Introduction

Le premier ouvrage fortifié, de la future Ligne Maginot, est mis en chantier face à l'Italie, en 1929, à Rimplas (département des Alpes Maritimes). Par cet acte, à caractère militaire, la France répond alors à certaines provocations émanant d'un fascisme grandissant.

Ce document retrace cet avènement du fascisme qui inquiètera la France de l'entre deux guerres.

1919 : La victoire mutilée

Bien que l'Italie fasse partie des quatre grandes puissances victorieuses, ses anciens alliés ne respectent pas le traité de Londres et mutilent ainsi la victoire italienne

Le traité de Londres n'est plus d'actualité

L'Italie fait partie des quatre grandes puissances victorieuses : France, Grande-Bretagne, Italie et USA (En 1917 les USA sont entrés dans le conflit et la Russie s'en est retirée, suite à la révolution soviétique).

Le 8 janvier 1918 le président des USA, Wilson, avait établi un programme appelé "message des quatorze points", base de réorganisation politique et économique du monde. Le "principe des nationalités" y prévoyait que les nouvelles frontières seraient tracées suivant des lignes clairement reconnaissables entre les nationalités. L'existence de ces "lignes" n'était, bien évidemment, que pure utopie mais la base d'accord proposée par Wilson avait été acceptée par tous les belligérants et c'est en s'y appuyant que fut créée, entre autres, la Yougoslavie.

Afin d'établir un état de paix solide et durable, la Conférence de la Paix se réunit à Versailles à partir du 18 janvier 1919. Bien que 32 états y soient représentés les quatre grandes puissances victorieuses s'arrogent le privilège de tout y régenter.

Le chef du gouvernement italien, Orlando, demande donc à ce que le traité de Londres soit appliqué et que soit rajouté aux clauses du traité l'annexion du port de Fiume, peuplé en majorité d'italiens.

Il obtient le Trentin et le Tyrol jusqu'au col du Brenner, bien que cette dernière région soit de langue allemande, mais à propos de la côte Adriatique et de Fiume il essuie un refus catégorique de la part des alliés. Ces derniers s'appuyant sur les "14 points de Wilson" affectent la côte à la nouvelle Yougoslavie et, considérant que Fiume constituait un débouché "naturel" de la Yougoslavie refusent de satisfaire la revendication italienne. Dans toute l'Italie les nationalistes manifestent à propos de la "victoire mutilée".

Débuts du mouvement fasciste

En janvier 1919 la donne politique italienne change très vite : don Luigi Sturzo (prêtre sicilien) fonde un nouveau parti démocrate chrétien (Parti Populaire Italien) qui fait concurrence aux idées socialistes et prospère à grande vitesse ; les anciens combattants créent un peu partout des associations d'arditi sans rapport avec Mussolini ; l'homme fort de l'idéologie nationaliste est le poète et ancien combattant d'Annunzio, héros national.

Aussi l'audience de Mussolini est-elle extrêmement réduite dans la population, bien que dans son journal il parle "d'humiliation" et réclame l'annexion de Fiume et de la Dalmatie. Le 23 mars, entouré d'une centaine de personnes il crée à Milan le premier "fascio italiano di combatimento" (Faisceau italien de combat). Ce nouveau mouvement est hétérogène, d'ailleurs Mussolini le proclame avec fierté :

Nous nous permettons le luxe d'être aristocrates et démocrates, d'être conservateurs et progressistes, d'être révolutionnaires et conservateurs, d'être légalistes et illégaux à la fois, suivant les circonstances, le temps et le lieu où nous sommes contraints d'agir.

Dès sa création ses membres adoptent la chemise noire comme uniforme.

Les socialistes sont, semble-t-il, parmi les premiers à donner une (peut-être trop grande) importance à ce nouveau mouvement dont l'impact est alors très modeste et, indirectement, le médiatisent rapidement. En effet, le 15 avril 1919 ils se dirigent en force (20000 personne) vers son siège qui est aussi celui du journal "il Popolo d'Italia" dans le but proclamé d'y mettre le feu et de pendre Mussolini. Quelques fascistes, armés, foncent sur le cortège et le dispersent. Puis, en représailles, ils vont mettre le feu au siège du journal socialiste "Avanti". La police n'intervient pas. La manière forte, même avec peu d'individus, vient de montrer son efficacité.

Le gouvernement Orlando est renversé

Les lendemains de la victoire présentent, sur le plan économique, une Italie fortement affaiblie par la guerre. Sa marine marchande, par exemple, a perdu 60% de sa capacité et le manque de matières premières, importées essentiellement par voie maritime, favorise la concurrence étrangère. La reconversion de l'industrie de guerre en industrie civile coûte très cher or l'Italie a déjà une dette extérieure si importante que ses recettes ne couvrent qu'entre la moitié et le tiers de ses dépenses, le reste étant dépendant des crédits franco-anglo-américains.

Est-ce par nécessité économique ou pour contraindre l'Italie à demander peu de compensations territoriales ? Toujours est-il qu'en mars 1919 les crédits étrangers sont supprimés. C'est alors le début d'une longue récession qui touche toutes les classes sociales. Même l'industrie lourde, principale bénéficiaire de la guerre et qui a donné entre autres deux géants (l'Ilva et l'Ansaldo) internationaux, n'est pas épargnée. Bien sûr les premiers à pâtir de l'inflation monétaire sont les ouvriers. Leurs syndicats demandent des augmentations qui leur sont refusées et c'est une suite de grèves qui ne font que s'amplifier.

Le 23 avril 1919, alors que la Conférence de la Paix n'a pas encore officiellement statué, le président Wilson court-circuite la diplomatie et s'adresse directement au peuple italien pour lui démontrer que ses exigences sur Fiume sont non fondées. L'opinion publique italienne s'en indigne et, en signe de protestation, Orlando quitte la Conférence. Clemenceau, pour la France, et Lloyd George, pour la Grande-Bretagne, continuent alors à se partager les dépouilles des pays vaincus et proposent même, les Italiens étant partis, de considérer comme caduque le traité de Londres ! Alors, par exemple, la région d'Adalia et de Smyrne, de l'ancien empire turc, revendiquée par les Italiens est donnée à la Grèce ; les Italiens ne reçoivent aucun mandat en Asie Mineure et sont aussi exclus du partage des anciennes colonies allemandes d'Afrique !

Le 6 mai, à Rome, au Capitole, d'Annunzio fait un discours enflammé à propos des villes adriatiques qui devraient revenir à l'Italie. Il déploie des drapeaux, fait sonner le tocsin et suscite un grand émoi dans la population qui l'écoute. Le lendemain Orlando revient s'asseoir à la table des négociations de la Conférence de la Paix mais ne peut récupérer que des miettes de ce qui, d'après le traité de Londres, aurait du revenir à l'Italie. Le 17 mai il fait alors occuper la région de Smyrne et réclame un mandat sur toute l'Asie Mineure si ses revendications adriatiques ne sont pas satisfaites. Les discussions s'enlisent, des rixes éclatent à Fiume (temporairement occupée par une force interalliée) entre la garnison française et des civils italiens et, le 19 juin, le gouvernement Orlando, coupable d'avoir mal défendu la cause de son pays, est renversé.

Le gouvernement Nitti a du mal à gérer la crise

Les grèves se succèdent pour des motifs divers. Dans les campagnes, derrière le PSI ou le PPI des "ligues agraires" se constituent et occupent les terres incultes ou mal cultivées. En juillet deux d'entre elles effraient fortement la bourgeoisie car elles ont pour but de protester contre les interventions alliées dans la guerre civile qui sévit en Russie entre russes blancs et russes rouges. A Fiume de nouvelles rixes contre la garnison française se traduisent par le départ du régiment italien le 24 août.

Le 10 septembre le traité de Saint Germain confirme la naissance de l'état yougoslave et déboute définitivement l'Italie de ses prétentions adriatiques. Le 12 d'Annunzio, à la tête d'une colonne motorisée mêlant militaires en activité et anciens combattants, se présente devant Fiume où la garnison le laisse entrer. Il proclame alors l'annexion de Fiume à l'Italie. La France, la Grande-Bretagne et les USA ne réagissent pas laissant alors le soin aux italiens et aux yougoslaves de solutionner le problème. Le 25, Mussolini écrit :

La révolution commencée à Fiume ne peut que se conclure à Rome.

Une fois encore on peut constater que les coups de force sont payants pour ceux qui les font. Nitti est dépassé par les événements et prononce la dissolution de la chambre des députés le 29 septembre.

Dans l'attente des élections Mussolini organise à Florence le 1er congrès fasciste au cours duquel il présente un programme aux revendications à la fois d'extrême gauche et d'extrême droite. Il demande ainsi que le suffrage universel soit étendu aux femmes, que la représentation se fasse à la proportionnelle, que le Sénat soit aboli, que le capital soit imposé, que soit créée une milice, que l'Italie entreprenne une politique étrangère expansionniste, etc.

A Fiume d'Annunzio organise un plébiscite au cours duquel les habitants votent à une large majorité pour leur rattachement à l'Italie et, de son côté, le PSI adhère à la IIIe Internationale et n'a plus qu'un seul objectif avoué : mettre en place la dictature du prolétariat par la multiplication des grèves dans tout le pays et par la lutte contre les fascistes, les nationalistes et les royalistes.

Lorsque le 16 novembre les Italiens élisent au suffrage universel et à la proportionnelle leur nouvelle chambre, sur les 508 sièges à pourvoir les socialistes (PSI) en obtiennent 156 et les populistes (PPI) 100, sortant ainsi tous deux grands vainqueurs des urnes. Le parti de Nitti n'en obtient que 37 et Mussolini aucun. Le lendemain matin une bombe éclate à Milan au milieu d'un cortège socialiste et ne fait heureusement que neuf blessés. Aussitôt la police va perquisitionner au siège du parti fasciste ce qui lui permet de récupérer de nombreuses armes dont des grenades. Mussolini est alors arrêté puis relâché le soir même.

Le 1er décembre, lors de la séance d'ouverture de la nouvelle Chambre, les députés du PSI crient "Vivent les Soviets ! Vive la République !" et quittent la salle. Ils n'ont pas été élus dans l'optique de prendre part à un autre gouvernement que le leur est refusent donc tout compromis. Aussi Nitti ne réussit-il à constituer un gouvernement d'alliance (fragile) qu'avec le PPI, le 21 décembre. L'année 1920 s'annonce difficile à vivre!

1920. Montée du fascisme

Plus le temps passe et plus l'agitation socialiste inquiète le patronat et les classes dirigeantes. Mussolini se proclame alors champion de la contre-révolution.

Mécontentement général

En janvier 1920 il y a plus de 2 millions de chômeurs et nombre d'entre eux sont d'anciens combattants qui n'ont pu retrouver de travail depuis leur démobilisation. Le mécontentement de 1919 est tout aussi vivace et les agitations sociales ne vont que s'amplifier au cours des mois suivants.

En avril un mouvement de grève démarré à Turin s'étend peu à peu à près de 500.000 ouvriers. Mussolini soutient les grévistes dont il qualifie l'action de "première grande révolution du peuple italien contre les exploiteurs". Mais, en même temps, dans son journal "il Popolo d'Italia", il précise que la crise subie par l'Italie est celle de la bourgeoisie et des classes dirigeantes mais que c'est aussi celle du socialisme et que la crise du socialisme est plus grave et plus tragique que les autres.

Le 12 avril, au cours de son 2eme congrès, à Naples, le PPI retire son appui au gouvernement Nitti dont les jours sont désormais comptés. Le 24 mai, à Rome, une manifestation en faveur de d'Annunzio tourne mal et fait cinq morts dont quatre policiers. Début juin Nitti décrète une augmente du prix du pain. Mais devant l'opposition de nombreux députés il fait machine arrière et démissionne le 9 juin. L'Italie devient de plus en plus ingouvernable et Giovanni Giolitti, qui le remplace, ne réussit a former un ministère que sur un programme qui, entre autres, prévoyait l'établissement d'un véritable régime parlementaire et la confiscation des profits de guerre.

Les ouvriers prennent en main les usines

Le nouveau chef du gouvernement est immédiatement confronté à une série de grèves et emploie l'armée pour y mettre fin entre autre à Milan et Piombino. Le 26 juin le 11e régiment de bersaglieri, à Ancône, se mutine et refuse d'obéir à ses officiers, mais le calme revient rapidement dans la caserne. Début août les négociations sociales en vue d'adapter les salaires au coût de la vie, que l'inflation fait grimper à vitesse vertigineuse, sont rompues par le patronat et la grève générale éclate le 19 août. Mussolini assure les ouvriers en grève de son attention sympathique à condition toutefois que le mouvement ne dégénère pas en violence contre les hommes ou contre les machines.

Le 28, les établissements Romeo de Milan tentent de faire occuper leurs usines par la police. La réaction des ouvriers à Milan et Gènes est immédiate : ils occupent près de 500 usines et élisent des "conseils d'entreprises" qui se substituent aux patrons. Ces "conseils" se veulent être le prélude à la destruction du capitalisme et de la propriété privée aussi Giolitti s'inquiète-t-il mais reste calme et par précaution fait procéder au retrait des troupes italiennes d'Albanie afin de renforcer celles du territoire. Puis, discrètement, il fait occuper les villes industrielles sans déloger les ouvriers. Dans le même temps il engage des négociations avec les syndicats. La CGT calme le jeu et ne suit pas les ouvriers que veulent transformer les occupations d'usines en insurrection générale, par contre elle négocie la reconnaissance du principe du contrôle ouvrier sur les entreprises. Dans son journal Mussolini s'indigne alors à propos de la lenteur des négociations :

Peu importe que les usines appartiennent aux patrons ou aux ouvriers pourvu que l'on travaille!

Le 27 août d'Annunzio donne une Constitution révolutionnaire à Fiume. Les statuts sont totalitaires et conviennent à Mussolini qui écrit le 11 septembre :

Ces statuts sont "vivants" et ne sont pas seulement pour Fiume mais pour toute l'Italie !

Le 21 septembre, à Rome, salariés, patronat et gouvernement tombent enfin d'accord sur un projet de loi favorable au "contrôle ouvrier" des usines. Le 4 octobre le travail reprend alors partout et le projet de loi tombera vite dans les oubliettes à la grande satisfaction des classes dirigeantes et du patronat qui a cru tout perdre en peu de temps.

Montée en puissance du fascisme

Les mouvements sociaux s'étant momentanément calmés, Mussolini se déclare franchement contre-révolutionnaire et appelle tous les hommes d'ordre à se rassembler autour de lui, contre le bolchevisme et l'anarchie.

Dès cette prise de position nette, le fascisme devient puissant en hommes, las des socialistes qui désorganisent le pays tout en s'en prenant aux anciens combattants rendus responsables de la guerre et de ses suites économiques catastrophiques. Il devient puissant en argent, fourni par les grands industriels encore sous le choc des soulèvements ouvriers à peine calmés. Enfin il devient puissant par les armes que lui fournit le ministère de la guerre pour équiper sa milice, les "squadri", auxiliaires de la police face aux éventuelles futures agitations socialistes.

A cette époque les fascistes ne représentent pas encore une force considérable. Cependant, vêtus de leur chemise noire, ils organisent alors des expéditions punitives où la terreur bolchevique est combattue par la terreur fasciste. Les adversaires sont roués de coups et purgés à l'huile de ricin. Lorsque Italo Balbo, chef du "fascio" de Ferrara, réprime violemment une grève d'ouvriers agricoles, lorsque le 14 octobre, à Trieste, les fascistes incendient les bureaux du Journal socialiste "Il Lavatoro", la police n'intervient pas car Giolitti pense encore pouvoir contrôler les "squadri", mais il est déjà trop tard ! Comme à Trieste, la Chambre du Travail de Bologne est investie le 4 novembre et les coups de force ne font que commencer !

Le 12 novembre l'Italie signe avec la Yougoslavie le traité de Rappallo par lequel elle obtient définitivement toute la Vénétie et l'Istrie, les îles de Cherso, Lussin, Lagosta et Pelagosa ainsi que l'enclave de Zara. En contrepartie Fiume est reconnue comme état indépendant. Cependant ce traité, favorable aux italiens, mécontente les nationalistes dont d'Annunzio qui, en représailles, fait occuper quelques îles yougoslaves des alentours de Fiume,

Avec ou sans rapport avec l'affaire de Fiume, l'avocat nationaliste Giordani, mutilé de guerre et conseiller municipal de Bologne, est alors assassiné. Alors, dans toute l'Italie, les affrontements entre fascistes et socialistes redoublent de violence. Le 21 novembre, lorsque la nouvelle municipalité socialiste de Bologne se présente à la foule, sur le balcon de la mairie, les "squadriti" ouvrent le feu faisant 10 tués. Ils renouvellent leur action le 10 décembre à Ferrara. Alors les fascistes s'attaquent à toutes les coopératives et à tous les sièges locaux du parti socialiste sans que la police n'intervienne. Le 15 décembre des ouvriers tentent d'assassiner Dino Grandi, vétéran de la guerre, sous prétexte qu'il ose porter une décoration militaire. Le lendemain Grandi s'inscrit au faisceau de Bologne, avec Balbo il deviendra l'un des chefs du fascisme.

Décembre 1920. Pour mettre un terme à l'équipée de Fiume, qui envenime la politique intérieure et les relations extérieures de l'Italie, Giolitti laisse le soin au général Caviglia, vainqueur de Vittorio Veneto, d'organiser une expédition sur la ville rebelle. Devant l'armée italienne d'Annunzio refuse de se soumettre et l'attaque débute le 25 décembre. Le 31 décembre d'Annunzio capitule après quatre jours de combats plus ou moins symboliques mais qui auront tout de même coûté la vie à 54 personnes. Les nationalistes s'indignent et parlent du "Noël de sang". C'est la fin de la vie politique de d'Annunzio. Mussolini lui rend honneur puis utilisera à son profit sa gloire, son nom, sa tenue symbolisée par une chemise noire et son cri de guerre. d'Annunzio, jusqu'à son décès en 1938, ne le lui pardonnera jamais.

Fin 1920, le fascisme est devenu une grande force de persuasion. Il lui reste à devenir une force politique légale.

1921 : Le fascisme devient un parti politique

Après s'en être pris aux villes, le mouvement fasciste s'en prend aux campagnes. Socialistes et gouvernements en place ne peuvent pas arrêter son ascension croissante.

Le 15 janvier 1921, au congrès du parti socialiste, modérés et extrémistes se disputent à propos de la ligne de conduite à tenir : suivre celle dictée par Moscou ou pas ? Et le congrès se termine par la scission entre socialistes (PSI) et communistes (PCI), ce qui affaiblit le socialisme dans l'opinion publique. Comme, de plus, dans plusieurs villes, les marxistes s'attaquent aux églises et aux effigies de la famille royale, comme dans les rues ils rouent de coups quelques curés et militaires, par contrecoup, le mouvement fasciste se renforce.

Ce dernier, essentiellement urbain, s'étend alors aux campagnes où les appellent les grands propriétaires fonciers qui s'inquiètent de l'ampleur prise par le syndicalisme paysan dont les "ligues agraires" s'approprient de plus en plus de droits relatifs à la culture des terres.

La terreur fasciste s'abat alors sur les campagnes où les travailleurs agricoles, dispersés, sont pratiquement sans défense. Quelques camions remplis de fascistes font irruption dans un village, les chemises noires saccagent tout ce qui ressemble à un local syndical ou tente de leur résister, puis repartent. Le raid n'a duré que quelques heures et les autorités, éventuellement bienveillantes, n'ont pas eu le temps d'intervenir. La méthode semble globalement profitable aux intérêts fascistes puisque février voit la création du millième "fascio" !

Le 23 mars, à Milan, au théâtre Diana, une bombe explose faisant 18 morts. Le même jour, peut-être sans rapport avec l'explosion, Mussolini écrit dans "Il popolo d'Italia" :

Dans quelques mois, l'Italie entière sera en notre pouvoir

Et le 3 avril, au cours de la première "fête fasciste", à Bologne, Mussolini justifie l'action plus que musclée des "squadri" par un discours sans équivoque :

Nous devons agir ainsi, précédés d'une colonne de feu [etc.] Il est évident que nous, pour imposer nos idées aux cerveaux, nous devons, au son des bastonnades, toucher les crânes réfractaires.

Les fascistes créent des syndicats de travailleurs agricoles Pour enrôler les masses rurales, ce qui n'est pas évident vu les actions menées contre elles, en avril, à Ferrara, Italo Balbo et Dino Grandi fondent le premier syndicat fasciste de travailleurs agricoles. Puis, par démagogie, fascistes et grands propriétaires terriens concrétisent une phrase écrite le 23 mars par Mussolini (l'unique révolution possible en Italie est la révolution agraire qui doit donner la terre à qui la travaillent) et quelques mauvaises terres sont alors distribuées à des cultivateurs. La propagande de Mussolini peut alors faire valoir, à peu de frais, que les socialistes promettent et que les fascistes réalisent.

Tentatives d'oppositions au fascisme

En avril d'Annunzio qui critique les méthodes fascistes et, après l'équipée de Fiume, n'apprécie plus du tout Mussolini, essaie de créer un "parti du travail" associant le PPI et les socialistes modérés. Les socialistes refusent et la tentative échoue.

Plus rien ne semble arrêter les fascistes et, mieux, le ministère Giolitti, indirectement et non intentionnellement, favorisera même leur entrée au Parlement. Profitant d'une conjoncture mondiale favorable, traduite par une baisse des tarifs des produits de base, Giolitti avait réussi à réduire le déficit chronique italien. Début avril, pour accélérer encore les rentrées d'argent, il pense agir contre une certaine fraude fiscale en décrétant les actions boursières "nominatives". Mais cette contrainte ôte au Vatican la possibilité d'acquérir des actions et le gouvernement perd aussitôt le soutien des catholiques du PPI. Il est mis en minorité et le 7 avril Giolitti dissout l'Assemblée.

Le 15 mai les élections législatives permettent l'entrée au Parlement de 35 députés fascistes dont Mussolini, Balbo et Grandi, Le PPI gagne 7 sièges, les socialistes et communistes en perdent en tout 18 ce qui permet à Mussolini, dans son premier discours au Parlement, d'affirmer que le socialisme n'a plus aucune chance de s'imposer.

Le 21 juin, toujours au Parlement, Mussolini, farouchement athée, fait un grand pas intéressé en direction des catholiques :

La seule idée universelle existant aujourd'hui à Rome émane du Vatican. Si le Vatican renonce à ses rêves temporels "je crois qu'actuellement il est en voie de le faire", l'Italie, le gouvernement laïc de l'Italie, doit fournir au Vatican l'aide matérielle pour les écoles, les églises, les hôpitaux et les autres établissements dont dispose le pouvoir laïc. Je dis ceci parce que le développement du catholicisme dans le monde fait que toutes les parties du monde tournent leurs regards vers Rome ce qui est un motif de fierté pour nous Italiens.

Lors des élections les giolittiens n'ont obtenu que 80 sièges aussi le 23 juin Giolitti démissionne-t-il. Puis il tente de reconstituer un nouveau gouvernement et abandonne le 27 juin. Le 4 juillet Ivanoè Bonomi (ex-socialiste expulsé du PSI en 1912 pour son attitude modérée) lui succède et rassemble une majorité qui n'exclut que les fascistes, les communistes et les socialistes. Alors commence une période d'inquiétudes diverses pour Mussolini. Le 6 juillet apparaîssent à Rome des "arditi del Popolo" organisés par les socialistes et les communistes, sur le modèle des "squadri", C'est l'équivalent d'une guerre de gangs qui commence. Puis le 21 juillet, à Sarzana, pour la première fois la police tire sur les "squadriti" tuant 20 fascistes. Le 3 août, sous la pression de ses bailleurs de fonds qui commençaient à être inquiets à cause de l'atmosphère de violence nuisible à l'économie du pays Mussolini et le PSI signent le "pacte de la paix" pour que cessent les agressions violentes, mais l'aile dure du fascisme, Balbo et Grandi en tête, refuse d'appliquer cet accord. Ils organisent même une marche sur Ravenne pour venger leurs morts de Sarzana et tous les lieux socialistes de la ville sont saccagés.

Le fascisme devient un parti politique

En novembre la Société Des Nations autorise l'Italie à "protéger" l'Albanie.

Au deuxième congrès fasciste de Rome (7-11 novembre), devant l'insistance des extrémistes du mouvement, Mussolini accepte de mettre fin au "pacte de paix", sous prétexte que les socialistes avaient conservé un discours révolutionnaire et que les communistes étaient trop sectaires. Puis est officiellement créé le PNF (Parti National Fasciste) qui se substitue au mouvement des "Fasci di Combattimento". Mussolini est maintenant le Duce du parti.

Au cours de ce même congrès est créé le syndicat "Union Ouvrière du Travail" dirigé par Balbo et Grandi. Mussolini déclare alors que le PNF est prêt à se substituer à l'Etat chaque fois que celui-ci se montrera incapable de défendre les intérêts, spécialement idéaux, du peuple italien, et incapable de combattre les causes de désagrégation de la nation.

L'année 1921 se termine par la publication, le 27, du programme du nouveau PNF : politique extérieure impérialiste, économie libérale, régime monarchique sauf si cette dernière ne se montrait pas à la hauteur dans la défense des idéaux italiens.

1922. Prise légale du pouvoir

Les partis au pouvoir ne savent faire face à un fascisme de plus en plus violent. En octobre le roi est amené à proposer à Mussolini de constituer un gouvernement.

Les Chemises noires s'emparent des villes italiennes

A cours de l'année 1921, ce sont entre autres plus de 700 sièges du PSI qui ont été saccagés par les fascistes. Pourtant, lorsque le 4 janvier 1922, à la conférence interalliés à Cannes, Mussolini rencontre LLoyd George (Premier ministre de la Grande-Bretagne) et Aristide Briand (Président du Conseil français pour 8 jours encore) tout le monde semble sympathiser avec le Duce,

Le 22 janvier le pape Benoît XV décède. Quelques jours plus tard il est remplacé par Pie XI, archevêque de Milan qui, en signe de bienveillance vis-à-vis du fascisme, avait béni les bannières des Chemises noires.

Pour que le PNF montre qu'il fait un pas significatif en direction des nationalistes et de la bourgeoisie, inquiétés un temps par l'imprécision de la doctrine fasciste, le 25 janvier Mussolini fait paraître la nouvelle revue "Gerarchia" (hiérarchie) à laquelle collabore le philosophe libéral Benedetto Croce. L'objet de cette publication est de montrer que le fascisme est inscrit de longue date dans l'histoire et plonge ses racines dans le passé national italien. Puis il crée la Confédération Nationale des Corporations Syndicales, organisation qui regroupe en son sein patrons et salariés de chaque corporation. Ce regroupement qui, par essence, condamne la lutte des classes, fait barrage au syndicalisme traditionnel rassurant les capitalistes mais pas certains parlementaires. Et le 2 février le gouvernement Bonomi est renversé pour ne pas avoir réussi à dissoudre les formations paramilitaires qui fleurissaient dans toute l'Italie, ainsi que pour avoir trempé dans un imbroglio financier. Giolliti, contré par le PPI, n'arrive pas à former un nouveau gouvernement mais un de ses proches, Luigi Facta, réussit péniblement à en constituer un avec les libéraux.

Une conférence internationale, réunie à Gènes à propos des "réparations" que l'Allemagne doit aux pays vainqueurs de la guerre, détend momentanément l'atmosphère en politique intérieure italienne. Mais, la conférence terminée, les socialistes organisent de nouveaux mouvements de grève qui donnent aux fascistes l'occasion de se manifester avec violence. Le 12 mai Balbo lance 40.000 Chemises noires sur Ferrara dans le but de faire obtenir du travail à quelques chômeurs et de libérer un fasciste emprisonné. Comme le préfet lui donne presque immédiatement satisfaction Balbo dirige alors ses hommes sur Rovigo puis le 30 mai sur Bologna. Là le préfet ne cède pas au chantage et Mussolini, en modérateur, ordonne et obtient le départ des fascistes.

Mais l'accalmie n'est que de courte durée et en juillet les "marches" recommencent. Les Chemises noires entrent dans Andria le 3, dans Viterbo le 12, dans Crémona le 13, dans Alatri le 14, dans Tolento, Novare et Ancona le 17, dans Magenta le 24, et enfin dans Ravenna, Rimini, Piave et Bielle le 26. Partout les sièges des partis de gauche et leurs journaux sont mis à sac et à Cremona Roberto Farinacci, le chef du "fascio" local, fait, en même temps, saccager les appartements de deux parlementaires, l'un du PSI (Gariboti) et l'autre du PPI (Miglioli).

Suite à cette montée de violence que le gouvernement ne semble plus pouvoir (ou pas vouloir) enrayer, le 19 juillet Facta est renversé. Certains socialistes sont alors reçus par le roi et lui proposent de soutenir un gouvernement réellement antifasciste. Mais ils ne sont pas suivis par la direction dure du PSI, ce qui divise un peu plus la gauche italienne et, par contrecoup, renforce la puissance du parti de Mussolini.

Le 25 juillet, en pleine crise ministérielle, les syndicats non fascistes "Alliance du Travail" décident d'organiser une grève générale dans toute l'Italie, le premier août, afin de protester contre la violence fasciste. Mussolini décrète immédiatement la mobilisation générale des Chemises noires et lance un ultimatum :

Si dans les 48h après le début de la grève, le gouvernement n'a pas réussi à la faire cesser, les fascistes s'en chargeront eux-mêmes directement.

Lorsque enfin Facta réussit à reconstituer un ministère, le premier août, il est donc immédiatement confronté au problème de cette grève "légaliste" que les Chemises noires ont promis de briser par la force.

Menaces et persuasions musclées de la part des fascistes envers les grévistes et fascistes non-grévistes qui maintiennent en activité les principaux services publics font que le 3 août "l'Alliance du Travail" prend acte de son échec et ordonne la fin de la grève. Profitant de ce recul, Mussolini clame alors que son parti est, à l'évidence, la seule force capable de sauver l'Italie du "péril bolchevique" et les fascistes poursuivent leurs violences une semaine durant contre les sièges des organisations socialistes et contre les municipalités de différentes villes telles que Livourne, Gènes, Ancona et Milan où le siège du journal "Avanti" est une nouvelle fois incendié.

Les fascistes essaient aussi de s'emparer de Forli et de Parme mais, là, les milices ouvrières se défendent avec acharnement durant cinq jours et les Chemises noires, après avoir eu 35 tués, sont finalement obligées de quitter la région.

Le 12 août Mussolini balance encore entre une prise de pouvoir "légale" et un coup d'État virtuellement commencé. A Rome le général Badoglio, rencontre Facta et lui propose de faire intervenir l'armée contre les fascistes et d'arrêter Mussolini. Facta hésite, Badoglio insiste en lui faisant remarquer que :

Même si une partie des officiers est favorable aux idées nationalistes de Mussolini l'armée est avant tout fidèle au roi et n'hésitera pas à marcher contre les fascistes s'ils tentent de renverser la royauté.

Mais Facta, par peur de représailles, s'oppose à toute intervention militaire.

La Marche sur Rome

Les socialistes sont divisés, le gouvernement se reconnaît impuissant, l'opinion publique n'a pas réagi, enfin l'opposant d'Annunzio est momentanément mis sur la touche le 16 août au cours d'une réception pendant laquelle, nul ne sait pourquoi, il tombe d'une fenêtre et se blesse. Face à Mussolini, que reste-t-il ?

Le 25 septembre à Milan, au cours d'une réunion du conseil national du parti fasciste, le Duce fait ainsi le point sur la situation :

Le fascisme gagne partout du terrain. Nos adversaires ne sont plus en état de s'opposer à nous. Les carabiniers sont très bien disposés à notre égard et l'armée sera d'une neutralité bienveillante. Facta ne fera pas tirer sur nous et les monarchistes sont rassurés par mes discours antisocialistes. Enfin les parlementaires n'ont plus qu'une idée en tête : être bien avec nous ! Les points sombres qui demeurent sont : la ville de Parma, le roi, d'Annunzio et l'indiscipline de certains fascistes. On pourra régler le sort de Parma assez facilement. Autour du roi il y a des éléments qui pourront agir sur lui en notre faveur et d'Annunzio, il est possible de le manoeuvrer. Il faut donc continuer à soumettre l'opinion et le pouvoir à une douche écossaise de menaces et de démentis rassurants.

Quant à l'indiscipline de certains fascistes, maintenant elle ne risque de devenir dangereuse qu'après la prise de pouvoir ! Mussolini rassure donc maintes fois les monarchistes en déclarant entre autres que "la couronne n'est pas un jeu, pourvu que la couronne ne veuille pas, elle, se mettre en jeu !".

Le ralliement d'une partie non négligeable de la noblesse (la reine mère affichait déjà sa sympathie pour le fascisme depuis longtemps) devient patent aux yeux du public lorsque le 28 septembre, à l'occasion d'une cérémonie à Merano, le duc d'Aoste, cousin du roi, passe en revue une formation de Chemises noires pendant que la musique militaire exécute l'hymne fasciste Giovinezza.

Le 18 octobre Balbo, de Bono et de Vecchi se rencontrent à Bordighera pour mettre au point l'ultime action qui doit les conduire au pouvoir : La marche sur Rome. La reine mère, Marguerite de Savoie, veuve du roi Humberto I, les invite à dîner et leur souhaite le succès pour leurs projets relatifs à la grandeur de la patrie. Le 23 octobre Mussolini rencontre à Rome l'ancien président du conseil, Salandra, et s'entretient avec lui de l'imminente démission de Facta, et du gouvernement suivant qui pourrait comporter quelques ministres fascistes. En fait, le 24 octobre, à Naples, au Congrès national du PNI, devant 40.000 Chemises noires, après avoir fait encore l'éloge de la monarchie et de l'armée, Mussolini abat ses cartes :

Nous n'entendons pas vendre notre admirable droit d'aînesse idéal pour un misérable plat de lentilles ministériel. Le problème se présente et s'impose comme un problème de force. Nous voulons devenir l'Etat. Ou ils nous donnent le pouvoir ou nous le prenons en tombant sur Rome !

Puis il s'en retourne à Milan attendre la suite des événements.

Le 26 octobre les proches de Mussolini, Cesare Maria de Vecchi et Costanzo Ciano, font savoir à Salandra que le Duce organise une action générale des Chemises Noires et que la "marche sur Rome" va commencer. Le 27 octobre 26.000 Chemises noires, protégées et ravitaillées par l'armée, se mettent en marche vers Rome. Les hommes sont répartis en trois colonnes : La première, commandée par Perrone Compagni et par le général Ceccherini, part de Civitavecchia ; La deuxième, commandée par Ulisse Igliori et par le général Fara, part de Monterotondo ; et la troisième, commandée par Giuseppe Bottai, part de Tivoli.

Le 28, à Rome Facta, qui dispose d'une garnison forte de 28.000 hommes, prévoit de résister et de faire arrêter les chefs fascistes. Mais, devant le refus du roi, il démissionne. Le souverain tente aussitôt de former un autre cabinet avec Salandra, n'y arrive pas, et se résout à accepter que Mussolini prenne la succession de Facta. Le 29 octobre au matin Mussolini, à Milan, est informé par de Vecchi de la décision royale. Il exige alors que la demande lui soit adressée officiellement par télégramme. Ce dernier lui parvient dans l'après-midi. Il est signé du général Cittadini et précise que Sa Magesté le roi lui demande de venir immédiatement à Rome pour que lui soit confiée la nouvelle formation d'un ministère.

Le 30 octobre le Duce arrive à Rome à 10h42. Une foule l'attend à sa descente du wagon-lit et l'acclame. Lorsqu'il se présente au château Quirinal, devant Victor Emmanuel III, il a changé sa tenue bourgeoise de voyage et lui dit :

Je demande pardon à Votre Magesté si je suis contraint de me présenter encore en chemise noire, signe de la bataille malheureusement sanglante qu'il a fallu livrer. Je porte à Votre Magesté l'Italie de Vittorio-Veneto et je suis le fidèle serviteur de Votre Magesté.

L'entretien dure 3/4 d'heure et, le soir, à 19h, le gouvernement est déjà constitué : Mussolini cumule les fonctions de président du Conseil et de ministre de l'Intérieur et des Affaires étrangères. Les fascistes tiennent la Justice, les Finances, les Provinces libérées ainsi que neuf sous-secrétariats d'Etat. Les autres ministères importants (Marine, Instruction, etc.) sont attribués à des militaires, des nationalistes, des populaires et des libéraux. Cette répartition modérée, dans laquelle aucun des grands chefs fascistes (Balbo, Bianchi, Grandi et de Bono) ne reçoit de portefeuille permet de rassurer l'opinion publique et de rallier nombre de hauts fonctionnaires. Seul le comte Carlo Sforza, ex-ministre des Affaires étrangères, démissionne et s'exile.

Le 31 octobre au matin Mussolini calme ses Chemises Noires qui piétinent aux portes de Rome depuis 3 jours. Pour leur donner l'illusion qu'elles ont remporté une grande victoire il fait organiser une parade devant le palais royal et le soir même, alors que la foule crie "Viva l'Italia ! Viva il Duce !", par trains spéciaux, il renvoie chaque "fascio" dans sa région d'origine.

Mussolini vient de recevoir légalement le pouvoir, il ne lui reste plus qu'à faire lentement glisser les institutions vers la dictature.

Fascio. Fascisme

Faisceau de licteur

Licteur romain avec son faisceau de verges entourant une hache (d'après Cesare Vecellio 1521-1601)

Dans la Rome antique les licteurs sont à la fois des sortes d'huissiers de justice et de gardes du corps. En effet, ils exécutent les décisions des magistrats et sont aussi chargés de protéger ces derniers. Leur attribut distinctif est le "facis" (verges et hache : tout un programme punitif).

Faisceau de la République française

La France n'a pas un emblème officiel mais un emblème officieux que l'on retrouve, entre autres, sur ses passeports. Au centre on peut y voir un "faisceau de licteur"

Sur le sceau (officiel celui-là) de France figure la République (Marianne) tenant un faisceau de licteur.

Faisceau : fascio/fasci (en italien)

Le faisceau, ce symbole de la force de la solidarité publique, se retrouve dans de nombreux pays (Grande-Bretagne, USA, etc.), sur des monuments et/ou des pièces de monnaie.

Au XIXe siècle c'est essentiellement un symbole de gauche qui, par extension, désigne un groupe d'individus forts car solidaires. Par exemple, en 1893, les paysans siciliens qui se soulevèrent contre leurs seigneurs, s'appellent les "fasci siciliani" ; en 1914, le groupe de nationalistes de gauche qui entraîne l'Italie dans la Première Guerre mondiale se fait appeler le "fascio rivoluzionario d'azione interventista" (Ligue révolutionnaire pour une action interventionniste).

Reprenant le mot et sa symbolique, en 1919, Mussolini crée les "fasci di combattimento" (Faisceaux de combat) et en 1921 il invente le terme de "fascisme" lié aux "fasci".

Fascisme

Suivant le modèle italien de Mussolini, le terme "fascisme" a pris un sens générique et désigne désormais un régime politique dont la doctrine est d'inspiration totalitaire et nationaliste, dans le but de créer un état fort (fascisme portugais, espagnol, allemand, etc.). Nous n'entrerons pas dans le débat qui oppose fascisme et nazisme car ce n'est pas l'objet de ce document.

Les Alliés ne respectent pas le traité de Londres.

Les fascistes emploient la méthode forte sans être contrés.

Parti politique.

Prise légale du pouvoir.

Fascisme.

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Ligne Maginot - Italie. Prise de pouvoir par les fascistes ; Document réalisé à partir d'éléments d'origines diverses dont, tout particulièrement, des commentaires de Paulette Jarrige (enseignante d'histoire) que nous remercions vivement. E-R Cima ©2003-2008

0_*; Fichiers locaux; 1_*; Introduction; 2_*; 1919. Victoire mutilée; 3_*; 1920. Montée du fascisme; 4_*; 1921. Fascisme politique; 5_*; 1922. Prise du pouvoir