../s3_ae.gif Ouvrage du Metrich. Camp d'Elzange. SF_Thionville. Ligne Maginot
Dossier réalisé à partir de documents de M. Jacques_Mercier et de Mme Nicole_ Le_Yaouanq que nous remercions vivement. E-R_Cima ©2008-2016.
Introduction

Introduction

Dans ce dossier, nous vous présentons des documents photos essentiellement de 1938-1940, relatifs à l'ouvrage fortifié du Metrich (ouvrage A17, SF_Thionville) et au camp d'Elzange, avec sa «cité des officiers».

A l'époque, j'entendais souvent parler de l'ouvrage de Métrich, de Cattenom et de ce rigolo d'Adolf Hitler qui n'avait pas intérêt à venir traîner ses guêtres par-là ! Mais je ne connais cette forteresse que par quelques photos» (Jacques_Mercier).


Le Metrich

Ouvrage fortifié du Metrich

x
x
Insigne du Metrich

Plan schématique du Metrich, l'un des plus gros ouvrages CORF de la Ligne Maginot (le troisième plus gros ouvrage, après le Hackenberg et le Hochwald).
Remarque : il a malheureusement été construit sur un banc d'anhydrite qui, au fil du temps, comprime et écrase ses galeries.

Armement d'infanterie :
4 JM sous béton
4 JM/AC37 sous béton
2 cloches lance-grenades
2 tourelles de mitrailleuses

Armement d'artillerie :
3 75/32 sous béton
2 81 sous béton
2 tourelles de 75mm modèle 33
1 tourelle de 135mm
1 tourelle de 81mm

Observatoires :
18 GFM
2 VDP


800 hommes d'équipage en 1940. Artillerie 151eRAP ; Infanterie 167eRIF ; Génie 203e bataillon.
-Commandant de l'ouvrage : chef de bataillon Lauga_.
-Major d'ouvrage : capitaine Jean-Marie_Mercier.
-Commandant de l'artillerie : commandant Rouquet_.
-Commandant de l'infanterie : capitaine de_Cordoue.
-Commandant du génie : lieutenant Le_L'Haffner_.


L'énergie est fournie par quatre groupes électrogènes à moteurs Diesel SGCM de 225CV.
Comme dans la plupart des ouvrages, l'ensemble est associé à un petit groupe auxiliaire électrogène/compresseur entraîné par un moteur CLM 1PJ. Cet auxiliaire a deux fonctions : produire de l'électricité de secours et produire de l'air comprimé pour le démarrage des groupes principaux.


Situation du Metrich

Situation du Metrich

x

Extrait de cartes du Génie.
Collection Michel_Truttmann.


Entrée des hommes

Entrée des hommes

x

Entrée des hommes, armée d'un JM sous béton et d'un JM/AC37 sous béton.


x

Entrée des hommes.


x

Entrée des hommes (avec un «espion» dans le créneau JM).

x

Extérieurs

Extérieurs

x

Entrée des hommes (semble-t-il très photographiée à l'époque).
Au loin, au centre de la photo, on aperçoit le bloc 8 et, à gauche de la photo, au-dessus du bloc d'entrée, on devine les toits du casernement extérieur léger utilisé en dehors des périodes d'alerte et de combat.


x

Vue plongeante, depuis le bloc 14, sur le casernement extérieur léger.
Au centre de la photo, en haut de la colline, on devine le bloc 8.


x

Réseau de rails antichars.


x

Avril 1939. Souvenir d'une marche. Le sapeur Raude Maurice est au premier rang, accroupi, à droite de la photo.


Blocs d'artillerie

Blocs d'artillerie

x

Tourelle de 75/33 éclipsée du Bloc 8 ou du Bloc 10.
Bloc 8 : une tourelle de 75/33 et, flanquant vers le Sud, un JM sous béton et un JM/AC37 sous béton.
Bloc 10 : une tourelle de 75/33.


x

Tourelle de 75/33 (Bloc 8 ou 10 ?) en batterie.


x

Créneaux des 3 75/32 du B1 orientés vers le Nord.


x

Le B1 (vue de face).
Plusieurs façades de blocs du Metrich sont pourvues d'une antenne radio (barre horizontale sur le béton -voir ci-avant l'une des photos du bloc d'entrée des hommes-).
Sur le B1 on distingue des supports d'antenne (au premier plan) sans antenne. N'a-t-elle jamais été installée ?


Central téléphonique

Central téléphonique

x

Les «pianos» (tables d'exploitation) du central téléphonique de l'ouvrage, par où passent entre autres toutes les informations provenant (et à destination) de l'extérieur.


L'usine

L'usine (Centrale électrogène)

x

Vue d'une partie de l'usine.
La galerie principale est au fond, derrière les grilles.


x

L'un des quatre Diesel SGCM 6 cylindres (230CV).
Au premier plan, à droite, on peut voir la bouteille d'air comprimé de démarrage du Diesel.
Cette bouteille (une par SGCM) est rechargée par le groupe lui-même, lorsqu'il tourne, ainsi qu'éventuellement par un petit groupe électrogène CLM1PJ65 de 8CV.


x

Chaque ouvrage produit son énergie électrique par groupes électrogènes ; mais nombreux sont ceux qui sont, en plus, alimentés par l'arrière.
Photo de la cellule HT (Haute tension) : transformateurs de courant provenant de l'arrière.
Le courant électrique arrive en 10200V et est transformé en 440V, tension de sortie des groupes électrogènes.


x

Cette photo a été prise dans la cellule HT et on voit les tableaux de départ. Derrière le photographe, donc non visible : les transfos HT de la photo précédente.

« S'agissant du tuyau au pied de ces tableaux de départ, c'est très certainement un flexible permettant une ventilation de l'usine alors que l'ouvrage a été vidé de son équipage (oct 1940) ou encore une amenée d'air frais pour les quelques sapeurs chargés de l'entretien pour les Allemands.» (Michel Truttmann)


x

Après avoir produit l'énergie électrique, il faut pouvoir la transporter en tous points de l'ouvrage. Or, si certaines galeries sont très longues comme au Metrich, il y a des pertes de tension en ligne.
A la sortie de l'usine, des transformateurs-élévateurs (photo ci-contre) sont alors indispensables. Ils font passer la tension électrique de 440V à 3000V.

Remarque : dans les lieux d'utilisation de ce courant à 3000V, des sous-stations retransforment le 3000V en 440V.


Camp d'Elzange

Le camp d'Elzange

Le Camp d'Elzange est le «camp de sûreté» des gros ouvrages voisins du Metrich et du Billig.

x

Le camp d'Elzange en 1938.


x x

Le capitaine Mercier_ (au centre) au camp d'Elzange.


x

Cité des officiers du camp d'Elzange en 1938.


x

La capitaine Mercier_ est devant sa maison de la «Cité des officiers» du camp d'Elzange.


Le Kartoffelnberg

Le Kartoffelnberg

x

Kartoffelnberg (montagne de pommes de terre, en allemand). C'est le nom de baptême de cet ouvrage fortifié construit en bois et tissus à l'occasion d'une fête donnée au camp d'Elzange en 1938.
À cette époque la corvée de pluches de pommes de terre était réputée et redoutée dans l'armée.


x x

Une des attractions (laquelle ?) offertes au cours de la fête du camp d'Elzange.


Armistice

Armistice du 22 juin 1940

Entre mai et juin 1940, le Metrich, au centre du plus puissant dispositif de la Ligne Maginot, n'est la cible d'aucune attaque allemande.

x

Dès la signature de l'armistice, le 22 juin 1940, les autorité françaises décident de geler les paies de l'équipage et de donner une «avance» de solde pour juin.
La capitaine Mercier_ reçoit ainsi 1000 Francs.

Ci-contre : certificat de cessation de paiement du capitaine Mercier_.
C'est l'un des derniers documents qu'il s'est certainement contresigné en tant que major d'ouvrage.


Le 30 juin 1940, en vertu de la décision de la Commission de WIESBADEN, le commandant de l'ouvrage reçoit l'ordre d'évacuer avec remise intactes des installations aux troupes allemandes.
L'ordre implique aussi, pour l'ensemble de l'équipage, de se constituer prisonnier.

x

Ci-contre : certificat du commandant du Metrich.

«Le 1e juillet 1940. Le chef de Bataillon Lauga_, Commandant l'ouvrage A17, certifie que : M. le Capitaine Mercier_ Jean_Marie, du 167eRI, faisait partie de l'équipage qui ayant cessé le feu le 25 juin à 0h35, a reçu l'ordre le 30 juin 1940 de se constituer prisonnier en vertu de la décision de la Commission de WIESBADEN.
Le haut commandement de l'Armée allemande lui a accordé les honneurs de la guerre et l'autorisation de conserver en captivité ses armes et bagages».

x

Ci-contre : certificat du commandant du Génie du Metrich_ (le lieutenant Le_ L'Affner_).

Je soussigné, HAFFNER_, Lieutenant du Génie, Commandant le Génie de l'ouvrage de METRICH, certifie que sapeur RAUDE Maurice a servi sous ses ordres comme spécialiste Mécanicien Diesel pendant toute la durée de la guerre. Il a toujours rempli parfaitement la mission technique qui lui a été confiée et a donné entière satisfaction à tous points de vue.
Il a du rester à l'ouvrage, après la signature de l'Armistice pour en assurer l'entretien et la passation aux troupes allemandes conformément aux décisions de la Commission de WIESBADEN_. METRICH, le 31 juillet 1940.

x

En effet, le sapeur Maurice_Raude a été contraint de rester quelques semaines à l'ouvrage du Metrich_, le temps d'expliquer aux allemands le mode de fonctionnement de l'usine.
Puis il est à son tour parti en captivité... jusqu'en 1945 !

Ci-contre : photo de l'usine, avec quelques soldats allemands.


x

Ci-contre : photo du casernement léger extérieur avec, ici aussi, quelques soldats allemands.


Annexes
Capitaine_Mercier

Annexes

Capitaine Jean-Marie_MERCIER (1900-1979)

Écrit par M. Jacques_Mercier, le fils du capitaine Jean-Marie_Mercier

État civil

Jean-Marie_Mercier est né à Fontainebleau (77) le 14 septembre 1900. Il est le fils du capitaine Pierre_Mercier (blessé à Reims en septembre 1914 et décédé en janvier 1915) et de Suzanne_DUCHESNE.

Marié le 28 août 1922 à Fontainebleau avec Mme Georgette_PETIT (1901-1989). Deux enfants : ma sœur Janine (1924-1985) et moi-même (né à Fontainebleau en 1931).

Carrière

Engagé à 18 ans, il fait l'école militaire de Saint_Maixent.

Après les garnisons de Paris, Quimper et Fontainebleau, en 1936, promu capitaine, il est muté à Thionville au 168eRIF (Régiment d'Infanterie de Forteresse).

En 1937-1938 il est affecté à l'ouvrage fortifié de Metrich (A17 - SF Thionville) et habite, avec sa famille, à la -cité des officiers- du camp d'Elzange.

En 1939 il est muté à Bitche (SF Rohrbach) puis retourne au Metrich au 167eRIF en qualité de Major d'Ouvrage (officier adjoint au commandant d'ouvrage).

Suite aux conditions d'armistice de juin 1940, il est fait prisonnier le 4 juillet 1940. Avec ses camarades il part alors pour l'Oflag XB de Nienburg Oder Weser, (son matricule : 1145. Chambre 4. Baraque 6) d'où il laisse sa famille sans nouvelles pendant 2 ou 3 mois.

Il est libéré en 1943, pour raison de santé, le régime Oflag lui ayant fait perdre 30kg !

Après 1944 et jusqu'en 1947, année où il prend sa retraite militaire, toujours capitaine il est Major de Garnison à Clermont-Ferrand.

Pendant les 15 années suivantes, et jusqu'à sa retraite en 1962, il est inspecteur aux Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne (région Bretagne), et domicilié à Pornichet (44).

Il est Chevalier de la Légion d'Honneur, tout comme son père le capitaine Pierre_Mercier et son grand-père le capitaine Jacques_Mercier !


Sapeur_Raude

Sapeur Maurice_Raude (1917-2000)

Écrit par Mme Nicole_ Le_Yaouanq, fille du sapeur Maurice_Raude

Maurice_RAUDE est né en 1917 à l’Ile de Groix_ (Morbihan_)

Service militaire (Classe de recrutement : 1937)

x

Photo prise au cours de son service militaire.

En activité le 2.09.1938 comme SAPEUR du Génie dans le 2ème Régiment du Génie, grade 2ème classe.
Lieu : ouvrage de METRICH_ (Ligne_MAGINOT en Moselle_)
Fonction : Mécanicien Diesel

Est resté à l’ouvrage après signature de l’Armistice pour en assurer l’entretien et la passation aux troupes allemandes.


Prisonnier de guerre

(Matricule de prisonnier de guerre 12099)

Capturé le 4.07.1940

STALAG XIIE CAMP 7 KOENIGSMACKER_, puis WECKRINGEN_ (Bas_Rhin)

10.08.1941 : STALAG XII A (arbeit kommando : 595) HEIDELBERG_ (sud-ouest de l’Allemagne_)

10.06.1942 : ÉVASION avec un camarade (repris après 7 jours de marche vers la France_)

21.06.1942 : STALAG VA kommando : 1651 LUDWIGSBURG_ (Stuttgart_)

15.07.1942 : Fait parti du convoi pour la déportation vers RAWA_RUSKA en Ukraine_
Stalag 325 : camp de représailles situé dans le triangle de la mort.
Soustrait un temps aux contrôles liés aux garanties de la convention de Genève.

31.07.1942 : Arbeit Kommando 2021 à STRYI_ (sous-camp de RAWA_RUSKA).

29.12.1942 : STALAG III A LUCKENWALDE_ (50 kms au Sud de Berlin_)

Après maladie due aux mauvais traitements et aux privations de nourriture et d’eau au camp de RAWA_RUSKA, surnommé Camp de la Goutte d’eau et de la mort lente par CHURCHILL_, reprend le travail en kommando 726 C Lukenwalde_ le 02.05.1943 jusqu’en avril 1945.

Libéré le 22.04.1945 par les Russes, le 22.05.1945 par les Alliés.

Arrivé en France_ le 28.05.1945.

Démobilisé le 4.06.1945 à PARIS_.

Après guerre

x

Après la guerre, mon père réalisera ses rêves de prisonnier en embarquant sur les bateaux de pêche.
Il suivra des cours du soir pour préparer l’examen d’officier de la Marine Marchande et occupera pendant près de 25 ans le poste de chef Mécanicien sur le baliseur côtier (Photo ci-contre) « LE ROI GRADLON » :
construit en 1948, 35m de long, 7m de large et 3,20 mètres de tirant d’eau
équipé de deux moteurs SULZER développant 240 chevaux, de deux génératrices entraînées par deux moteurs LISTER.


Pour en savoir plus...
Etc.

Pour en savoir plus...

Etc.

Nos autres documents connexes

.

Commentaires

Bonjour Mr Cima. Nous sommes très contents du montage réalisé à partir des photos que je vous ai communiquées.
J'espère que ce dossier sera un jour enrichi par d'autres témoignages.
Toutes ces recherches, très bien exploitées sur votre site, m'ont beaucoup appris sur cette période de l'histoire et m'ont donné l'envie de vister la région de Métrich et les vestiges de la ligne Maginot.
Cordialement, Nicole LE YAOUANQ
Buongiorno, La ringrazio sempre delle bellissime immagini. A presto R.G.
Bonjour, excellent – merci. Viele Grüße - salutations. Inge W.
GLOIRE AETERNELLE AUX POILUS ! FERRUCCIO R.
Signor Cima buonasera. La ringrazio sempre di cuore della Sua Posta. Cordialità R.G.
Bonjour Raymond! Je te remercie pour ces superbes photos d'époque : je rêve !... Alain L.
Merci beaucoup pour ces très rares et beaux documents. Amicales salutations de Savoie. Mr V. Dominique
Merci. Vraiment très très intéressant... J'y passerais des heures entiéres à lire, regarder les photos etc. Dommage que Jean-Pierre ne puisse pas lire, il aurait aussi adoré. Bonne continuation. Pour moi, vous faites un travail fantastique pour que vive notre mémoire et notre culture. Isabelle
Bonjour Raymond, Super ! (Metrich). J'ai encore appris pas mal de choses et je me suis bien amusé avec les tests. Merci. Amicalement. Marc
Vraiment super. SR

Kiosque

Espace détente

Kiosque

.

.
.
.
.
.
E-R Cima, kaff, Mercier, Jacques, Jean-Marie, Raude Maurice, Nicole Le Yaouanq, Michel Truttmann,chef de bataillon Lauga, commandant Rouquet, capitaine de Cordoue, lieutanant Le L'Haffner.