../s3_ae.gif Ligne Maginot - SF Boulay - Camp de Bockange - Casernement de sûreté - 162e RIF. Droits d'auteur Cima 2008-2011.
Ligne Maginot - SF Boulay - Camp de Bockange - 162e RIF. Documents de Mme Robin-Boutarel, M Dunez, M Kemmel, etc. que nous remercions vivement. Présentation : E. et R. Cima.
Casernements de sûreté

Les casernements de sûreté

Leur implantation

La Ligne Maginot est administrativement divisée en Secteurs Fortifiés (SF), eux-mêmes divisés en Sous-secteurs. Chaque Sous-secteur est couverts par un Régiment (ou Bataillon) cantonné dans son casernement de sûreté.
photos/travail_bockange.jpg casernement de sûreté de Bockange (SF de Boulay, Sous-secteur de Burtoncourt) en 1964.

Leurs rôles

Ces casernements, de par leur proximité avec certains groupes de fortifications, permettent de :
►Faciliter leur gardiennage.
►Faciliter leur entretien.
►Faciliter leur «prise en main» par les futurs équipages.
►Permettre leur occupation très rapide en cas de tension internationale.

Camp de Bockange

Casernement de sûreté de Bockange

Le casernement a été réalisé en 1933, sur les arrières d'Anzeling (SF de Boulay, Sous-secteur de Burtoncourt). Il est alors occupé par plusieurs unités successives.

En 1937, le 2ème Bataillon du 162° RIF s'y installe définitivement.

photos/162rif_robin_red.jpg Officiers du 162° RIF «Régiment de la Nied».

Pendant l'occupation allemande, l'emprise est transformée en camp de prisonniers russes.

Après-guerre, les ouvrages, partiellement détruits pas les Allemands pendant l'occupation, sont réaménagés, réarmés et régulièrement entretenus ; le camp de Bockange reprend du service «fortif».

1962. Témoignage du 2ème classe Pierre Dunez : J'étais au 6ème BMRG d'Épinal, et j'ai été envoyé à Bockange pour l'entretien des fortifications de 1962 à 1964.
Le détachement des fortifications de Bockange s'étendait alors sur 80 km et concernait les ouvrages suivants : Metrich, Billig, Hackenberg, Mont des Welches, Michelsberg, Anzeling, Bousse, Bovenberg, Berenbach, Coume annexe sud, Hobling, Denting, Kerfent, Laudrefang et Teting.
Nous étions un détachement de 4 soldats avec l'adjudant Jacques P. affectés à l'entretien du secteur de Boulay. Nous avions en charges les canons de 75, les canons de 135 et les mortiers de 81 et casemates de Bourges.
En plus, 2 ouvriers d'État, civils, avaient en charge les petits trains, les monte-charges, les usines d'électricité, etc.
Je me souviens très bien que nous nous déplacions avec une lampe à carbure cheminée, dans les galeries, pour aller ouvrir les sorties de secours où les copains attendaient pour pouvoir entrer et entretenir les affûts de canons et mitrailleuses. Ils les enduisaient de graisse à pleines mains. Il ne fallait pas une trace de rouille !
La vie au camp de Bockange

La vie de famille au camp de Bockange

photos/bockange_robin.jpg Bockange. Maison de mes parents.

Généralités

Je n'ai guère que des témoignages oraux de mes parents, surtout de ma mère qui me parlait des maisons affectées aux officiers (camp de Bockange) et de la vie qu'ils y menaient. Ils étaient un peu à l'écart des villages avoisinants et, visiblement, les contacts n'étaient pas très souhaités ou ne se faisaient guère avec les lorrains du cru. Les femmes d'officier vivaient donc un peu entre elles et les officiers entre eux.
Ils étaient voisins de la fille aînée du Général Giraud qui commandait la place de Metz et, comme le disait sa fille, «mon père s'est ruiné à tenir son rang dans ce gouvernement de Metz». Le mari de cette dame (jeune officier comme mon père) s'est d'ailleurs fait tuer tout de suite au début de la guerre.
Mon père aimait beaucoup cette vie de forteresse. Maman disait qu'ils sortaient -tout verts- après deux semaines enfermés dans la ligne où il y avait même des cercueils au cas où.
Quand il revenait à la maison, au camp de Bockange, c'était souvent à cheval (en fait il le faisait pour agacer gentiment ma mère qui avait très peur des chevaux, surtout lorsqu'elle voyait la tête de celui de mon père passer par la fenêtre de la cuisine pour réclamer du sel !). Mon frère n'avait que 5 ans et n'a donc pas beaucoup de souvenirs de cette époque, sauf celui de son cheval de bois qu'il avait appelé Fadette comme le vrai cheval de son papa.

Ordonnances

Mon père avait deux ordonnances (un pour lui, qui demeurait beaucoup à la maison, et l'autre qui s'occupait du cheval et restait à la caserne).
A l'époque les ordonnances (qui, pour des raisons économiques, ont été supprimés après la guerre, sauf pour les officiers généraux) étaient indispensables car un officier en uniforme n'avait par exemple pas le droit de porter de paquets dans la rue. Un officier ne pouvait donner le bras à son épouse que si elle était enceinte etc. La réglementation en ce domaine était très contraignante. Ceci étant la présence d'ordonnances arrangeait bien les officiers célibataires qui, entre autres, leur faisaient entretenir leur linge.
Les ordonnances affectés à un officier marié étaient implicitement affectés à sa famille puisqu'ils se rendaient presque quotidiennement au domicile de l'officier ! Le problème était que certaines femmes d'officier abusaient un peu de ces soldats pour leur faire faire un peu n'importe quoi (en tout bien tout honneur, bien sûr, du moins je l'espère). Ayant terminé leur service militaire ces ordonnances -refilaient- aux nouveaux arrivés les adresses des bonnes maisons où l'on était traité convenablement et ma mère avait toujours plein de candidats au détriment d'autres femmes d'officiers.
Chez mes parents, l'ordonnance arrivait le matin ; ma mère lui faisait un bon petit déjeuner (il mangeait, soupait et couchait à la caserne) puis il faisait un peu de ménage, les parquets, gardait quelquefois mon frère et jouait avec lui etc. Parmi ceux qui se sont succédés à Bockange certains aimaient s'occuper du jardin qui entourait la maison et élevaient quelques poules (beaucoup venaient de la campagne). L'ordonnance s'occupait certainement aussi des affaires de mon père bien que celui-ci préférât par exemple cirer lui-même ses bottes et faire son repassage ! Je pense aussi qu'il lui demandait de s'occuper de problèmes plus -militaires- que ma mère ignorait.
Transport aux écoles

Transport aux écoles

Les camps, et les cités pour les familles de militaires, sont souvent isolés de tout. Comment prendre en charge les déplacements des femmes et enfants qui sont des civils ? Gros problème !

25 avril 1933

Le 25 avril 1933, sous le n° 3557 I/II, l'État Major de l'organisation et de la mobilisation de l'armée édicte la note suivante :

Transport des enfants à l'école. Camp de Bitche, Drackenbronn, etc. (RF de la Lauter)
La question soulevée par le général commandant la 20e Région, de la mise à la disposition des familles du camp de Bitche de moyens automobile gratuits pour le transport des enfants à l'école est identique à celle qui se pose [ailleurs]. Étant donné le nombre des familles en résidence au camp de Bitche, l'EM de l'Armés (1er Bureau) donne un avis favorable au remplacement du break par un autocar, au maintien de la gratuité de ce service et à l'imputation des dépenses d'essence et ingrédients sur les crédits de transports généraux du camp.
La question d'utilisation du même autocar pour les familles des cadres du camp de Bitche, pour des motifs autres que l'instruction des enfants mérite d'être prise en considération étant donné l'incommodité et la cherté signalée des moyens de transports civils et le nombre des intéressés.

Suit une analyse d'hypothèses par transports militaires payants et une analyse des risques d'accidents que l'armée ne peut pas prendre en charge. Puis le document se termine par une proposition.

Si une convention pouvait être passée avec une société d'autobus locale, en vue de l'établissement d'un service régulier à des tarifs acceptables on pourrait envisager une participation forfaitaire du Département de la Guerre pour le transport des enfants de manière à maintenir pour ceux-ci le bénéfice de la gratuité. L'EM de l'Armée donne la préférence à cette solution, qui est davantage dans l'esprit des mesures prises pour réorganiser les transports de garnison en évitant à l'armée toutes les mobilisations de personnel et de matériel sans rapport avec l'instruction.
Signé : Le général Chef de l'EM général de l'Armée (Doumene ). Le lieutenant-colonel chef du 1er Bureau (Doyen)

18 septembre 1935

Nous n'avons pas résisté à l'envie de vous faire lire un document émanant du Ministère de la Guerre, 29 mois plus tard, en direction de toutes les Régions. Goûtez-en toute la saveur puis on se retrouve en fin d'article.

Secrétariat Général Section Administration N°022190/AD du 18-9-1935
Transport aux écoles par véhicules automobiles des enfants des officiers et Sous-officiers des régions fortifiées.
La création des camps dans les RF où sont appelées à séjourner les familles des militaires de carrière, a posé la question du transport aux écoles, par véhicules automobiles, des enfants des officiers et sous-officiers. L'urgence de cette question s'impose en raison de la rentrée scolaire. J'ai, en conséquence, l'honneur de vous prier de vouloir bien prescrire l'étude immédiate de l'organisation à titre provisoire, de transports par moyens militaires, dans tous les cas où cette organisation s'impose, en raison, soit des distances à parcourir par les enfants, soit de l'absence de tous services réguliers de transports locaux.
Je vous donne délégation pour l'approbation des programmes et horaires des transports à établir, dans le plus strict esprit d'économie, par les généraux commandant les RF.
Les transports par moyens militaires seront effectués gratuitement, mais cette disposition pourra n'être que provisoire. Il est indispensable, en effet, de connaître l'importance des charges à imposer, le cas échéant, au budget de la Guerre, avant de décider qu'aucune redevance ne sera demandée aux intéressés. La question de l'assurance des enfants contre les accidents fera l'objet d'instructions ultérieures [etc.]
Le service étant ainsi organisé, il conviendra d'examiner sans délai si, dans certains cas, il ne serait pas plus avantageux de passer des contrats avec certaines entreprises civiles assurant déjà un service régulier. Signé Jean Fabry

Vous aurez certainement remarqué qu'en 29 mois le problème des transports n'avait pas évolué d'un pouce malgré l'encre usée et le temps passé à réécrire dans un bureau ce qui avait déjà été écrit dans un autres (car nous ne vous avons présenté que deux documents sur ce sujet, les autres étant identiques). Voudra-t-on (ou pourra-t-on), un jour, réformer l'Administration et son art de tourner en rond ? (R. Cima)

162e RIF
Officiers du 162e RIF

Officiers du 162e RIF

Officiers du 162e RIF

Photo des officiers du 162e RIF à Bockange (1937-1938)

photos/162rif_robin.jpgphotos/162rif_robin_clair.jpg

Clic : afficher / effacer le nom des officiers

Cdt du Crest de Villeneuve, Cne Baggio, Cne Boullet, Cne Dudezert, Cne Goujat, Cne Guichart, Cne Lendi, Cne Robin, Lt André, Lt Arrault, Lt Aubry, Lt Médecin Boisbourdin, Lt Cabaribère, Lt Chézelles, Lt Defosse, Lt Egal, Lt Lambert, Lt Loubry, Lt Ramaud, Lt Roussel, S/Lt Antoine, S/Lt Jaulery, S/Lt Marget.

Le Lieutenant Cabaribère est mort au champ d'honneur.

Capitaine Robin

Capitaine Robin (162e RIF)

photos/robin1_162rif_robin.jpg Jean Robin au 162e RIF.

Etat civil

Jean, René Robin. Né à Saignes (Cantal), le 11 août 1902. Fils d'Alexandre Robin, Adjudant-Chef de Gendarmerie, et de Mathilde Meilhoc. Décédé à Clermont Ferrand le 15 avril 1967.

Marié le 19 avril 1932 à Vebret (Cantal) à Jeanne Boutarel (Bourges 1908 - Grenoble 1991). 2 enfants, mon frère (1934) et moi-même (1948).

Carrière

Mon père est engagé volontaire, pour 4 ans, à la mairie du Puy, le 22.11.1921 dans l'infanterie, au titre du 141e RI. Sorti de Saint-Maixent, promotion 1928-1929.

Muté au Maroc à l'époque du Maréchal Lyautey, il tombe malade et doit rentrer en France. Il est alors affecté, comme lieutenant, au 92e d'Infanterie de Clermont Ferrand, au moment de son mariage. Puis il est muté au 2e bataillon du 162e RIF, sur la ligne Maginot. Promu au grande de capitaine le 25.03.37 (décret du 22.03.37 paru au J.O. du 25.03.37), en juillet 1939 il commandait la 2ème Cie d'Engins et de Fusiliers Voltigeurs.

Fait prisonnier par les allemands le 20 juin 1940, il est envoyé à l'OFLAG VI A, en Westphalie, et est libéré par les américains le 18 avril 1945.

Muté un temps à Orléans, puis définitivement à Rennes, il est Commandant puis Lieutenant-colonel à la direction du Recrutement.

Il prend sa retraite avec le grade de Colonel en 1962.

Décorations :
► Médaille coloniale avec agrafe "Maroc 1925"
► Chevalier de la légion d'honneur.
► Médaille commémorative française de la guerre 39-45
► Croix de Guerre et du Combattant 1939-1945
► Officier de la Légion d’Honneur.

Remarques

Mon père parlait très peu de sa vie militaire. La captivité l'avait beaucoup affecté et je n'ai personnellement pas beaucoup connu l'homme du Maroc ou de la Ligne Maginot. Je pense qu'il ne comprenait pas pourquoi la Ligne n'avait pas été faite jusqu'à la Manche, car il savait très bien que la Ligne était imprenable ; la preuve, les «fritz» ne sont pas passés par là (SF Boulay) ! Mais, comme tout officier respectueux des décisions politiques, il ne disait mot. Je crois qu'il n'en pensait pas moins !

Avant-guerre, mon père a eu des déboires avec le vieux général Lebleu, qui avait quelques «problèmes» de santé et qui a été finalement muté à Vannes. Ce dernier demandait à ses officiers de faire exécuter des manœuvres qui mettaient gravement en danger la vie des soldats (il avait le syndrome des tranchées de la guerre de 14-18) et un jour mon père a refusé d'obéir. Quand la guerre a éclaté, le blâme qu'il avait reçu (à cause de l'affaire du Général) a été effacé par une citation dans la mesure où, avant d'être pris par les allemands (il a raté le dernier train de Dijon), il a enterré et détruit tout son matériel militaire.

Pour en savoir plus...
Etc.

Pour en savoir plus...

Etc.

Nos autres documents connexes

.
.
Kiosque

Espace détente

Kiosque

.
.
.
.
.
.