../s3_ae.gif Année 2018. Billets d'humeur syndicale
Billets d'humeur écrits CHAQUE SEMAINE en 2018 avec pour thème : l'enseignement (Evelyne Cima © 2018).

Les « billets d'humeur » 2018 d'Evelyne

Accès aux « billets d'humeur » par année

2018 | 2017 | 2016

Introduction

Introduction

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Présidente du syndicat SYNEP CFE-CGC (syndicat de l'enseignement privé CFE-CGC), à titre personnel il m'arrive régulièrement de m'insurger contre la politique éducative de la France.

Mes billets d'humeur (publiés chaque semaine depuis mi-2016 sur le site syndical du SYNEP CFE-CGC) sont le reflet de mon combat personnel, mais pas systématiquement de celui du syndicat que je préside.
Evelyne CIMA


Voici mes « billets d'humeur » de 2018


Novembre 2018

Novembre 2018

Harcèlement, à l’école et ailleurs. L’Homme est-il « naturellement bon » ?

11 novembre 2018
Harcèlement, à l’école et ailleurs. L’Homme est-il « naturellement bon » ?

La semaine commémorant le centenaire de l’armistice qui met fin à la Grande Guerre et la journée rappelant l’existence du harcèlement à l’école se sont télescopées, l’une ayant certainement amoindrie l’importance de l’autre.

Le harcèlement,
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sujet de ce billet d’humeur, n’est pas spécifiquement dans l’école. Ne le retrouve-t-on pas à tous les échelons de la société et dans tous les milieux sociaux ? N’est-il pas un problème inhérent à l’être humain dès lors qu’il n’est pas sur une île déserte ?

Nous en avons des exemples chaque jour, entre autres en politique où, tout particulièrement cette semaine de commémorations, les harcèlements par certains me sont apparus patents ; qui plus est amplifiés par les médias semblant parfois se repaître de tels faits.

Contrairement à ce qu’affirmait Jean-Jacques Rousseau, je ne dirai pas que l’humain est « naturellement bon », sauf dans le monde des bisounours. Il nait comme il nait, avec ses tendances propres qu’ensuite la société modère, amplifie, inverse...

Alors, que doit-on faire pour l’école ? Lorsque j’entends nos dirigeants évoquer la piste « dissuasive » du militaire ou du policier, je m’interroge. Ces derniers ont d’autres missions à remplir que celle du maintien de l’ordre dans les établissements scolaires. Pourquoi sont-ils toujours appelés en renfort dès le moindre problème ? Ne peut-on pas, pour une fois, prendre exemple sur les pays qui se sont attaqués au harcèlement avec un certain succès semble-t-il : Espagne, Suède, Canada, Finlande… ?

Malheureusement, il faut former les enseignants à détecter les harceleurs, les harcelés et les témoins passifs. Il faut ensuite autant de psychologues scolaires que nécessaire pour prendre le temps de dialoguer avec tout ce monde. Le remède coûte donc de l’argent et du temps de formation. C’est sans doute trop pour notre ministre préférant utiliser les solutions expéditives et ultra directives !

Notre ministre est-il le nouveau marchand-de-sable ?

4 novembre 2018
Notre ministre est-il le nouveau marchand-de-sable ?

J’aurais bien aimé changer de sujet, par rapport à celui de la semaine dernière qui traitait des violences scolaires, mais l’actualité s’impose à moi avec le « plan d’actions pour la protection de l’école » que vient de lancer notre ministre, plan qui devrait s’appliquer dès demain !

Point positif,
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Jean-Michel Blanquer fait quelque chose en direction des profs agressés physiquement ou verbalement. Mais quel est précisément ce quelque chose ? Sa mesure la plus importante est que « Chaque recteur fera respecter le droit du professeur à signaler les incidents et le devoir des établissements à apporter une réponse ». Tiens-donc ! Ce droit et ce devoir n’étaient-ils donc pas respectés ? Les profs subissaient-ils des pressions de la part de leur Administration ?

Comme notre ministre acte donc l’existence d’une défaillance (certainement voulue depuis des années) des services de l’État vis-à-vis des enseignants, peut-on croire à un changement radical dans l’Éducation Nationale, sous prétexte de la publication d’un plan d’action de plus ? Peut-être, si… suivez mon raisonnement ci-dessous, Monsieur le Ministre…

Dans chaque établissement, vous avez écrit que vous alliez mettre en place un cahier d’incidents sur lequel chaque professeur pourra s’exprimer (librement ?) et dans lequel la direction de l’établissement notera la réponse apportée à chaque incident. Ce cahier sera supervisé par le CA de l’établissement et par le Recteur. Ensuite, le ministère en fera, semble-t-il, un compte-rendu national. C’est ce compte-rendu qui me pose un problème et auquel je regrette de ne pas pouvoir faire confiance car il ne peut être que vague et incontrôlable et digne des marchands-de-sable habituels.

Je propose donc que chaque incident, bien évidemment anonymé, ainsi que la réponse apportée, soient publiés sur Internet après en avoir informé l’enseignant concerné. Avec une telle procédure, si l’agression et sa sanction n’étaient pas publiées, je fais confiance au prof en question, pour s’en plaindre à son syndicat, voire à la presse !

Chiche, Monsieur le Ministre, car là seulement on aura une vue claire de l’efficacité de votre plan et pour les profs, sur ce sujet, vous ne serez peut-être pas le nième marchand-de-sable ; à moins que, faute de transparence, vous préfériez voir apparaître sur les réseaux sociaux un équivalent de « dénonce ton porc » !

Octobre 2018

Octobre 2018

Ce n’est pas en interdisant les thermomètres qu’on empêche la fièvre de monter !

28 octobre 2018
Ce n’est pas en interdisant les thermomètres qu’on empêche la fièvre de monter !

Cette semaine, je ne peux pas m’empêcher de parler de ce braquage d’une enseignante à Créteil, par un élève muni d’un pistolet (factice ou pas n’est pas le sujet).
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La première réaction de notre ministre a été de s’indigner ; c’était la moindre des choses ! La seconde, de se féliciter… d’avoir fait voter une loi « interdisant » les téléphones portables en classe, téléphones sans qui ce problème de violence n’aurait pas été connu du grand public !!!

Tout est bon, pour notre ministre, d’espérer faire parler de lui à très faible coût. Par cette attitude d’autosatisfaction téléphonico-portable, il semble être du genre à regretter qu’Internet permette de diffuser des secrets malsains engendrés par notre société. Il est effectivement plus simple de chercher à cacher leur multitude que de chercher à les résoudre. Malheureusement, avec l’évolution technique des moyens de communication, tout finit par se savoir, et même parfois un peu trop crument. Alors autant jouer franc-jeu.

A ce sujet, voici ce que je suggère à notre ministre : comme l’éducation des enfants relève essentiellement de leurs parents et que, dans les familles, père et mère (lorsqu’il y en a) sont souvent en désaccord sur la manière d’éduquer leur progéniture, pensez un peu ce qu’il arrive lorsqu’un troisième larron vient à son tour doctement leur parler d'Éducation (Nationale) ! Rien que le terme d’éducation faite par d’autres qu’eux leur hérisse le poil, et ce d’autant plus que cette dénomination d’Éducation Nationale a été instaurée en France en 1932, en plein bouleversement multi-fascisant de l’Europe avec des pays (URSS, Italie, Espagne, Allemagne… et presque notre pays) où l’instruction nationale s’est alors transformée en une véritable éducation de masse, ou plutôt un vrai formatage de masse.

Alors l’idée que je suggère à notre ministre, qui raffole des « réformes à tout va », est d’en faire une de plus qui, par ailleurs, ne lui coûtera rien, à part des problèmes avec certaines classes politiques : Monsieur le ministre, troquez votre nom de ministre de l’Éducation, par celui de ministre de l’Instruction, ou de l’Enseignement. Les choses iront ensuite d’autant mieux que, les mots ayant un sens, vous ne vous sentirez plus contraint de mettre la pression sur les profs en matière d’éducation scolaire et les laisserez s’exprimer et agir face aux incivilités qu’ils subiront.

Il est donc inutile de leur « casser le thermomètre » ou, comme les autruches, de leur mettre la tête dans le sable. Les médias actuels ne vous le permettent plus.

Les chouchous du ministère de l’Éducation Nationale.

14 octobre 2018
Les chouchous du ministère de l’Éducation Nationale.

Comme je l’ai indiqué la semaine dernière, la « brosse à reluire ministérielle » fonctionne à plein régime en direction des parents ; au détriment des enseignants, ça on le savait déjà, mais surtout au détriment des élèves à qui, à grand renfort de démagogie à peine voilée, on fait croire qu’ils vont être bien armés pour affronter le futur marché du travail, si tant est qu’ils réussissent à trouver un travail, un vrai.
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Aujourd’hui, je ne parlerai pas de la navrante « réforme » du bac-pro nécessitant à elle seule plusieurs billets d’humeur. Je n’effleurerai qu’un sujet d’actualité : celui des « tests de positionnement » pour les élèves venant d’entrer en seconde et dont les résultats sont en train de tomber sur leurs profs.

Ces tests ont été d’une simplicité enfantine. Pourquoi, si ce n’est pour conforter les parents dans le fait qu’ils ont fait des génies (ce qui n’est pas improbable) ? Du même coup, le ministère décrédibilise les profs qui, dans un sondage que nous avons réalisé, ont été quasi-unanimes à nous dire que les super-résultats obtenus sur les tests étaient contredits pas les médiocres-résultats obtenus dans les contrôles faits en classe depuis le début d’année scolaire !

Il est certain qu’en tant que parent il vaut mieux croire le ministère, sans trop s’occuper de chercher à savoir qui a raison. Et comme les parents sont électoralement largement plus nombreux que les profs… les élus ne se privent pas d’utiliser un tel levier depuis des années. Entre autres dans ce domaine, les anciennes pratiques politiciennes ne changent pas et ont, semble-t-il, même tendance à s’amplifier.

Mais… une petite lueur d’espoir paraît à l’horizon. Nombre de parents d’élèves de seconde commencent à douter de notre ministre à propos de l’avenir incertain de leurs enfants en liaison avec les enseignements de spécialité qu’ils devront choisir incessamment sous peu alors que ni les programmes ni les établissements qui les dispenseront ne sont connus.

Cependant, pour nos gouvernants, ce nombre isolé de parents a-t-il vraiment un poids électoral significatif face à l’ensemble de tous ceux qu’il lui semble bon de continuer à chouchouter ?

Parents, pour vous, la « brosse ministérielle à reluire » fonctionne à plein régime.

7 octobre 2018
Parents, pour vous, la « brosse ministérielle à reluire » fonctionne à plein régime.

Dans le BO du 27 septembre dernier, il est une note de service relative aux procédures d’orientation en fin de seconde. Officiellement, la note en question s’adresse exclusivement à la hiérarchie éducative, depuis les recteurs jusqu’aux psychologues, en passant par les directeurs et les profs. Mais il est clair qu’officieusement
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elle est essentiellement tournée vers les parents d’élèves et leur progéniture pour qui notre délégué à l’écriture ne manque pas de faire jouer la « brosse à reluire ».

En quelques phrases il multiplie les termes de dialogue, de concertation, d’accompagnement, de possibilités de choix pour les jeunes et leurs familles parmi de multiples enseignements de spécialité… et, cerise sur le gâteau parental, il annonce même que « des conventions pourront être mises en place entre deux établissements géographiquement proches afin de permettre à leurs élèves de suivre des enseignements de spécialité qui ne seraient pas offerts dans leur lycée de scolarisation ». En quelque sorte, il offre le rêve en ces temps de restrictions budgétaires !

Mais qui peut croire en cette promesse mirifique ? D’abord, il n’y a que dans les très très grandes villes que plusieurs lycées sont extrêmement proches les uns des autres ; et ensuite, même s’il en existait, lorsqu’on connait la galère causée par la mise au point d’un emploi du temps dans chaque établissement, comment ne pas sourire à l’idée d’une imbrication cohérente de deux emplois du temps ?

Pour conclure ce billet avec un semblant d’optimisme, je vais faire croire au rédacteur de cette note de service que je crois qu’il croyait qu’on le croirait, surtout lorsqu’on voit qu’il l’a terminée par cette phrase enflammée : « Le sens profond de cette évolution est de développer l'autonomie et la créativité des élèves, facteurs essentiels de réussite au XXIe siècle. » !

Septembre 2018

Septembre 2018

L’Éducation Nationale va sans doute interdire le port de la jupe pour les enseignantes du sous contrat !

30 septembre 2018
L’Éducation Nationale va sans doute interdire le port de la jupe pour les enseignantes du sous contrat !

La semaine dernière, je vous disais que notre ministre de l’Éducation Nationale avait décidé que les enseignantes et enseignants ne pourraient plus refuser de faire deux heures supplémentaires (sous payées pour nombre d’entre elles) si les nécessités de service l’exigeaient. Certains d’entre vous se sont dit : dans mon établissement, je n’ai rien à craindre !

He bien, qu’ils se détrompent ! Des Circulaire
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commencent à être envoyées aux chefs d’établissements de l’enseignement privé du second degré sous contrat les « invitant » (et on se doute de ce que sous-entend ce mot), entre autres pour les remplacements de courte durée (inférieures à 15 jours), à privilégier le recours aux heures supplémentaires à faire effectuer par les enseignants de l’établissement du maître absent. De plus, le remplacement ne se fera pas nécessairement dans la discipline du maître absent ! Dit en d’autres termes, cette « invitation » est interprétable comme suit : débrouillez-vous, sans avoir recours à des suppléants, pour faire en sorte que les élèves aient un maître devant eux, quitte à ce que ce dernier ne leur parle que de la pluie et du beau temps ! Du presque Mme Najat Vallaud-Belkacem, sans y faire allusion.

Quoi qu’il en soit, comme je l’indiquais la semaine dernière, les profs deviennent corvéables à merci entre autres à propos des HS (au moins deux, voire plus !) qu’ils aient envie ou non d’en avoir. Et, bien sûr, de les faire de bonne grâce, en bons petits soldats avec, peut-être, un « garde-à-vous » ponctué d’un « oui chef ! » tonitruant indispensable en la circonstance.

Et pour la jupe, dans tout ça ? Comme chacun le sait certainement, pour adopter la posture du « garde-à-vous », signe d’obéissance et de soumission à l’autorité, on doit mettre « le petit doigt sur la couture du pantalon », et donc… en avoir un, de pantalon ! Du coup mon titre de ce billet d’humeur risque fort de se justifier !

Heures sup. « Errare humanum est, perseverare diabolicum »

23 septembre 2018
Heures sup. « Errare humanum est, perseverare diabolicum »

Nos ministres ne savent plus qu’inventer pour nous faire travailler plus, à moindres frais. Ségolène Royal, en son temps, avait envisagé d’imposer aux profs une présence de 35 heures dans leurs établissements afin qu’ils puissent sereinement corriger leurs copies et préparer leurs cours. Curieux, à une époque à laquelle on commençait à parler du télétravail… pour les autres ? Pas si curieux que ça car les chefs d’établissement auraient alors eu près d’eux une main d’œuvre corvéable à merci.
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L’idée du corvéable à merci revient par un chemin de traverse, notre ministre actuel décidant d’imposer aux profs, deux heures supplémentaires là où il y en aurait besoin, entre autres à cause des suppressions de postes qu’il vient de décréter.

Il faut reconnaître qu’au niveau « com » il n’est pas mauvais notre ministre puisqu’il précise, à ce sujet, que les profs en question vont ainsi « gagner plus » ; d’autant plus qu’ils seront dispensés de charges salariales sur ces heures. Salariales oui, mais pas fiscales et… je rappelle, en passant, que les heures supplémentaires, contrairement à celles que les salariés font dans le privé (le vrai, pas celui sous contrat avec l’État), ne sont pas bonifiées et, qui plus est à partir d’un certain échelon, sont moins payées que les heures de base ! Un comble ! Alors, les économies, c’est tout particulièrement l’État qui les fait en supprimant des postes.

De plus, ces HS imposées ouvrent insidieusement la voie à pouvoir nous dire bientôt : comme pratiquement tout le monde fait deux heures supplémentaires, on va pérenniser la chose. Statutairement, les certifiés feront désormais 20h de présentiel devant élèves et les agrégés en feront 17 ! Et ceux qui veulent arrondir leurs fins de mois, pourront toujours faire de nouvelles heures supplémentaires…
« …Diabolicum »

Quand l’Éducation Nationale pousse ses enseignants au suicide.

15 septembre 2018
Quand l’Éducation Nationale pousse ses enseignants au suicide.

La « réforme » du bac, que nos élèves actuels de seconde vont être les premiers à subir, est dans la droite ligne de ce qui est mis en œuvre par petites touches depuis des décennies. Notre ministre, Michel Blanquer, ne fait qu’y apporter la touche finale. Il semble, d’ailleurs, en être tellement conscient qu’il n’a même pas pris la peine de faire en sorte que les nouveaux programmes du cycle lycée commencent en début de cette année scolaire pour les classes de seconde ; c’est tout dire !

Quoi de vraiment neuf
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au sujet de la politique de l’Éducation Nationale ? Peu de choses surtout si l’on se reporte au témoignage d’un enseignant du lycée Antonin Artaud à Marseille, le 1er septembre 2013, avant de se suicider !
Son geste avait d’ailleurs occasionné la publication d’un communiqué de presse de la part du ministre de l’époque : Vincent Peillon, ému sur le papier par le suicide, mais pas par ses motivations.

Ces dernières sont toutes liées à l’institution Éducation Nationale et à ses syndicats qui feignent d’ignorer le degré de déliquescence de l’enseignement en France. Je vous invite à les lire dans le texte joint à ce billet d’humeur.

J’ai la conviction qu’à l’heure actuelles plusieurs syndicats ont pris conscience de ce problème persistant et j’espère que leurs actions éviteront de nouveaux drames.

Tests de positionnement en sixième et seconde.
Des luxembourgeois au secours du MEN ?

9 septembre 2018
Tests de positionnement en sixième et seconde.
Des luxembourgeois au secours du MEN ?

J’espère que depuis la semaine dernière, les professeurs de 6ème et de seconde, ainsi que les autres d’ailleurs, se sont tous précipités sur les exemples des tests de positionnement des élèves de ces deux classes.

J’ai été particulièrement impressionnée
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par le niveau des tests de maths en direction des élèves de seconde.

Exemple :
« Hugo a voulu calculer 1 379 + 562 à la calculatrice, mais il a tapé par erreur : 1 379 + 552. Que doit-il faire pour corriger son erreur sans taper à nouveau tout le calcul ? Ajouter 10. Ajouter 100. Soustraire 10. Soustraire 100 »

Souhaitez-vous lire un autre exemple ?
« Si un nombre entier est divisible par 5, alors ce nombre est divisible par 10. Vrai ? Faux ? »

En voici un petit dernier, pour les incrédules :
« On considère le programme de calcul suivant : Choisir un nombre. Multiplier ce nombre par 3. Soustraire 7 du résultat obtenu.
On applique ce programme de calcul au nombre 4 : On multiplie 4 par 3. On obtient 12. On soustrait 7 de 12. On obtient 5.
On appelle a le nombre choisi au départ. Quelle formule permet d'obtenir le nombre d'arrivée ? a−7×3 ; a×3−7 ; (a−7)×3 ; (a+3)×(−7)
»

Si le ministère veut imiter Pisa, mais à la sauce franco-française, il est urgent qu’il revoie sa copie en complexifiant un peu ses questions. S’il espère obtenir de bons résultats afin de faire cocorico dans les médias, souhaitons que les bonnes réponses de ces élèves soient au rendez-vous !
En revanche, si les résultats étaient mauvais, d’avance je compatis avec leurs professeurs qui auront de quoi être bien démoralisés.

Quoiqu’il en soit, côté purement informatique, apparemment aucun organisme français n’a été en capacité de réaliser les logiciels de test puisque le ministère s’est tourné vers la société OAT, luxembourgeoise ou tout au moins basée au Luxembourg (paraît-il paradis fiscal) pour leurs réalisations. Mais c’est une autre histoire…

Pédagogie rectorale en musique, à Créteil

2 septembre 2018
Pédagogie rectorale en musique, à Créteil


Le 27 août il y avait « accueil des enseignants fonctionnaires stagiaires de l'Académie de Créteil par M. Le Recteur et la Chorale des élèves du collège Clément Guyard de Créteil. » L’événement était publié sur la page twitter académique. Je vous suggère
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de la visiter… et d'en lire les commentaires car, pour ma part, l’ensemble vaut le déplacement !

Les stagiaires ont été « invités » à chanter en chœur, après un petit entraînement à une gestuelle allant avec les notes (voir le court extrait vidéo en ligne). D’après la vidéo, tous y ont participé avec entrain, mais peut-être avec regret selon les commentaires. Il faut dire que les récalcitrants à cette mascarade digne des comportements sectaires n’auraient pas été bien vus par une administration tenant les sésames de titularisation entre ses mains !

Un chant repris en chœur, ça crée une nouvelle dynamique entre les individus y participant. Ils ont l’impression de ne faire plus qu’un autour du chef. Il se produit alors, comme je l’ai lu dans un livre parlant des « années 30 » dans les classes d’un pays dont je tairai le nom, une sorte de prise de conscience « qu’il y a des guides et des guidés, des commandants et des commandés, l’élite et le commun. ». Mais j’ose croire que cet objectif dépasse les aspirations du Recteur !

Août 2018

Août 2018

Téléphones portables… encore !

26 août 2018
Téléphones portables… encore !

Je vous en ai déjà parlé dans mon billet d’humeur du 5 août dernier mais, comme la rentrée des classes approche à grands pas, vous allez certainement être très vite confrontés au problème épineux des téléphones en classes. De plus, vous avez été nombreux à commenter dans tous les sens mon billet malgré les vacances. Donc, j’insiste !

Les tendances des commentaires peuvent se résumer par deux petits textes :
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Luc : « Problème d’interdire les téléphones en classe ? Bon courage ! En prison ils n'arrivent pas à les éradiquer ! » Or, en prison, le problème est autrement plus sensible qu’en classe avec les pilotages de trafics en tous genres effectués depuis les cellules. Alors, si une solution simple existait, il est à supposer que l’un au moins des gouvernements successifs que nous avons eu depuis l’apparition des portables l’aurait mise en œuvre. Aucune solution ne semble donc évidente dans ce domaine.

Jean-Louis : « Une règle est décidée dans un lieu et un cadre donné. La règle est enfreinte. Cela donne lieu à des conséquences. Qui est fautif ? Celui qui enfreint la règle ou celui qui a la charge de la faire respecter ? À mon sens, le fautif (en l’occurrence l’élève utilisant un portable alors que c’est interdit) doit assumer. »

Certes ; et le seul moyen que l’élève ne récidive pas serait que la sanction soit dissuasive à ses yeux. La confiscation est incontestablement dissuasive. Mais, comme je l’ai noté dans mon billet du 5 août, le prof ou le surveillant ou le directeur qui le confisque peut risquer gros en terme judiciaire si l’enfant, privé de son téléphone sur le chemin du retour chez lui, était l’objet d’une agression ou d’un malaise, ou je ne sais quoi d’autre qui aurait pu être minimisé s’il avait été en possession de son téléphone.

La « punition » doit donc être, mais d’une autre nature que la confiscation. Alors, comme le dit Luc à ceux qui participeront à la rédaction du règlement intérieur : « Bon courage ».

Classement de Shanghaï des universités : France toujours aussi mauvaise !

19 août 2018
Classement de Shanghaï des universités : France toujours aussi mauvaise !

Le 14 août nous avons pu nous lamenter devant la dernière édition du palmarès des « meilleures » universités mondiales, palmarès dans lequel la France est loin de briller, comme les années précédentes d’ailleurs.

Si l’on analyse les commentaires français
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relatifs au pourquoi de la chose, on constate, grosso modo, qu’ils sont quasi unanimes : les critères de classement sont pipés et favorisent les universités anglo-saxonnes au détriment de celles de l’Hexagone. Soit !

Le Monde rappelle d’ailleurs qu’en 2010, Valérie Pécresse, alors ministre de l’enseignement supérieur, s’était même rendue à Shanghaï pour aller pleurnicher en plaidant la cause des établissements français !

Moi, lorsque des critères de sélection sur des sujets aussi importants ne me satisfont pas, je le fais savoir et, surtout, j’en définis d’autres, arguments à l’appui bien sûr, et établis le classement qui en découle. Donc, depuis toutes ces années que la France traîne ce parait-il handicap anglo-saxon de Shanghaï, qu’ont donc fait tous nos ministres successifs de l’enseignement supérieur au lieu de se lamenter et d’accuser les autres ? J’ai du mal à croire qu’ils n’aient pas cherché à établir « leurs » palmarès, sauf à être de grands irresponsables.

Comme je ne vois toujours ni la publication de ces nouveaux critères ni la parution d’aucun autre classement, force est de penser que, s’ils ont fait travailler leurs services en ce sens, les résultats relatifs à la France ne se sont pas trouvés améliorés et ont donc pris rapidement le chemin des corbeilles à papiers ministérielles !

La France devient-elle de plus en plus violente ?

12 août 2018
La France devient-elle de plus en plus violente ?

Cette semaine, dans sa lettre d’informations économiques et sociales, la CFE-CGC attire notre attention sur le contenu de l’entretien accordé par plusieurs secrétaires généraux nationaux et régionaux du syndicat de police Alliance (CFE-CGC), à l’agence de presse internationale sputnik.

Suite à cet entretien,
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le 8 août dernier, dans un de ses multimédia, cette agence vient de publier un dossier intitulé : « Coups de couteau, viols et rixes mortelles, en France, c’est l’été meurtrier »

Voici de cours extraits des déclarations de ces policiers :

« Si l'on prend seulement juillet et début août en référence, il est vrai que l'on assiste à une vague de violence avec des événements extrêmement graves. Mais je pense que cette augmentation de la violence s'inscrit dans un cadre plus large. La France devient de plus en plus violente. »

« Aujourd'hui, en France, on peut mourir pour un regard de travers »

« La rixe va démarrer sur un motif futile : un regard, une bousculade. Très vite, ça peut déraper. L'un va sortir un couteau… »

« Ce sont des groupes qui tombent sur un individu et qui lui demandent s'il a du feu, de l'argent, une cigarette et, quel que soit le résultat, ils peuvent finir par le rouer de coups (…) C'est un peu comme les casseurs que l'on voit dans les manifs qui, quand vous les prenez seuls, sont monsieur tout le monde. Puis une fois en groupe, dans un contexte particulier, ils sont capables de totalement se déchaîner. »


On peut espérer qu’avec la rentrée des classes cette violence estivale, croissante aux dires de ces policiers, s’estompera quelque peu ! Cependant, quoi qu’il en soit, dans nos classes soyons lucides et faisons preuve de pédagogie (ce à quoi l’Éducation Nationale s’intéresse le moins pour ses futurs profs, présupposant que la pédagogie serait innée !), c’est-à-dire sans esprit bisounours ni agressivité inutile. Soyons juste conscients de la réalité des choses, pour la sérénité de tous.

Conséquences de la confiscation des téléphones portables !

5 août 2018
Conséquences de la confiscation des téléphones portables !

Avez-vous lu le texte de loi définitivement voté par le Parlement, le 30 juillet dernier, à propos de l’interdiction du portable à l’école ?

À son sujet, le journal Internet LeMonde.fr du 1er août fait la remarque suivante :
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« Avant, la loi l’autorisait sauf exceptions ; désormais, elle l’interdit par principe, tout en ajoutant des dérogations. » Puis il fustige les oppositions de droite et de gauche ainsi que les nombreux réseaux sociaux accusant cette loi d’être inutile. Dont acte, pour la prise de position du Monde. J’aurais préféré qu’il s’intéresse à l’article L511-5 de cette loi plutôt que de faire, semble-t-il, de la politique politicienne ; mais c’est son problème !

J’en viens donc à ce point phare de l’article L511-5 : « La méconnaissance des règles fixées en application du présent article peut entraîner la confiscation de l’appareil par un personnel de direction, d’enseignement, d’éducation ou de surveillance. Le règlement intérieur fixe les modalités de sa confiscation et de sa restitution. »

Mieux vaudra ne pas être de ceux qui rédigeront ce point du règlement intérieur, même avec l’aide d’un éventuel vade-mecum gouvernemental, car un portable est plus qu’un appareil de jeu et de divertissement et nombre de parents en équipent leurs enfants afin de pouvoir rester en contact avec eux.

Puis, je souhaite tout particulièrement bonne chance au personnel de direction, d’enseignement, etc. qui confisquera le téléphone en s’appuyant sur ce fameux règlement intérieur. Que se passera-t-il pour lui si, au moment de la restitution de l’appareil, ce dernier était en panne ? Et, surtout, quelles conséquences éventuellement judiciaires encourra-t-il par suite d’accident, d’agression, de malaise, de fugue… de l’enfant privé de son téléphone sur le chemin de son retour chez lui ?

Juillet 2018

Juillet 2018

Bac 2021. Contrôle continu et enseignement privé hors contrat.

29 juillet 2018
Bac 2021. Contrôle continu et enseignement privé hors contrat.

Cette semaine, je ne vais pas vous dire ce que je pense de la réforme du Bac avec un contrôle continu, en classes de première et de terminale, comptant pour 40% de la note finale. D’autres s’en sont chargés et sont loin d’apprécier les tripatouillages en tous genres rendus potentiellement possibles dans certains établissements publics et privés sous contrat.

Non, je vais vous parler
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de ce qu’induit une telle nouveauté pour les élèves de l’enseignement privé hors contrat. Eux, en fin de terminale, en plus des épreuves finales « normales » communes à tout candidat, ils devront « subir » (terme employé par l’arrêté paru au BO du 19 juillet 2018) « une épreuve ponctuelle pour chaque enseignement faisant l'objet du contrôle continu ». Il s’agit pour eux aussi d’un ensemble d’épreuves comptant pour 40% de leur note finale mais qui portera sur un programme de 2 ans et non sur un trimestre comme pour chacune de celles de leurs camarades du public ou assimilé. En d’autres termes, les élèves du privé hors contrat devront être plus performants que les autres.

C’est avec ce genre de mesquineries imposées depuis peu au hors contrat (mise en place d’un contrôle continu que leurs élèves n’auront pas la possibilité de passer, inspections académiques de leurs enseignants décrétées par la ministre de l’Éducation Nationale de François Hollande et obligations de détenir certains diplômes précis par leurs enseignants), que l’on peut mesurer à quel point ce type d’enseignement doit gêner l’enseignement public français. À moins que ce dernier, en fait et sans l’avouer officiellement, ne travaille en sous-main pour encore plus améliorer les performances des élèves de l’enseignement privé hors contrat dont M. Blanquer, lui-même, a loué les méthodes de travail.

Horaires en classe de seconde. Enfin des infos officielles mais… curieuses !

22 juillet 2018
Horaires en classe de seconde. Enfin des infos officielles mais… curieuses !

Je suppose que vous vous êtes tous précipités sur le BO n°29 du 19 juillet 2018 dans lequel figure un grand nombre d’arrêtés relatifs au bac 2021 et à l’organisation de la nouvelle classe de seconde. Enfin, vous êtes-vous certainement dit ! Le seul « petit » problème...
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est que les élèves passant leur Bac 2021 vont entrer en seconde en septembre 2018 et que l’arrêté concernant l’organisation de la nouvelle seconde ne s’appliquera qu’à la rentrée 2019 ! Que va-t-il donc se passer pour ces élèves, en fin de seconde, lorsqu’ils vont se retrouver en première nouvelle mouture sans avoir suivi le cursus censé les y préparer ?

Bof ! Notre ministre n’allait tout de même pas reculer d’un an son génial nouveau Bac pour lequel, vu le poids du contrôle continu, les résultats attendus devraient frôler les 100%, voire les 110% peuvent espérer les non-familiarisés avec les pourcentages ! Il n’allait donc pas le reculer d’une année au risque de se priver d’un atout électoral annoncé car, ne l’oublions pas, les élections présidentielles seront début 2022 ! Alors, ne nous inquiétons pas pour les notes des élèves de la seconde 2018, difficultés ou pas lorsqu’ils entreront en première, ils seront certainement chouchoutés à leur arrivée au niveau Bac.

Espérons, pour leurs enseignants souhaitant noter « normalement », que jusqu’au Bac 2021 il ne circulera pas, dans les lycées, des escouades « d’officieux-officiels » qui, brassard au bras, les « inviteront » à noter avec largesse !

Petite répétition locale pour le nouveau Bac 2021 ?

15 juillet 2018
Petite répétition locale pour le nouveau Bac 2021 ?

Les médias classiques, contrôlés qu’ils sont, ont quasiment passé sous silence un dysfonctionnement important qui s’est produit dans l’académie de Lille, à propos du Bac S. Dans certains centres d’examens, les candidats se sont vu interdire l’utilisation de leur calculette alors même qu’elle était explicitement autorisée. Bien que ce problème soit d’importance, il n’est rien comparé à celui relatif à la suite qu’en a donné la rectrice de Lille.
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En effet, elle aurait pu faire recomposer les élèves comme ce fut le cas dans d’autres académies où le même problème s’est malheureusement produit, d’après le SNALC, mais elle a préféré appliquer une autre méthode : « en tenir compte lors de la correction des copies ». Soit ! Mais… d’après le SNES-FSU, lorsque les membres du jury se sont réunis, quelques jours plus tard, ils ont constaté que les notes de ces élèves avaient été relevées sans consultation des correcteurs. Le rectorat, de son propre chef, avait largement relevé les notes. Du coup les correcteurs et les membres du jury protestent.

Et c’est là que la rectrice, au cours d’une conférence de presse, se déclare « informée d’un possible dysfonctionnement » et décide de reconvoquer les jurys afin qu’ils consultent les bulletins des élèves et mettent, à ces derniers, la note qu’ils jugent adaptée.

Mais où la rectrice fait encore plus fort, c’est lorsqu’elle déclare enfin : « Il peut y avoir des modifications à l’issue des délibérations mais on peut rassurer les candidats et leurs parents : je n’ai que peu de doutes sur le fait que tout convergera de la même manière ». Ce fut d’ailleurs le cas ; il était moralement indécent d’annoncer à certains élèves qu’ils n’étaient plus reçus au Bac !

Ne vient-on pas d’assister à une répétition locale de ce que sera le nouveau Bac 2021, lorsque les jurys et les recteurs seront dans le même état d’esprit qu’à l’heure actuelle et, qu’en plus, au total des notes des correcteurs, viendra se greffer, pour 40%, la note d’un « contrôle continu » incontrôlable ?

« Des vétilles », selon Napoléon et Édouard Philippe

8 juillet 2018
« Des vétilles », selon Napoléon et Édouard Philippe

Avez-vous constaté que les campagnes officielles gouvernementales de sensibilisation des conducteurs à la limitation de vitesse, les ministres dans leur ensemble, et pratiquement tous les journalistes, nous parlent à tort et à travers de « 80 kilomètres heure » à la place de « 80 kilomètres par heure » ou de « 80 kilomètres à l’heure » ?
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Ici, je vais chercher la petite bête, m’objecterez-vous, alors qu’il y a bien plus important ailleurs !
Ce n’est pas une raison pour ne pas savoir lire et en faire la propagande en traduisant oralement « km/h » par « kilomètre heure », à moins de le faire exprès.
Notre Gouvernement ne pourrait-il pas chercher à limiter les erreurs de langage en même temps que la vitesse ? D’autant plus que, dans ce cas précis, cette erreur de langage peut avoir des conséquences sur nos jeunes qui peut-être feront partie, une fois de plus, des mauvais élèves en sciences dans les enquêtes internationales.

On se comprend… jusqu’à ce que l’on ne se comprenne plus !
Exemple
Pour un conducteur, avec 160 kilomètres et 2 heures, combien obtenez-vous de « kilomètre heure », ceux dont parle le Gouvernement, bien sûr ? 80 ? Parfait.
Maintenant, sur une facture d’électricité on peut y lire des « kilowatt heure » (grande analogie apparente avec notre propos « oral »). Avec 160 kW et 2 heures, combien obtenez-vous de « kilowatt heure », les vrais, ceux de la consommation ? 80 ? Malheureusement non ; on en obtient 320 !

Concernant le « peuple » Edouard Philippe a-t-il la même conception que Napoléon en matière de systèmes d’unités ? En effet, Napoléon Ier n’en était pas fan et en 1812 il supprima ce que la Révolution avait instauré dans ce domaine. Puis il écrivit, plus tard, « […] ces dénominations, qui pouvaient être utiles pour les savants, n'étaient pas bonnes pour le peuple […] C'est tourmenter le peuple pour des vétilles !!! »

Allez faire comprendre à l’élève lambda que ce ne sont pas des vétilles et qu’il ne doit pas écouter ce que le Gouvernement et tous les médias lui disent… bonne chance à vous !

Fables de La Fontaine : quel gâchis !

1er juillet 2018
Fables de La Fontaine : quel gâchis !

Au cours de ce mois de juin, Jean-Michel Blanquer a offert (disons plutôt nos impôts ont offert) un livre recueil de plusieurs fables de La Fontaine, aux élèves de CM2.

Ce n’est pas la première fois que notre ministre se livre à un tel cadeau à l’adresse des élèves du primaire car il aime bien La Fontaine. Soit ! La fable qu’il doit en ce moment relire avec jubilation
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est sans doute celle dont le titre est « Les Grenouilles qui demandent un Roi ». Vous souvenez-vous de ces grenouilles qui, lassées de la démocratie, demande un roi à Jupiter ? Elles l’obtiennent, protestent de sa passivité et héritent finalement d’un roi réformateur : une grue qui les bouffe toutes !

Moi aussi, j’aime bien cet auteur, même pour le mettre entre les mains de jeunes élèves, mais à condition de pouvoir expliquer aux enfants chaque mot, chaque tournure de phrase, chaque élément de « morale » ... Or, que fait notre ministre ? Il donne le livre en fin d’année scolaire, pour la période estivale, en tant que « livre de vacances » en leur disant donc : dé....brouille-toi avec !
Là, son attitude pose problème car, que vont réellement comprendre nos jeunes têtes de pré-collège livrées à elles-mêmes, si tant est qu’elles réussissent à lire plusieurs pages du livre ? Quel gâchis !
Cette distribution de fin d’année conforte mon opinion concernant le manque de pédagogie de notre ministre qui assimile la pédagogie à de la « com’ »

Juin 2018

Juin 2018

« Charrue avant les bœufs » ! Mais qui sont les bœufs ?

24 juin 2018
« Charrue avant les bœufs » ! Mais qui sont les bœufs ?

Si vous avez la « malchance » d’enseigner en seconde, devant les gesticulations gouvernementales vous avez actuellement deux solutions : vous énerver et passer des vacances angoissantes ou rester « zen » en vous disant que, vu le flou non artistique de ce qui vous attend dès septembre prochain, vous aurez alors tout loisir d’aviser avec vos collègues et de prendre vos classes comme elles viendront. C’est bien évidemment la deuxième solution que je vous conseille d’adopter si vous ne tenez pas à chercher une explication aux élucubrations de votre ministre.

On lui a demandé de réformer,
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il réforme ! On a peut-être juste oublié de lui préciser que ce soit avec méthode ou on ne lui a pas donné la bonne méthode ! Toujours est-il qu’à l’heure actuelle, alors que les proviseurs sont en pleine préparation des emplois du temps, il édicte des fiches « test de positionnement de début de seconde », « Mise en œuvre de l’accompagnement au choix de l’orientation en classe de seconde générale et technologique - Rentrée 2018 », des notes disant que les élèves vont « bénéficier d’un temps de 54 heures sur l’orientation », sans que l’on sache qui fera quoi et avec quels horaires. Le ministre ne doit pas le savoir lui-même puisqu’il a écrit « Afin de permettre aux équipes de s’organiser, ce temps commencera après les vacances de la Toussaint » ! C’est tout un programme, ou une absence de programme.

Finalement, dans cette réforme prise à l’envers, je vois à peu près où est la charrue : emplois du temps aux contours imprécis mais à établir tout de même, cours à préparer sans finalité claire avant la Toussaint ; mais qui sont les bœufs ? les proviseurs, qui doivent gérer le tout avec, en plus, des heures à dégager à moyens constants, ou les profs principaux qui auront tout (mais quel tout) à encadrer sans cadre, ou les profs qui ne connaissent toujours pas ce qu’ils auront à faire ?

Une réforme « com » de plus du Gouvernement.

17 juin 2018
Une réforme « com » de plus du Gouvernement.

Et une réforme de plus que notre Président pourra ajouter à son palmarès de bilan de quinquennat. Quoique… vue la pertinence de ce qui vient d’être voté jeudi dernier, par notre Assemblée Nationale, peut-être sera-t-il bon de ne pas en faire état le moment venu !

Chacun de nos élèves, à partir de la 4ème,
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va donc pouvoir se choisir une journée de classe afin de la remplacer par un stage d’observation en entreprise. Hormis le fait que j’ai la vague intuition que cette journée sera généralement prise le vendredi ou le lundi, ou le jour le plus chargé de cours, à quoi va-t-elle réellement servir ?

Est-ce pour donner à nos élèves une vision éclairée du monde du travail et des choix futurs qui s’offriront à eux, en leur faisant côtoyer annuellement un seul malheureux type d’emploi parmi la multitude de ceux existant (encore) ? En tous cas, il est évident que cette mesure sans intérêt pertinent pour l’orientation des élèves, devrait empoisonner la vie des professeurs principaux, certainement mis à contribution pour gérer ces stages individuels. Et que dire des responsabilités civiles et pénales prises par les chefs d’établissement devant donner leur accord pour les autorisations de sortie individuelles de leurs élèves ?

Une solution, que j’ai déjà proposée en vain, serait de faire venir régulièrement des représentants de branches de métiers dans les établissements scolaires. Profitant d’une heure de permanence des élèves, ils leur feraient une présentation de leur vie professionnelle au quotidien, avec documents et vidéos à l’appui. Là, sans perturber qui et quoi que ce soit, ils susciteraient chez les élèves si ce n’est de l’intérêt, au moins des questionnements sur des métiers qu’ils ignorent ou méconnaissent.

Mais peut-être vaut-il mieux ne pas illusionner trop tôt nos élèves, vue l’absence chronique de travail qui risque de les guetter, et leur proposer, en attendant, une journée de sortie touristique et ludique par année scolaire !

Il y a académie et… académie !

10 juin 2018
Il y a académie et… académie !

Une enseignante, reçue au CAPES en 2016, venait à peine d’achever son année de stage à Paris lorsque son inspecteur, jugeant ses performances mal compatibles avec celles attendues de la part d’une professeure souhaitant être titularisée, lui signifie qu’il lui donnera tout de même une deuxième chance à saisir avant fin 2017.
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Le premier trimestre de la nouvelle année scolaire étant presque achevé, l’inspecteur vient donc de nouveau inspecter ladite enseignante, dans sa classe.

N’ayant semble-t-il pas changé d’avis à propos de ses non-performances, pédagogiques ou autres, il lui demande alors de continuer à enseigner jusqu’à réception de son arrêté de non-titularisation. L’enseignante attend donc le fameux document tout en assurant ses cours, mais avec moins d’entrain qu’auparavant, comme on peut s’en douter.

Pourquoi, dès décembre 2017, l’inspecteur n’a-t-il pas mis fin à son stage jugé décidément non-concluant ? C’est que la pénurie d’enseignants est bien connue et que, semble-t-il comme l’avait indiquée en substance une précédente ministre de l’Éducation nationale : devant les élèves, mieux vaut avoir un enseignant mal-compétent que pas d’enseignant du tout ! Dont acte ! Mais…

Lorsque la devenue non-titularisable reçoit enfin son document officiel de non-titularisation, au cours de sa visite au Rectorat de Paris on lui conseille, car le personnel de l’Éducation nationale est tout de même très attentif au suivi de ses enseignants, même ex, de ne pas perdre tout espoir à propos de son avenir dans la Fonction Publique et d’aller vite se faire embaucher… comme enseignante… dans l’académie de Créteil ou de Versailles !!!

Sans commentaire !

Cour des comptes : dégradation de l’Éducation Nationale !

3 juin 2018
Cour des comptes : dégradation de l’Éducation Nationale !

Nos élèves risquent fort de ne pas remonter, avant longtemps, dans les rangs des tests internationaux de type Pisa. La Cour des comptes vient, en effet, de rendre publique une étude intitulée : « LE RECOURS CROISSANT AUX PERSONNELS CONTRACTUELS » effectué par les académies.

Cette étude montre clairement que,
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par mesure d’économies et à cause de la démotivation croissante des éventuels futurs enseignants, de plus en plus de contractuels sont embauchés à la place des titulaires, en application, entre autres, du Décret n°2016-1171 du 29 août 2016.

Que dit l’Article 2 de ce décret ? Que des agents contractuels peuvent être recrutés pour exercer des fonctions d'enseignement « parmi les candidats remplissant les conditions de diplôme définies par les statuts particuliers des corps de fonctionnaires exerçant ces fonctions pour pouvoir se présenter aux concours internes de recrutement desdits corps. » […]
« Toutefois, pour le premier degré et pour le second degré dans les disciplines d'enseignement général ou technologique, en l'absence de candidats justifiant des conditions de diplôme fixées [ci-dessus], les agents contractuels exerçant des fonctions d'enseignement peuvent être recrutés à titre exceptionnel parmi les candidats justifiant d'un titre ou d'un diplôme sanctionnant au moins deux années d'études après le baccalauréat ou ayant validé une deuxième année de licence. »

Et c’est ainsi qu’avec son « toutefois » et son « exceptionnel » le décret ouvre la porte (déjà grandement entr’ouverte avant lui) à un recrutement pouvant parfois laisser à désirer. J’avais déjà évoqué ce « problème », dans mon billet d’humeur du 6 novembre 2016, rappelant un reportage de l’émission « Envoyé spécial » passé sur France 2 et intitulé :« Ma vie de prof. Comment l'Éducation nationale recrute-t-elle ? » Quelle honte, pour notre ministre de l’époque ! Eh bien, les choses semblent ne pas avoir changé avec notre ministre actuel !

Constat, ces temps-ci, de la Cour des comptes, à propos de leur formation :

« Le ministère ne dispose pas de bilan précis car les formations sont pilotées par les académies et financées sur des crédits d’intervention. Pour autant, le ministère qui n’a qu’une vision lointaine de la mise en œuvre, ne diligente pas d’enquête sur cette question. Les informations recueillies par la Cour semblent indiquer que l’effort de formation des contractuels, qui reste en deçà des obligations règlementaires, ne répond pas aux besoins de ces agents. » Traduction : déjà qu’ils sont recrutés à un niveau inférieur à celui des titulaires, ils sont mal formés. Excellent pour nos élèves, n’est-ce pas ?

Réformateurs dans l’âme, ou par principe, comment le Gouvernement actuel peut-il laisser se dégrader ainsi l’Éducation Nationale en continuant d’appliquer ce décret de 2016 ?

Mais, comme je connais d’excellents enseignants contractuels, ce sont peut-être les niveaux des concours qui seraient à revoir !

Mai 2018

Mai 2018

Parcoursup : attention, les « Pokémons » sont de retour !

27 mai 2018
Parcoursup : attention, les « Pokémons » sont de retour !

Souvenez-vous du « cirque » produit il y a peu d’années par ces Pokémons que certains élèves chassaient dans leurs classes avec leur téléphone portable. La ministre de l’époque s’en était d’ailleurs émue et avant frappé un grand coup contre le producteur de ces bestioles virtuelles. Elle lui avait alors écrit en substance : je ne veux plus en voir dans mes établissements scolaires, sinon, sinon...
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Mais voici que, pour rompre totalement avec les habitudes du temps jadis d’il y a près de deux ans, notre ministre actuel en veut bien, lui, des Pokémons. Aussi vient-il d’en créer des ersatz afin que nos élèves de terminale les cherchent activement et avec fébrilité… en cours.

Comme chacun le sait, les « résultats » de son « Parcoursup » sont loin de donner satisfaction à nombre de nos jeunes qui se retrouvent malgré eux en liste d’attente. Eh bien notre ministre fait actualiser, chaque matin, ces listes accessibles par tout un chacun ! Conséquence de ces incessants remaniements : en classe, pendant leurs derniers cours d’année scolaire et leurs révisions de bac, les élèves ne font que regarder avec insistance et espoir si leur nom et ceux de leurs copains et copines ne seraient pas en train d’avancer sur les listes postbac captées par leur téléphone portable ! Les Pokémons ont juste changé d’aspect !

Les « bonnes » réformes, Monsieur le Ministre, c’est comme tout, il ne suffit pas de les décréter, encore faut-il les préparer avec sérieux et compétence !

À quoi servent les examens nationaux ?

21 mai 2018
À quoi servent les examens nationaux ?

En cette période d’examens du brevet des collèges, des bacs, universitaires… je me demande à quoi servent réellement tous ces diplômes pour lesquels, en grand nombre, les citoyens osent avouer que le niveau baisse inexorablement au fil du temps.

Ascenseur social ?
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Ce ne sont pas les malheureux petits bouts de papier des jurys qui font fonctionner l'ascenseur social mais la qualité de l’enseignement et de son appropriation par notre jeunesse. Et cette qualité est malheureusement entre les mains des politiciens de tous bords qui s’intéressent, semble-t-il, plus aux bulletins des urnes qu’aux bulletins scolaires. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils lancent de temps à autres des objectifs du type « 80% d’une tranche d’âge au niveau bac » ou « 60% de diplômés du supérieur » laissant croire à ceux qui se laissent facilement convaincre qu’ils font quelque chose pour l’école !

En ce qui concerne la recherche de travail, il existe de plus en plus de sociétés privées de recrutement avec vrais ou semblant de concours. Je propose de les encadrer afin que leurs méthodes et leurs résultats deviennent transparents pour tout un chacun. Internet le permet grandement.

Quant aux élèves, ainsi que leurs parents, ils ont besoin de repères tout au long de leur scolarité. Des contrôles réguliers, s’appuyant dans chaque discipline sur une centaine d’exercices types, connus et publiés sur Internet, devraient pouvoir baliser positivement leur chemin et remplacer avantageusement ces examens nationaux qui ne servent pas à grand-chose, à part leurrer une partie de nos concitoyens !

Galères judiciaires des « ni-ni » du privé sous contrat

13 mai 2018
Galères judiciaires des « ni-ni » du privé sous contrat

Si vous êtes agent de l’État dans l’enseignement privé sous contrat, vous savez certainement que votre directeur, qui n’est pas, lui, un agent de l’État, est votre supérieur hiérarchique, mais… par délégation du rectorat et pas pour tout ce qui concerne vos classes.

S’il a bien en charge la réalisation des emplois du temps,
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il ne peut par exemple pas décider de déroger à certaines règles de services, même avec votre accord. Et c’est vous qui risquez d’en supporter les conséquences. La preuve…

Dans un de ces établissements, le directeur a demandé à certains enseignants d’assurer plus d’heures de service pendant quelques mois dans leurs classes sous contrat, mais sans en avoir préalablement demandé l’accord au Rectorat. Ces heures n’ayant pas été payées en heures supplémentaires, les enseignants ont assigné leur établissement devant le Tribunal Administratif et c’est là que leur « parcours du combattant judiciaire » a commencé !

Ils ont été déboutés de leur demande, sous prétexte que les heures faites ne l’avaient pas été à la demande du rectorat.

De même qu’en cas de problèmes relatifs au paiement des heures de délégations pour les élus au CE ou pour les délégués syndicaux, ils se sont alors tournés vers le tribunal des Prud’hommes, puisque leur directeur, donneur d’ordre, était de droit privé.

Malheureusement le tribunal des Prud’hommes s’est déclaré incompétent, s’agissant de faits relatifs à des heures « Education nationale ». Ils ont alors fait appel, ont été déboutés, sont allés en cours de cassation qui a confirmé la décision de la cour d’appel.

Devant une telle situation ils se sont tournés vers le tribunal des conflits, dont le rôle est de statuer pour dire laquelle des 2 juridictions était compétente. La réponse a été claire et nette :il n’y a pas de conflit, le Tribunal Administratif ne s’étant pas déclaré incompétent puisqu’il a jugé… en déboutant.

Il ne restait plus, à ces enseignants, qu’à revenir à la case départ et faire appel de la décision du Tribunal Administratif. Dommage pour eux : le délai d’appel était dépassé !

Une fois de plus ils pourront dire merci à cette « fameuse » loi Censi de 2005 qui a fait, des enseignants du privé sous contrat, des « ni-ni », ni fonctionnaires, ni salariés de droit privé, et dont le statut est d’une telle complexité que de nombreux avocats et même de nombreux magistrats juridictionnels ont du mal à s’y retrouver !

Pédagogie et didactique. Notre ministre m’inquiète !

6 mai 2018
Pédagogie et didactique. Notre ministre m’inquiète !

Comment peut-il prétendre diriger, orienter, conseiller ses enseignants alors qu’il montre de façon assez claire, dans ses quatre notes de service publiées au BO spécial du 26 avril dernier, qu’il confond, à dessein ou pas, pédagogie et didactique ?

Lorsque notre ministre
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publie les documents relatifs à comment enseigner la grammaire, le vocabulaire, le calcul… ce sont des « recommandations » de didactique qu’il adresse à toute la hiérarchie de l’Éducation nationale et non des « recommandations » de pédagogie comme il le prétend !

La didactique s’attache à répondre aux questions essentielles suivantes :
-Quelles connaissances cherche-t-on à faire passer aux élèves ?
-Les élèves à qui elles s’adressent sont-ils en capacité de les intégrer ?
-Par quels processus d’apprentissage ont-ils des chances de les intégrer au mieux ?

A-t-il traité d’autres sujets que ceux dont je viens de parler ? Non ! A-t-il rappelé que le pédagogue, le prof, en s’appuyant sur un processus didactique choisi (en l’occurrence par le ministre), s’attache essentiellement à répondre aux éventuelles difficultés éprouvées par ses élèves en reformulant parfois avec leurs mots des phrases mal comprises, en étant attentif aux points de décrochage de certains, en décidant qu’à un instant donné un exercice de contrôle serait le bienvenu ? Non ! Donc il n’a traité que de la didactique !

Mais… comme par les temps qui courent le mot « pédagogie » est sans cesse utilisé à tort et à travers par tous nos médias, peut-être que notre ministre a cru bon de se contenter du créneau de la « com » et, par manque de pédagogie, n’a cité que le mot « pédagogie » … à contresens !

En conclusion momentanée, je dirai « merci Monsieur Blanquer » pour avoir balisé clairement les chemins didactiques à suivre. Cependant mon grand merci dépendra de la mise en place de deux formations essentielles pour les enseignants : l’une faisant en sorte qu’ils s’approprient vos quatre notes de services et l’autre leur explicitant les différences fondamentales existant entre didactique et pédagogie, différences que vous semblez avoir embrouillées à plaisir.

Avril 2018

Avril 2018

Les « recommandations » pour l’apprentissage de la lecture en Primaire

29 avril 2018
Les « recommandations » pour l’apprentissage de la lecture en Primaire

Par rapport au règne de ses prédécesseurs, sous le régime Macron il n’y a rien de nouveau dans le ciel de notre Éducation nationale où l’on assiste toujours au navrant lancement à la va-vite de réformes ! Il faut reconnaître, à la décharge des ministres
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de l'Éducation nationale, qu’ils ont peu de temps devant eux pour mener à bien l’alchimie entre leur irrésistible envie de marquer l’Histoire, la tentation de faire de la démagogie en direction des électeurs et, accessoirement, le besoin de rendre moins ridicules nos élèves dans les tests internationaux. Donc, ils réforment le plus rapidement possible et… croisent les doigts.

Avec son épais guide de « recommandations » didactiques (et non pédagogiques comme certains l’affirment) que vient de sortir notre ministre Jean-Michel Blanquer, nous en sommes malheureusement toujours à traîner le même ancestral vice de forme : « recommandations » satisfaisantes ou pas sur le fond, les enseignants recevront peut-être une formation sur ce sujet... après la mise en application de la réforme.

Petite remarque en passant : en théorie, comme il ne s’agit que de recommandations, les enseignants n’ont pas obligation de les appliquer mais… ne nous leurrons pas ; de même que les recommandations de Bruxelles finissent par se traduire en Lois dans les pays de l’Europe, des inspecteurs zélés de l’Éducation se chargeront très vite de faire appliquer dans les classes le guide sur la lecture et l’écriture, même sans formations. Tout le monde sait qu’en France, enseigner s’apprend sur « le tas » !

Incohérence gouvernementale ou… formatage des jeunes ?

21 avril 2018
Incohérence gouvernementale ou… formatage des jeunes ?

Si j’ai bien compris le message gouvernemental, il faut ouvrir la SNCF à la concurrence pour que les usagers en obtiennent de meilleures prestations : trains à l’heure, trains moins chers, etc. Soit !

Mais alors je me demande pourquoi
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nos gouvernants font, en parallèle, tout ce qu’ils peuvent faire pour mettre des bâtons dans les roues à l’enseignement privé indépendant avec qui la concurrence serait, là, source d’inquiétudes ! En effet, notre ministère de l’Éducation Nationale n’a-t-il pas décidé par exemple de contrôler si, dans l’enseignement privé indépendant, les programmes du public étaient bien appliqués, comme si ces derniers représentaient la quintessence de ce que nos jeunes devraient apprendre… surtout après les résultats plus que médiocres des petits français face aux tests internationaux !

Et bien, je pense avoir trouvé confirmation de la réponse à cette interrogation dans le dernier rapport du CNESCO (Conseil National d’Évaluation du Système Scolaire français, dont je vous ai parlé la semaine dernière).

Voici un extrait significatif de son chapitre sur l’analyse des grandes évolutions de l’enseignement de l’écriture au primaire :
« En 1882, les programmes de Jules Ferry et de Ferdinand Buisson intègrent officiellement l’enseignement de la rédaction sur les sujets les plus simples et les mieux connus des enfants.
Le principe repose sur l’apprentissage des règles d’écriture. L’exercice doit rester simple et concret, proche des réalités quotidiennes des écoliers.
Exemple courant d’exercice de rédaction : Racontez une de vos veillées en famille. (…).
Ce type d’exercice contribue aussi à communiquer un idéal de société avec ses valeurs morales (ici, sur la famille) tout en participant à l’apprentissage de l’écriture et à la connaissance de la langue écrite et littéraire.
Les corrections des enseignants portent, d’ailleurs, autant sur la langue que sur la morale. »


Si depuis cette époque certaines méthodes ont changé, rien ne semble avoir modifié un principe de base : l’école est là pour formater les jeunes en fonction des attentes sociales et sociétales des gouvernements successifs. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles, depuis quelques décennies, avec les inflexions à droite et à gauche de notre gouvernance, les réformes se succèdent à un rythme soutenu.

Voilà sans doute aussi pourquoi, en France, le ministère chargé de nos jeunes s’appelle ministère de l’éducation et non, par exemple comme en Italie : ministère de l’instruction. En Italie, on cherche à instruire, en France on cherche à éduquer ! Toute la différence est peut-être là !

La ligne rouge a été franchie.

15 avril 2018
La ligne rouge a été franchie.

Ce n’est pas moi qui l’affirme (je n’ai ni les compétences requises ni les moyens d’expertises pour me l’approprier), mais le CNESCO, Conseil National d’Évaluation du Système Scolaire français. Le CNESCO affirme donc, dans une récent dossier (mars 2018) auquel il a participé à l’élaboration, que : « La moitié des enseignants de CM2, seulement, sont formés à l’enseignement de la langue française. »

Il constate aussi
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qu’en « CM1, les élèves français confirment leur difficulté à rédiger et se démarquent ainsi de leurs voisins européens. En effet, dans une enquête internationale [PIRLS], les élèves français sont parmi les plus nombreux à ne pas répondre aux questions ouvertes, particulièrement lorsque la réponse doit être longue » !

Et si vous espérez pousser un « ouf » de soulagement en pensant qu’ensuite tout rentre dans l’ordre, sachez que chez les profs de collège, seuls 67% des enseignants de français (je dis bien de français et non des autres disciplines dont il vaut mieux ne pas parler), seuls 67% des enseignants de français sont formés à l’enseignement de la langue !

Il va de soi, est-il encore souligné dans le dossier, que les difficultés à rédiger, et j’ajouterai personnellement à comprendre une question posée, se répercutent dans les autres matières ! Je soulignerai au passage l’humour noir par lequel les rédacteurs du dossier ont conclu que les élèves les plus en difficultés étaient donc « pénalisés en sciences par leurs difficultés à produire des textes écrits » ! Qui l’eut cru ! Et s’il n’y avait qu’en sciences !

Je vous invite à lire ce dossier intitulé « Écrire et rédiger. Comment guider les élèves dans leurs apprentissages ? » Vous constaterez ou serez conforté dans l’idée que pas mal d’entre vous se font déjà de notre Éducation Nationale : en matière d’enseignement, une ligne rouge a été franchie après de longues années de décadence en lecture, en maths, etc. Mais par qui a-t-elle été franchie ?

Certains, dans le dossier dont je viens de vous parler, accusent les profs qui ne seraient pas à la hauteur. Mais ne font-ils pas ce que les inspecteurs leur imposent de faire ?

Ce sont les politiques successives menées en France, par démagogie, laxisme, manque de moyens ou de volonté, ou je ne sais quoi d’autre, qui font que l’on ne pourra bientôt plus se passer des diplômés étrangers pour faire quoi que ce soit de valable, tous domaines confondus.

Autistes. Doit-on parler de réforme ? Et sur le dos de qui ?

8 avril 2018
Autistes. Doit-on parler de réforme ? Et sur le dos de qui ?

Une fois de plus les enseignants sont montrés du doigt par les médias et l’opinion publique. Cette fois-ci, c’est sous prétexte que tous les enfants devraient être scolarisés dans les mêmes classes, qu’ils soient autistes ou non, et de s’appuyer sur un sondage montrant que seulement 18% des enseignants estimeraient que l’école dite « ordinaire » conviendrait aux autistes.
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Il s’agit là d’une campagne de dénigrement indigne de ceux qui la mènent car, par des moyens détournés et insidieux, ils accusent la grande majorité des personnels enseignants de refuser une scolarité « normale » aux autistes.

Le problème est à chercher ailleurs ; du côté de la formation !
Je sais que la majorité des parents et de nos élus semble avoir pris la navrante habitude de considérer les enseignants comme des « transmetteurs de savoirs » doublés, de façon innée, de toute une panoplie de rôles allant de la nounou à l’assistant(e) social(e) en passant par la ou le psychologue de service.

Eh bien non ! travailler avec des autistes, même accompagnés d’AVS, ça s’apprend et, dans l’état actuel des choses, c’est-à-dire sans la moindre formation, je comprends les enseignants qui se reconnaissent inaptes à mener à bien une classe qui risque d’être à la longue ingérable. Ce fut d’ailleurs malheureusement le cas pour une enseignante de l’académie de Lyon, il y a quelques années, qui s’est retrouvée licenciée pour ce motif.

Mais heureusement que le gouvernement vient de prendre une décision à la mesure de l’enjeu : il va former un enseignant par département !

Parcoursup et PsyEN (ce n’est pas un poisson d’avril !)

1 avril 2018
Parcoursup et PsyEN (ce n’est pas un poisson d’avril !)

Des élèves de terminale ont osé ne formuler qu’un seul vœu sur Parcoursup ! Du coup certains recteurs réagissent spontanément ou « invités » peut-être par le même « IL » ayant décidé, sans texte officiel légal, de passer outre une circulaire de 2015 et de reporter à 2019 l’emploi des calculettes à mode examen (voir mon billet d’humeur d’il y a 15 jours). Ces recteurs ont donc décidé de soumettre les réfractaires de Parcoursup à l’inquisition d’un PsyEN.
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À ceux qui l’auraient déjà oublié, je rappelle que les PsyEN sont ces exceptionnels nouveaux membres de l’Éducation nationale, à la fois psychologues et conseillers d’orientation (car les deux casquettes vont bien évidemment de pair comme chacun le sait). Les PsyEN sont donc compétents pour sonder les désirs enfouis au plus profond de la conscience des réfractaires et les amener à faire des choix auxquels ils ne s’attendaient même pas.

Avec cette mesure l’Administration y retrouvera peut-être ses « petits », c’est tout au moins ce que doivent penser les recteurs en question : des élèves en panne d’idées seront mieux orientés que par le nouveau second professeur principal ; d’autres se verront imposer, à l’insu de leur plein gré, une filière délaissée réduisant ainsi les tentations de révoltes estudiantines amorcées l’an dernier ; etc.

Pour ma part, j’aurais tendance à penser que cette intervention des PsyEN, pourrait s’expliquer aussi par un besoin administratif inavoué de sonder une certaine catégorie d’élèves, de connaître les motivations précises de ceux n’ayant fait qu’un seul choix. Ce choix est-il celui de la future carrière à laquelle aspire le jeune, de toutes ses forces, ou est-ce un choix par défaut pour le cas où il ne serait pas pris dans l’un des établissements privés qu’il vise ?

Quoi qu’il en soit, nous le saurons un jour. Les indiscrétions des uns ou des autres finissent toujours par faire surface chaque fois qu’un dispositif fait montre d’une certaine opacité.

Mars 2018

Mars 2018

Francophonie ?

25 mars 2018
Francophonie ?

Cette semaine, notre président de la République semble être allé faire un numéro de charme devant les membres de l’Académie française afin de les brosser quelque peu dans le sens du poil.

Il a bien parlé, certes, même parfois avec un certain humour, mais…
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les soi-disant bonnes intentions, les appels pathétiques aux francophones de l’Amérique du nord, de l’Afrique sub-saharienne, de l’Europe… ne sont rien face à la réalité des faits : que fait-il pour faire perdurer le français même en France ? Les exemples prouvant le contraire ne manquant pas !

Outre le fait qu’il s’ingénie à faire des discours en Anglais chaque fois qu’il se présente sur une scène internationale, je vous parie que, pour sa fameuse réforme du Bac, il va bientôt annoncer qu’une épreuve d’Anglais sera obligatoire. De plus il accepte que tous les textes européens soient rédigés en anglais (alors qu’une telle exigence européenne ne peut résulter que d’un accord unanime de ses 27 membres -donc de la France-), que des hauts fonctionnaires de l’Éducation nationale utilisent officiellement des termes anglais tels que MOOC et, par exemple encore, que des recteurs créent des «Lab School ».

Lorsque je verrai notre Président faire le ménage dans notre « maison », celle pour laquelle il dispose d’un pouvoir régalien pour le faire, alors je commencerai à croire à ses bonnes intentions affichées en matière de francophonie.

Notre ministre lirait-il mes billets d’humeur et en tiendrait-il compte ?
Examens 2018 et calculatrices.

18 mars 2018
Notre ministre lirait-il mes billets d’humeur et en tiendrait-il compte ?
Examens 2018 et calculatrices.

Ce n’est pas la première fois que je dénonce un « problème » et qu’il se trouve solutionné quelques temps plus tard ! Si « on » me lit, c’est tant mieux et je ne peux que m’en réjouir !
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Ce coup-ci, il s’agit de mon billet d’humeur du 31 décembre dernier dans lequel je critiquais l’interdiction d’utiliser les calculatrices « classiques » aux examens, et l’obligation faite à nos élèves d’acheter une nouvelle calculatrice possédant la fonction « mode examen ». Cette fonction, interdisant d’aller chercher des antisèches dans la mémoire de la machine, devait être contrôlée individuellement par les surveillants de salles, après qu’ils aient bien sûr assimilé le mode d’emploi de la calculette de chaque candidat !

Pour avoir publié une telle circulaire, il fallait avoir un esprit totalement déconnecté des réalités (esprit de certains hauts fonctionnaires sévissant dans les ministères ?) ou un esprit bassement mercantile car la contrainte a fait inutilement vendre énormément de calculatrices coûteuses pour les élèves.

D’ailleurs, à ce sujet, je conseille aux parents d’élèves de se regrouper afin d’envoyer leur facture au ministère de l’Éducation nationale.

Donc, pour en revenir au sujet central, le ministère a dû prendre conscience de l’absurdité de son système et, refusant tout de même d’abroger la circulaire n°2015-178, il vient de décider le report de son application à une date postérieure à 2018.

Espérons que, pour la suite, il comprendra que le problème n’est pas d’interdire les calculatrices classiques, même avec antisèches éventuelles, mais de faire en sorte que les sujets d’examens soient pensés autrement et que les questions fassent appel à la réflexion et à la logique dans le raisonnement scientifique.

Affaire à suivre et à suivre d’autant plus que je n’ai rien trouvé d’officiel au BO sur ce sujet. Circulaire ? Note de service ? Rien de tel ; les informations ont ruisselé via le site « éduscol », « la maison des examens » et certains inspecteurs avec la formule sibylline « Il a été décidé… ». Qui se cache donc derrière ce « il » faisant penser aux « fausses nouvelles » (en français dans le texte) que notre gouvernement s’est, parait-il, attaché à combattre ?

Parité femmes/hommes. Des progrès à faire sur les critères de nominations.

11 mars 2018
Parité femmes/hommes. Des progrès à faire sur les critères de nominations.

Hier j’ai entendu à la radio une émission ayant comme thème, bien sûr, la parité hommes/femmes, sujet de prédilection des médias de la semaine en cours. Maintenant, dès qu’il y a une femme ou un homme de « trop » dans une réunion, il y en a qui éprouvent le besoin de crier au scandale.
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Et là, sur France-Info, une directrice de je ne sais quoi était en train « d’expliquer » pourquoi, dans l’émission des « informés de France-Info » il y avait très souvent plus d’hommes que de femmes invitées.

Tenez-vous bien car l’explication de cette directrice sexiste ou incompétente (avec un « ou » inclusif, ça va de soi) vaut son pesant d'or. Il paraitrait que l’émission traitant pendant une heure de sujets très variés, de nombreuses femmes, d’après elle, déclineraient l’invitation pour ne pas se sentir mal à l’aise sur certains dossiers qu’elles ne maîtriseraient pas !

Ce qui signifierait, pour cette directrice, que soit les femmes auraient une culture moins universelle que les hommes, soit les hommes, sans scrupules, se sentiraient omniscients !
Choisissez de quel côté penche le sexisme de cette directrice !
Pour ma part, je serais tentée de répondre par une expression qui reviendra bientôt à la mode, lorsque notre Macron national aura rétabli le service militaire : « Les deux mon général ! »

Mais peut-être que cette directrice n’a été nommée à ce poste qu’au nom de la parité !

Contrôle continu au Bac. Jean-Michel Blanquer semble jouer sur du velours.

4 mars 2018
Contrôle continu au Bac. Jean-Michel Blanquer semble jouer sur du velours.

En fait, notre ministre joue sur du velours dès lors qu’il s’agit (mais sans le crier sur les toits) de dévaloriser l’enseignement et les critères de délivrance des examens nationaux car la droite et la gauche classiques semblent être, depuis des lustres, contre l’enseignement aboutissant à une société de « penseurs logiques » ; la gauche c’est, pourrait-on dire, par démagogie pour donner l’impression aux foules qu’elle « favorise les classes défavorisées » et la droite ce peut être par inintérêt pour le peuple dont elle n’aurait que faire, à part de quelques « sachants » dont elle a besoin pour faire tourner son monde.
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Donc, notre ministre profite de cet état d’esprit général pour faire des économies sur le dos des enseignants qui ne seront plus rémunérés pour les multiples corrections de copies supprimées en instaurant un bac à forte dose de contrôle continu ne lui coûtant rien. De plus, comme l’a dit Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN (syndicat des personnels de direction de l'Éducation Nationale), pour l'évaluation des élèves, avec ce contrôle continu, « on peut ainsi prendre en compte le contexte du lycéen et celui de son établissement ». C’est tout dire quant à la future fiabilité et valeur du Bac !

Rassurez-vous, si tant est que ce soit rassurant : le niveau du Bac (appelé Abitur en Allemagne) baisse parait-il aussi de façon catastrophique chez nos voisins germaniques. Dans quelques temps les bacheliers seront donc à quasi égalité des deux côtés du Rhin.

Pourquoi croyez-vous que notre ministre tire à boulets rouges sur l’enseignement indépendant et cherche par tous les moyens à le contrôler ? Pour formater encore plus nos enfants comme nos institutions officielles l’entendent. Ivan Illich (1926-2002), penseur allemand et critique de la société occidentale de consommation l’a écrit, dans une de ses œuvres : « L'école obligatoire, la scolarité prolongée, la course aux diplômes sont autant de faux progrès. Dévotions rituelles où la société de consommation se rend à elle-même son propre culte, où elle produit des élèves dociles prêts à obéir aux institutions, à consommer des programmes tous faits préparés par des autorités supposées compétentes. À tout cela il faut substituer une véritable éducation qui prépare à la vie dans la vie, qui donne le goût d'inventer et d'expérimenter. Il faut libérer la jeunesse de cette longue gestation scolaire qui la conforme au modèle officiel (...) Que les moyens d'acquérir ou de transmettre un savoir soient mis en commun et librement accessibles à tous. Plus de maîtres à la fois gardiens de l'ordre établi, prédicateurs et thérapeutes. Mais des échanges entre « égaux », des éducateurs indépendants ».

Bon, c’est peut-être un peu utopique mais, à mon sens, ça situe bien les causes de la réformite de nos différents ministres de l’Éducation Nationale.

Février 2018

Février 2018

Quand cessera-t-on de prendre les « familles les plus modestes » pour des « cons-sommateurs » ?

25 février 2018
Quand cessera-t-on de prendre les « familles les plus modestes » pour des « cons-sommateurs » ?

Dans le prolongement de mon billet d’humeur du 5 février dernier, je tiens à insister avec vigueur sur ce point qui pour moi est primordial, bien au-delà des réformes du bac, du lycée et de l’entrée en universités : ne pas savoir bien s’exprimer n’est pas synonyme d’être le « con-sommateur » de service à qui l’on ne devrait que donner un enseignement au rabais !
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Or, c’est bien ce qu’ont préconisé nos deux éminentes députées Aurore Bergé et Béatrice Descamps dans leur communication du 31 janvier dernier sur les relations école-parents, communication dans laquelle elles regrettent l’existence d’un « un éloignement sociologique croissant entre le personnel enseignant et les familles les plus modestes ». Elles semblent être des adeptes inconditionnelles de la pseudo-langue infligée par certains parents à leurs enfants sous prétexte qu’ils ne maitrisent pas encore les finesses du parler commun : « où t’as bobo ? Tu veux encore du cracra ? » et j’en passe…

Le problème essentiel de nos enseignants n’est pas lié à un « éloignement sociologique » mais à une absence d’apprentissage de la pédagogie ! Où la leur apprend-on sérieusement lorsqu’on entend, depuis des dizaines et des dizaines d’années, nos « spécialistes » de l’Éducation Nationale nous seriner que l’on « apprend à enseigner en enseignant » ? On s’améliore certes en enseignant, mais on n’apprend pas !

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles notre syndicat SYNEP CFE-CGC, avec la branche de l’enseignement privé indépendant, vient de mettre au point un certificat de compétence pédagogique accessible à tous.

Réforme du bac et du lycée

18 février 2018
Réforme du bac et du lycée

Je n’avais pas envie d’en parler encore à titre personnel mais… je n’ai pas pu résister depuis que j’ai entendu, à la télévision, nombre de LREM se gargariser du fait que leur saint-patron venait de faire, une fois de plus, ce qu’il avait promis de faire pendant sa campagne électorale.
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Il y a un an, le candidat Macron avait en effet promis de réformer la France. Et alors ? Est-ce dire que, désormais, tout ce qui sera qualifié de réforme sera à louer et à bénir ? Il est vrai qu’il n’avait pas promis de faire de « bonnes » réformes ! D’ailleurs, bonnes pour qui ? car Gouvernement n’est pas toujours synonyme de majorité des français.

En ce qui concerne la réforme du lycée, elle sera sans doute bonne pour la cote de popularité du Gouvernement car, coup de chance extraordinaire, on verra ses premiers effets au bac de 2021, à quelques mois des nouvelles élections présidentielles. Et à cette époque, je parie que le taux de réussite des lycéens sera extraordinairement élevé ! Comment pourrait-il en être autrement avec le pseudo contrôle continu « national » et le pseudo anonymat des copies alors que les établissements noteront leurs propres élèves ?

Imaginez les pressions exercées par l’Administration sur les profs avec, entre autres, leur avancement « au mérite » de n’avoir pas mis de mauvaises notes ! Et si ces derniers osent se rebiffer, on leur fera sans doute comprendre qu’ils sont effectivement mauvais pour n’avoir pas su assimiler les nouveaux programmes !

Quoiqu’il en soit, il parait que cette réforme mènera les élèves de terminale à maturité !

Quelques « y-a-qu’à » « faut qu’on » de plus !

11 février 2018
Quelques « y-a-qu’à » « faut qu’on » de plus !

J’avais déjà abordé le sujet dans mon billet d’humeur du 17 septembre 2017, mais c’était à propos de la dispute entre responsables de l’ancien et du nouveau régime voulant (horreur) modifier les programmes scolaires tout juste mis en place. Cette fois-ci, seuls les nouveaux dirigeants du Conseil Supérieur des Programmes s’expriment sur l’Éduscol du 5 février 2018 consacré au primaire et à l’EMI (Éducation aux Médias et à l’Information). Qu’en ressort-il ?
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Malgré leur verbiage prolixe ils restent dans la droite ligne de leurs prédécesseurs, à savoir égrener une litanie de « en Géographie faut qu’on », « en Français faut qu’on », « en Arts plastiques faut qu’on », publiée à l’adresse des profs du primaire.

Puis leurs « faut qu’on », comme attendus en fin de cycles, sont bien évidemment, accompagnés des sempiternels « y-a-qu’à » donnant de vagues pistes sans solutionner quoi que ce soit pour les enseignants face à leurs élèves. Bien sûr, à les lire, tout parait formidable. Mais lorsque ces Conseillers font référence aux BO, c’est pour les orienter vers de faux « exemples de situations » qui ne sont jamais traités concrètement.

Pour moi les seuls exemples probants seraient non pas de vagues pistes, que tout un chacun peut concevoir à un moment donné, mais des exemples de cours intégraux par année et par cycle. Ces cours rédigés par ces Conseillers, qui, j’ose espérer, ont un vécu de ce dont ils parlent, démontreraient ainsi la faisabilité de ce qu’ils préconisent. Alors la pédagogie des enseignants s’exercerait enfin pleinement en adaptant ces cours (ou d’autres) à leur public selon le niveau, le nombre et l’hétérogénéité des élèves.

Mais n’est-il pas intellectuellement plus reposant et politiquement moins casse-cou de rester dans le flou artistique avec des « y-a-qu’à » « faut qu’on » (ou vice-versa) ?

Toi vouloir parler moi ?

4 février 2018
Toi vouloir parler moi ?

Après avoir lu la communication du 31 janvier dernier sur les relations école-parents, rapport de nos députées Aurore Bergé et Béatrice Descamps, j’ai cru avoir été plongée dans un médiocre western des alentours de la dernière guerre mondiale ; production américaine dans laquelle on semblait considérer les non-blancs comme étant des attardés mentaux à qui il ne fallait surtout pas faire de phrases châtiées !
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En substance, que disent ces députées ? Plusieurs choses intéressantes certes mais, parfois… intéressantes pour qui ?

Une partie du texte m’a particulièrement surprise ! Figurez-vous que les deux députées ont constaté « un éloignement sociologique croissant entre le personnel enseignant et les familles les plus modestes ». Cet éloignement « est un des effets induits par la « masterisation » des études d’enseignant : les jeunes enseignants sont, plus qu’auparavant, issus des classes les plus favorisées de la population française. Lorsqu’ils sont affectés dans des quartiers difficiles, ils n’en sont le plus souvent pas originaires, ils n’en connaissent pas les spécificités et vivent de moins en moins là où ils enseignent ».

Indignes professeurs au niveau d’études trop élevé qui, n’habitant pas les « quartiers difficiles », osent leur « ramener leur fraise pédante » !
En effet ce rapport suggère que certains esprits bienpensants de notre société voudraient voir parler ces enseignants comme dans le western de mon début de propos. Devrais-je leur dire : c’est ouf ?

Janvier 2018

Janvier 2018

Oui-Oui, merci Monsieur le Professeur !

28 janvier 2018
Oui-Oui, merci Monsieur le Professeur !

Depuis que, sur les réseaux sociaux, une femme a osé dénoncer le harcèlement sexuel qu’elle avait subi de la part d’une personnalité en vue, les médias et les politiciens se sont sérieusement emparés du sujet et c’est tant mieux, bien que le résultat risque de ne pas être à la hauteur de mes attentes !

En sera-t-il de même à propos de cette alerte lancée par un prof de français de 5ème
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qui a osé poser à ses élèves un contrôle « délirant » (écrit Ouest-France le 22 janvier dernier). En effet, ce prof avait demandé à ses élèves de faire une fiche de lecture sur un livre fantastique de Philip Pullman : « Les royaumes du nord ». Un mois après sa demande, sur ses 23 élèves, 3 avaient lu le livre et deux s’étaient arrêtés au chapitre 3 ! Du coup le prof, excédé, leur a posé une interrogation sur sept lignes à lire, de « Oui-oui à la ferme » (Enid Blyton).
Exemples de questions :
-Quel est le nom du héros ?
-Comment s’appelle le personnage qui doit chercher les œufs ?
-Recopie sans faute « Oui-Oui »
-Si tu as fini et que tu n’es pas trop fatigué, tu peux lire « Les Royaumes du Nord »

Tollé quasi général des parents, de profs, et de journalistes parlant d’un « ouiouigate » sur la toile. Eh bien, pour ma part, comme la personne qui a dénoncé l’inadmissible laxisme politique relatif aux comportements sexuels de certains hommes, je félicite ce prof qui, par son contrôle « Oui-Oui » a osé dénoncer l’inadmissible laxisme politique relatif aux conditions déplorables actuelles d’enseignement que l’on rencontre dans certains établissements où les élèves ne font délibérément pas ce qui est au programme et qui leur est demandé.

Ne pouvant ignorer le travail demandé à leur progéniture avec le suivi en ligne du cahier de texte les parents ont-ils assumé leur rôle ?

Quelles solutions reste-t-il aux enseignants devant une telle situation ? Mettre des zéros…que leur hiérarchie leur demandera de modifier pour le conseil de classe ou accepter d’avoir de mauvais rapports administratifs, voire pédagogiques, pour des élèves désintéressés par le système scolaire ?

J’attends que les politiciens prennent leur responsabilité concernant l’Éducation nationale et démontrent la faisabilité des programmes, avec mode d’emploi à l’appui et formation des enseignants devant ces nouvelles situations.
Merci Monsieur le professeur, avec votre humour, vous avez au moins fait réagir !

« Parcoursup » et apprentissage. Pas mal, monsieur le ministre !

21 janvier 2018
« Parcoursup » et apprentissage. Pas mal, monsieur le ministre !

Devant le tollé engendré par tous ceux qui crient « halte à la sélection post-bac pour entrer dans le supérieur », notre ministre n’a semble-t-il pas reculé d’un iota mais... il a trouvé une astuce : permettre juste, aux futurs bacheliers, de se sélectionner eux-mêmes. Comment ?
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On leur avait dit qu’ils devraient formuler 10 vœux sur le logiciel « parcoursup » mais qu’ils risquaient de n’obtenir le plein statut d’étudiant sur l’un de leurs 10 vœux qu’après avoir suivi une formation supplémentaire (cette « sélection » qui n’ose pas dire son nom), dans certains domaines jugés indispensables en fonction de leurs choix.

Eh bien l’Education nationale vient de rajouter 10 nouveaux vœux, mais pour des formations en apprentissage, pouvant être rémunérées. Du coup, il y a de fortes chances pour que pas mal d’élèves de terminale optent pour cette dernière solution, moins hasardeuse que la première ; notre ministre réussirait alors à faire d’une pierre deux coups : redorer l’image de l’apprentissage tout en désengorgeant les universités.

Le seul hic de cette méthode est que son information arrive bien trop tard dans le cursus de nos élèves. Ce n’est pas devant sa fiche de vœux, que l’élève peut décider sereinement de s’orienter vers une voie professionnelle, (même avec toute la bonne volonté d’un professeur principal peut-être fraichement nommé), alors qu’il ignore encore à peu près tout de l’ensemble des métiers susceptibles de lui être offerts.

Pour ma part, je milite depuis longtemps pour que chaque élève, même dès le primaire, soit sensibilisé à un très grand nombre de métiers. On leur parle naturellement de la diversité des êtres vivants, pourquoi se refuse-t-on obstinément à leur parler de la diversité des métiers ?

Quand il le veut, il le fait… et quand il ne le veut pas…

14 janvier 2018
Quand il le veut, il le fait… et quand il ne le veut pas…

Souvenez-vous du souhait que j’avais formulé à propos des programmes d’enseignement que nous pondent et nous modifient régulièrement, tous azimuts, nos têtes pensantes de l’Éducation nationale. Comme les incohérences s’accumulent d’année en année j’avais émis le vœu que le Gouvernement publie officiellement un prototype de cours sur l’ensemble des programmes, comme fait tout industriel responsable avant de lancer son produit sur le marché. Avec ce système, les incohérences de l’Éducation nationale seraient bien mises en lumière, au BO, aux yeux de tous, et c’est justement ce que ne semble pas vouloir le Gouvernement qui ne fait rien en ce sens. Par contre…
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Par contre, pour peaufiner sa « loi travail », celle qui tend à totalement libérer les patrons de la moindre contrainte en matière de licenciement abusif, le Gouvernement vient de publier le Décret n° 2017-1820 du 29 décembre 2017 établissant des modèles types de lettres de notification de licenciement ; une première dans le monde du travail ! Pourquoi l’a-t-il fait si officiellement alors que la « toile » fleurit déjà de modèles de lettres en tous genres, écrits par des syndicats patronaux et par des juristes, si ce n’est pour bâillonner les juges prudhommaux ne pouvant plus rien dire devant une copie conforme de texte officiel ? Entre nous, pour « aider » encore un peu plus les patrons, il ne reste qu’un dernier décret à publier : celui notifiant que tous les frais de licenciement seront désormais à la charge de l’État !

Avec ce décret du 29 décembre, on voit bien que lorsque le Gouvernement le veut, il le fait, et très vite. Ceci montre bien qu’en matière d’enseignement il préfère que la population demeure peu instruite car, être instruit, c’est avoir appris à raisonner ; et savoir raisonner n’est-ce pas, parfois, ne plus être manipulable ?

Lorsqu’on veut tondre son chien…

7 janvier 2018
Lorsqu’on veut tondre son chien…

Le 15 décembre dernier, le Conseil Constitutionnel l’a proclamé haut et fort : les locaux des établissements d’enseignement privés hors contrat sont assujettis à la taxe sur les bureaux, bien que les établissements d’enseignement privés sous contrat ne le soient pas car… ces derniers sont sous contrat avec l’État et assurent donc un service public.
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C’était si évident que le Tribunal Administratif de Paris, saisi de la question, n’avait pas osé prendre une telle décision et qu’il avait transmis le dossier au Conseil d’État qui, à son tour, avait préféré lui aussi ne pas trancher et poser une question prioritaire de constitutionnalité.

L’enseignement privé hors contrat, appelé depuis peu « indépendant » fait indubitablement de l’ombre à notre Éducation nationale, qui voudrait bien copier certaines de ses méthodes pédagogiques. L’an dernier le gouvernement voulait le mettre sous tutelle de ses inspecteurs et, il y a une quinzaine de jours c’est au tour des 10 membres du Conseil Constitutionnel de chercher un justificatif fiscal à lui imposer. Lorsqu’on veut tondre son chien…

Mais, au sein de l’Union Européenne, les monopoles d’État s’estomperont, ce qui me laisse optimiste concernant le développement de l’enseignement privé indépendant... ce qu’a d’ailleurs bien compris l’enseignement catholique en créant une nouvelle branche d’enseignement hors contrat.

Quoiqu’il en soit je souhaite une bonne année à tous les acteurs qui œuvrent à la formation des nouvelles générations.

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