pensantes nous dirigeant estiment qu’on ne puisse y arriver qu’en nous imposant des quotas et des lois sur la parité hommes/femmes entre autres aux élections professionnelles… mais surtout pas présidentielles !

« Cauchemar en cuisine » académique

22 janvier 2017
« Cauchemar en cuisine » académique

Ce que je vais vous dire, cette semaine, est évidemment faux, complètement faux car, qui pourrait imaginer que ce soit autre chose qu’une fiction créée de toute pièce pour faire éventuellement trembler certains collègues dont les rapports avec leur direction ne seraient pas au beau fixe ?

Un directeur, donc, ne pouvant apparemment plus vivre en la présence de l’un de ses enseignants, fait venir inopinément l’inspecteur de cet indésirable.
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Sans être prévenu, ce qui est contraire aux bonnes mœurs académiques habituelles, l’enseignant voit donc débouler l’inspecteur dans sa classe.

Mais comme ce dernier ne peut pas faire de rapport officiel, il en rédige un « officieux », bien évidemment à charge contre le maître en question ; un écrit de complaisance, pourrait-on dire, à destination du directeur. Et c’est ainsi que le dossier de l’un de nos collègues se trouve agrémenté d’un document non officiel que le rectorat exploite aussitôt pour le licencier.

Mais… comme j’ai pris soin de vous l’annoncer en début de ce billet d’humeur, tout ce que je viens d’écrire est bien évidemment de la pure fiction. Ce n’est que le scénario noir d’un irréaliste « cauchemar en cuisine » académique. D’ailleurs je me demande comment il pourrait en être autrement !

Éducation. Qui est intéressé par nos jeunes ?

15 janvier 2017
Éducation. Qui est intéressé par nos jeunes ?

Ce soir à la télévision, à entendre chaque prétendant au trône de France, ces cinq dernières années l’éducation nationale en primaire et au collège a été réformée comme il convenait qu’elle le soit, dixit Vincent Peillon si satisfait de son action en tant que ministre qu’il ne toucherait rien à son chef d’œuvre et s’attèlerait même à réformer le lycée et l’enseignement supérieur s’il accédait à la présidence de la République.

Comme les « résultats Peillon » ne sont visiblement pas au rendez-vous et que d’autres candidats s’en sont aperçus,
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ces derniers ont inscrit dans leur programme de diminuer le nombre d’élèves par classes, de mettre des enseignants en duo devant certains groupes d’élèves un peu trop hétérogènes et/ou d’éviter de nommer de jeunes professeurs (non expérimentés) dans des établissements sensibles. Que voilà donc de bonnes résolutions, mais…

Vous constaterez comme moi (par exemple en regardant, sur Internet, le « nuage » des mots les plus demandés pendant la campagne électorale, que « l’enseignement » n’y figure même pas en petits caractères), que tout le monde se fiche de l’enseignement, à commencer par les parents dont le seul objectif est de voir leur progéniture reçue à des examens, fussent-ils donnés et sans valeur. Et des examens sans valeur, on en donne de plus en plus, ce qui satisfait ainsi chaque acteur de la vie politique.

Quand donc un candidat (ou une candidate), aura-t-il compris que les jeunes commencent en primaire à s’imprégner de rigueur dans leurs raisonnements et qu’il importe donc de les aider, à ce moment là, à développer leur intellect. Il faut donc introduire dans leurs programmes des rudiments de « logique » pure et dure. Et tant que l’on se contentera de croire que tout va bien du moment qu’on « se comprend en gros » on n’élèvera pas le niveau de nos jeunes et on en handicapera un grand nombre à vie, sauf s’ils ont la chance d’être dans un milieu familial dit « favorisé ». Et encore…

Ceci étant, comme je l’ai déjà écrit par ailleurs, les partis politiques, les syndicats, les patrons… ont-ils réellement besoin d’une masse de futurs adultes sachant réfléchir et raisonner avec rigueur et donc difficiles à manœuvrer ?

Et si Benoit Hamon avait encore plus raison qu’il n’ose le dire ?

8 janvier 2017
Et si Benoit Hamon avait encore plus raison qu’il n’ose le dire ?

Lorsque ce candidat à la primaire de la gauche propose un revenu universel (donc pour tous, travailleurs comme non travailleurs, ayant envie de travailler comme n’en ayant pas envie), il justifie sa proposition par l’idée (pas absurde) que, dans un avenir plus ou moins proche, l’informatique et la robotique devraient considérablement réduire les possibilités de travail. Le chômage exploserait et que deviendrait alors cette majorité d’individus définitivement privée de boulot ? D’où l’idée de mettre en place un revenu universel.

Me sont alors revenus en mémoire les vœux de bonne année de notre ministre de l’Éducation nationale, se félicitant de son travail accompli, de ses réformes s’ajoutant aux réformettes des réformes des réformettes de ses prédécesseurs.

« Bon Dieu ! Mais c’est… Bien sûr » me suis-je dit à la manière du commissaire
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Bourrel, d’une très vieille série télévisée. Je venais d’élucider une énigme me trottant dans l’esprit depuis pas mal de temps : pourquoi l’enseignement en France dégénère-t-il à grande vitesse depuis des lustres et des lustres, quel que soit le gouvernement, et pourquoi le mouvement ne fait-il que s’accélérer ? À ce sujet, avez-vous lu le rapport de fin 2016, du Sénat, rapport faisant référence aux démissions de jeunes enseignants stagiaires de l’Éducation nationale, déçus par le système ? Pour les stagiaires du primaire : 1,21% (en 2013-2014), 1,82% (en 2014-2015) et 3,18% (en 2015-2016) !!! Pour ceux du secondaire, la courbe est, elle aussi, croissante : 1,08% (en 2013-2014), 1,73% (en 2014-2015) et 2,48% (en 2015-2016). Belle envolée de courbes, madame la ministre ! Et je ne parle pas des autres « problèmes » que j’évoque dans mes billets d’humeur, de temps à autres.

Donc, évidemment, « bon Dieu ! Mais c’est… bien sûr » ! Benoit Hamon le dit : Il n’y aura plus de travail pour la plupart de gens, on n’aura besoin que d’une petite élite pour faire fonctionner les robots et en imaginer d’autres encore plus performants que leurs prédécesseurs. La majorité de l’humanité n’est-elle donc pas destinée à avoir son petit revenu universel lui permettant de passer tranquillement ses jours à jouer sur des systèmes virtuels ? Alors, à quoi bon s’évertuer à peaufiner un enseignement coûteux de qualité pour tous ? Mais, comme l’avouer serait politiquement incorrect, mieux vaut donc faire croire que l’on fait tout pour instruire tout le monde.

Meilleurs vœux à tous !

1 janvier 2017
Meilleurs vœux à tous !

J’étais en train de préparer un « billet d’humeur » plein d’espoir pour l’enseignement, celui d’après les élections présidentielles de 2017, lorsque j’ai appris le décès de Danièle KARNIEWICZ, personnalité de premier plan à la CFE-CGC. En effet, elle était, il y a encore peu de temps, présidente de la CNAV (Caisse Nationale de l’Assurance Vieillesse) et secrétaire nationale CFE-CGC à la protection sociale. C’était une grande dame de notre Confédération ; une proche amie syndicale du GFPP, fédération d’appartenance du SYNEP CFE-CGC.
Toutes mes condoléances à sa famille.

Malgré les circonstances, meilleurs vœux à tous les lecteurs et lectrice et futurs lecteurs et lectrices de mes billets d’humeur.

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