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Histoires grivoises (saison 1)

Histoires écrites en 1965-1966 par Raymond Cima (E et R Cima ©2008-2017).
Avertissement

Avertissement

La «saison 1» a été écrite en 1965-1966, en classe, pendant que mes élèves faisaient des exercices de contrôle. Elle commence par une histoire «pilote» introduisant l'ensemble du divertissement. (R.Cima)

Ces histoires grivoises, que l'on pourrait considérer comme étant dédiées aux soldats «boutonneux» des corps de garde, se veulent coquines, polissonnes, croustillantes... sans être égrillardes, ni graveleuses, ni libertines et encore moins indécentes ; tout au moins je l'espère.


Le génie


Le génie

D'un gigantesque pic, qui émergeait de l'onde,
un jour de nombreux gens se penchaient sur le monde.
Un groupe de touristes venus en ces lieux,
Admirait à grand bruit et la terre et les cieux.

-C'est merveilleux disait, l'un d'eux à sa compagne,
À côté de ce lac, à l'orée du grand bois,
Ne vois-tu pas ces près, ces jardins et ces toits ?
Et là-haut dans le ciel, regarde ce nuage
et ces oiseaux brillants, écoute leur ramage !
Ah mon dieu qu'il est doux de voir sans se lasser
D'ici tant de joyaux pour nous seuls amassés !

Du haut du ciel soudain une nuée les gagne,
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Arrive à leur hauteur puis, quelque peu s'éloigne ;
Alors qu'il leur prend peur une voix leur murmure :
Amis ne tremblez pas, je suis-je vous l'assure
Un être des plus doux et qui vous veut du bien !
De moi n'ayez pas peur car vous ne craignez rien.

Les touristes surpris, ayant levé les yeux,
Virent un homme âgé voler au-dessus d'eux.
Celui-là dit alors aux gens tous réunis :
Je suis, pour vous servir, le dernier des génies !
Je fus jadis puni par tous mes congénères
Et j'attends en ce lieu depuis des millénaires
Afin de racheter un acte dont l'histoire
Est, vous allez le voir, bien difficile à croire !

-L'univers est empli d'atomes invisibles,
Appelés par les gens parties indivisibles.
Au temps où rien n'était, ceux-là tous identiques
Flottaient dans le néant, sans leurs pouvoirs chimiques.
Ayant touché l'un d'eux, un jour pour me distraire,
Avec horreur je vis s'élaborer la Terre.
Un chaos d'énergie s'étendit sur le champ
À l'univers entier qui engendra le Temps.
Puis je vis condenser, en maints endroits des cieux,
Cet étrange chaos qui brillait à mes yeux.
Tout s'était transformé ; au-dessus de ma tête
Évoluaient ensemble étoiles et planètes. (+/-)« Assez d'explications
sur cette création,
ce qui nous intéresse
et l'histoire de fesse ! »


Un spectacle nouveau, à moi seul imputable
Offrait mille joyaux tous des plus admirables.

À l'écart de la foule, au comble du bonheur,
Un couple d'amoureux se répétait en chœur :
« Un spectacle nouveau, à nous seuls imputable
Offrait mille joyaux tous de plus admirables ! »
Et le jeune ajoutant le geste à la parole
Attira doucement la fille à son épaule.
Une main se perdit au profond du corsage
Et l'autre, la suivant, eut l'esprit bien moins sage.
Elle allait lentement, avançant avec art,
Lorsqu'elle fut stoppée par la voix du vieillard. (+/-)« On reste sur sa faim,
au sujet de la main.
On ne saura jamais
ce qu'elle avait tramé ! »


-Un tel acte attirant les foudres des génies
Fit que de leur conseil je fus ce jour banni !
Éloigné de leurs yeux, je purge ici ma peine,
Attendant que l'amour me délie de ma chaîne.
Amour non pas de chair mais de lieux merveilleux,
Et cet amour béni je l'ai lu dans vos yeux !

-Venez ici sauveurs de mon humble personne
Et prenez en retour ce présent que je donne :
Un voyage au travers de l'espace et du temps !
Venez auprès de moi... et bien sûr en volant !

Puis faisant un grand geste de grâce infinie,
Il étendit les bras et des mains du génie
Tomba en poudre d'or une pluie de rosée
Qui fut en un instant, sur chacun d'eux, posée.
Alors d'un même élan, dansant en ronde folle,
En chœur de s'écrier : regardez-moi, je vole !

Après quelques instants, que l'on peut concevoir,
Où chacun enivré usa de son pouvoir,
Dans les cieux le vieillard, de son air le plus digne,
Essaya, mais en vain, de les calmer d'un signe.
-Attention, leur dit-il, ne vous éloignez pas,
Si vous vous égariez vous iriez au trépas !
Restez donc bien groupés car sous ma surveillance
Aucun ennui ne peut vous causer de souffrance
Et vous gâcher ainsi, ce qui serait dommage,
Une seule journée d'un aussi beau voyage !

Ils étaient avertis mais ces gens imprudents
Ne croiraient le génie qu'après un accident.
La nature ainsi veut, et l'on ne sait pourquoi,
Que l'homme en sa jeunesse, apprenant tout des lois,
En use dans la vie de si drôle façon
Qu'il n'en fait qu'à sa tête et retient pour leçon
Les malheurs soit disant dus à l'inexpérience
Et qui résultent tous de non obéissance !

Ainsi donc tous ces gens, exerçant leur pouvoir,
Dans chaque position ayant voulu se voir,
Ne gaspillèrent pas un temps si précieux
Pour écouter la prêche du vieux dans les cieux.
Surtout que dans le groupe un strip-tease gratuit
Surclassait les spectacles de Paris la nuit.
Les jupons, en effet, sans mauvaise intention,
Ayant voulu se mettre dans la position
De celui que l'on vient de pendre par les pieds,
Firent grande émotion, je ne puis le nier.
Ce fut un festival de cuisses toutes nues,
Si bien qu'un vieux monsieur, en voyant la tenue
Très sobre en vérité, de l'une de ces belles,
Envoya sur le champ sa main vers la donzelle :
Une grosse mémère, usée, dont la marotte
Était de bien souvent oublier sa culotte.
Une gifle et un cri, partis de l'outragée,
Renvoyèrent chez eux les doigts de l'homme âgé. (+/-)« Si de voir une fesse
offusque votre esprit,
cherchez une autre adresse
et fuyez je vous prie ! »


Enfin c'est le départ vers un monde inconnu
Qui les fit s'élever bien plus haut que les nues.
Ils revirent ainsi, en remontant les ères,
À leurs pieds défiler des peuples millénaires.
Puis ce fut l'arrivée au tout début du monde,
Alors se retournant, le génie, à la ronde,
Aperçut de son groupe un seul représentant ;
Tous les autres, semés, s'ébattaient dans les temps.
Le génie s'interroge aussitôt sur leur sort,
Les cherche éperdument et les voit déjà morts.
De les savoir en vie, il veut encore y croire,
Et méthodiquement parcourt toute l'Histoire. (+/-)« Bon ça y est c'est fini,
l'histoire est sur ses rails.
Place aux cocus, punis...
sujets de ce travail ! »

La verrue


La verrue

Je ne sais, cher lecteur, si tu es comme moi,
Mais aucune beauté ne me met en émoi
Autant qu'une vertu qui paraît ingénue ;
Mon corps contre son corps est plein de retenue,
je frôle ses appâts plus que je ne les touche
Et ma lèvre frémit au contact de sa bouche.
Un frisson par instant me traverse le cœur,
Son chatouillis si doux m'enivre de bonheur !

Mais quant à sa vertu, fais-t'en une raison
Et ne va surtout pas te faire d'illusions,
Du beau sexe toujours, celle que tu rencontres
En a déjà, crois-moi, vu plus que tu n'en montres !

Et bien pourtant un jour, un touriste perdu,
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Trouva, c'est inouï (je veux être pendu
S'il en existe encore à l'époque où nous sommes)
Une fille innocente qui voyait en l'homme
Uniquement un être né pour le travail,
Pour cultiver son champ ou garder son bétail.

Mais ne la fais donc pas plus niaise qu'elle n'est,
Elle a su vaguement pourquoi un enfant naît,
Mais sur l'anatomie du sexe appelé fort
Les idées qu'elle en a ont très peu de rapport
Avec un doux objet auquel je m'intéresse
Et qui remplit de joie les jours d'une maîtresse.

Enfin laissons donc là pour l'instant ce sujet
Car j'ai à te parler, cher lecteur, d'un objet
Bien moins intéressant pour une jeune femme
Et qui en aucun cas ne lui réjouit l'âme.

Une verrue bénigne et grosse comme un pois
Avant un jour poussé sur l'un des pauvres doigts
De la belle en question, alors petite fille,
Et bien qu'elle n'ait eu qu'une grosseur de bille,
Elle avait, à ses yeux, fait si grande impression,
Qu'encore elle s'enflait en imagination !
Un médecin venu pour admirer la chose,
En était reparti, ignorant de la cause.
Il avait cependant prescrit un traitement
Que l'on avait suivi si scrupuleusement
Qu'en moins de quinze jours cette grosse verrue,
Du doigt de notre belle en avait disparu.

Le remède était bon et si toi, mon lecteur,
Tu désires appliquer le secret du docteur,
Saches qu'il te suffit, à l'aide d'un fil fin,
D'attacher la verrue et d'attendre sa fin.

Notre touriste donc, ayant trouvé la belle,
En professeur d'amour se transforma pour elle
Et son enseignement fut si bien écouté
Que de tous les plaisirs elle en voulut goûter.
L'autre ne dit pas non (comme le dit mon frère,
Il faudrait être fou pour penser le contraire).
Or donc un beau sous-bois invitait les amants,
La mousse était douillette et le site charmant.
De tout ce qui se fit, je crois qu'il est plus sain
De s'abstenir ici d'en faire le dessin !
Je dirai cependant, qu'au bout d'un long moment
Il y eut un silence autour de nos amants ;
Le touriste épuisé venait de se coucher
Sur le tapis de mousse agréable au toucher
Et sans s'en rendre compte il s'était endormi
Près du corps délicieux de sa nouvelle amie.

Celle-ci, l'œil ému songeant à son hymen (+/-)« De quoi? ne fais pas l'âne,
hymen est la membrane...
(et puis crotte ma fois,
ailleurs renseigne-toi !) »


Lui passait doucement la main sous l'abdomen.
A la hauteur des cuisses, en caressant le ventre,
Elle aperçut soudain l'objet qui était entre,
Et fut des plus surprise en voyant que la chose
Avait au-dessous d'elle une boule bien rose !

-Ah l'homme malheureux alla-t-elle penser,
Son cas est très sérieux car où elle est placée
Cette grosse verrue peut causer des dommages
Et je ne voudrais pas que cet homme, à son âge,
Ait de ce côté-là à souffrir d'un ennui
Qui pourrait l'empêcher de passer quelques nuits
Dans la douce chaleur des deux bras d'une femme
À qui le malheureux voudrait prouver sa flamme !
Aussi comme j'espère être son seul amour,
Il me faut de ce mal l'écarter pour toujours.
Sitôt dit, sitôt fait, la belle se crut sage
Et tira un long fil qu'elle avait au corsage.
Elle en fit un lasso de petit gabarit
Et lia la verrue de son très cher mari.

Tout béat qu'il était, notre malheureux homme
Était loin de penser, au milieu de son somme,
Au réveil agité qu'il eut lorsque la belle
Ayant pris de ses doigts les bouts de la ficelle,
Étrangla brusquement, dans un soudain effort,
La méchante verrue qu'il avait sur le corps.

Le touriste plus tard, garda de cette histoire
Un souvenir confus, mais vous pouvez me croire,
Il ne put jamais plus s'endormir sans songer
Au jour où sa verrue fut en si grand danger !

Don Juan des cavernes


Don Juan des cavernes

Si de tous tes enfants tu veux être le père
Il ne faut pas laisser ton épouse en colère!

Et j'appuie ce conseil d'un récit fantastique
Emprunté au plus noir du temps préhistorique
Au temps des plus lointains où l'homme et sa compagne
Habitaient les abris qu'ils trouvaient en montagne.

Un jour, savoir pourquoi, ceux-ci ayant manqué,
D'un mari malchanceux sa moitié se moquait.
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Le ton de la dispute s'enfla sur le champ
Et guidé par la voix d'un couple aussi bruyant,
Un touriste perdu -c'est Juanon qu'on l'appelle-
Arriva juste à temps pour voir battre la belle.

Ô le pauvre mari ! qui s'en va sans penser
Qu'il laisse une Ève en pleurs et des plus offensée !
J'ai cherché dans les livres une pareille histoire
Où la femme est battue, et vous pouvez m'en croire
Ici-bas chaque fois qu'un tel fait s'est produit,
Chaque fois qu'un mari, gougeât, s'est mal conduit,
Même dans des pays où la chose est connue
Le causeur de chagrin devient vite cornu.

Le chagrin, quoique gros, n'était inconsolable
Et Juanon caressant était homme admirable.
Aussi fit-il si bien, consola-t-il si fort,
Que l'on n'eut à se plaindre d'un tel réconfort.
Le jeune homme bien fait inspirait tant d'amour
Que la belle se plut à écouter sa cour
Et le laissa aller vers des plaisir si doux
Qu'ils n'entendirent pas que revenait l'époux !

Le mari les surprit et s'aperçut trop tard
Qu'il risquait d'être père de quelque bâtard.
Mais l'amant était fort, il préféra se taire
Et courut avertir un voisin son compère
En criant au malheur, par tant d'autres vécu :
Viens vite lui dit-il, à moi, je suis cocu !
Celui-là amusé, dans son for intérieur,
S'en alla cependant punir le jouisseur.

Pressentant les dangers qu'annonçaient tous ces bruits,
Juanon, sans plus tarder, en montagne avait fui.
Mais comme il ignorait, de l'endroit le passage,
Il eut vite en son dos le mari fou de rage.
Une grotte était là, il entra s'y cacher,
Récita son pater et maudit son péché
Qui faisait succéder, au plaisir d'un instant,
La terrible fureur d'un mari mécontent.
Mais il fut fort surpris de voir ses poursuivants
S'en retourner heureux sans avoir pris l'amant.
Cette grotte en question -je le dis au lecteur-
Était propriété d'un lion tout plein d'ardeur,
Qui un jour de printemps, taquiné par l'amour,
Était en lointain lieu parti faire sa cour.
Le mari l'ignorait, Juanon n'en savait
Rien, le logis libéré était devenu sien !
Le touriste chez lui, épuisé s'endormit
Et jusqu'au petit jour rêva de son amie,
Si bien qu'au lendemain, encore plein d'amour,
Au lieu de s'en aller il voulut faire un tour
Du côté des vallées, près du lieu où la veille
Il avait découvert sa huitième merveille :
Une femme admirable exquise en tous les points
Et qui de son côté ne le détestait point.

Aussi imaginez cet accueil plein de joie
Qu'il eut quand le mari repartit dans les bois !
Juanon en maints détails raconta la poursuite
Et frissonna de peur lorsqu'il sut que sa fuite
En l'antre d'un lion l'avait tout droit mené !
Heureusement dit-il tout s'est bien terminé !

Du moins le croyait-il car voici tout à coup
Que le mari revint et le roua de coups.
La femme lui laissa dégrossir sa colère
Et frapper tout son saoul, Juanon tombé à terre.
Elle intervint enfin et dit à son époux :
-Que lui chercher querelle alors qu'il vient pour nous ?
Me parlant à l'instant ce pauvre malheureux
Voulait par sa bonté exhausser tous nos vœux
Et nous faire cadeau d'un logis confortable
En échange d'un siège autour de notre table !

On fit croire au mari tout ce que l'on voulut ;
Femmes en ces questions ont victoire absolue
Et prouvent aisément, sans préparer de plan,
Que ce que l'on voit noir est en fait des plus blanc !

L'éloquent plaidoyer fit acquitter Juanon
Et permit au mari d'avoir une maison
Dont le touriste fit les honneurs sans tarder,
De peur qu'avec le temps l'on ne changea d'idée.

L'histoire ainsi s'achève et Juanon tristement,
Trouvé par le génie, partit juste au moment
Où il pouvait avoir, ceci au même endroit,
Nourriture à foison et femme de surcroît !

2001


2001

Des touristes épars s'ébattaient dans l'Histoire
Alors que l'un d'entre eux eut du mal à y croire
En voyant qu'il était tombé dans une ville
Où tout lui paraissait étrangement tranquille.

Alors là mes amis je vais vous faire part
D’une étrange aventure, blague mise à part,
Qui me fit me tenir les côtes tout un jour...

Travail interrompu en début de contrôle
Où un élève assis sur le banc de l'école
A semblé s'agiter sans aucune raison,
À moins que du sujet il n'ait lu la question.
Comme il n'était pas seul à n'avoir rien compris,
J’ai laissé dans un coin le début du récit.
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2001. Reprise !

Des touristes épars s'ébattaient dans l'Histoire
Alors que l'un d'entre eux eut du mal à y croire
En voyant qu'il était tombé dans une ville
Où tout lui paraissait étrangement tranquille.

Alors là mes amis je vais vous faire part
D’une étrange aventure, blague mise à part,
Qui me fit me tenir les côtes tout un jour.
Entre nous cher lecteur, j'en rirais bien toujours,
Mais depuis quelques temps, je ne sais pas pourquoi,
Il se passe, on dirait, un fait bizarre en moi.
Il m'a fallu huit jours pour écrire ceci,
Notamment tout un jour pour le ver que voici,
Et je n'ai pas voulu envoyer aux ordures,
Avec tout ce début, une tâche si dure.

Et pourtant, et pourtant ! J'ai bien tort,
Je le sais, car après mes efforts et mes nombreux essais,
Je me suis aperçu que mon inspiration
S’était tarie d'un coup, car dans l'opération
J’avais perdu le fil du sujet de ce conte.
En effet, mes amis, je l'avoue plein de honte,
Et vous l'apprends ici -je n'ose pas oser-
Je ne sais plus de quoi je voulais vous causer !

L'imbroglio


L'imbroglio

Étonnant ! Fabuleux ! Lecteur, je vous parie
Que jamais vous ne vîtes de près tel mari.
Par la même occasion, je vous parie aussi
Que vous ne vîtes point de femme faite ainsi.

Imaginez-vous donc une femme amoureuse,
Éprise d'un mari qui la rendrait heureuse ;
Ajoutez, cependant, pour épicer un peu,
Que la belle en question est un groupe de deux !
Deux siamoises dont l'une est l'amante d'un homme
(Un garçon bien comblé pourrais-je dire en somme !),
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Et ce mari chanceux (je ne peux plus écrire
À tel point, au bureau, je me retiens de rire)
A un frère siamois, auquel depuis toujours
Il est, par le côté, attaché nuit et jour.

Alors, pour ce pari, qui gagne, vous ou moi ?
Avez-vous déjà vu un couple de siamois ?

Ce quatuor de chambre aurait pu, dans un lit,
Se mettant deux à deux, s'ébattre à la folie.
Qui n'aurait pas aimé se transformer en mouche
Afin de mieux les voir, tous quatre sur leur couche ?
Il eut été plaisant de voir autant de mains
Essayer d'attraper, en chœur, le plus de seins !
Et bien non ! Croyez-moi, ou ne me croyez pas,
Mais ils ne faisaient pas cette course aux appâts.

Ils auraient très bien pu (s'eut été la risée),
En s'aimant tous les quatre, se plaire croisés !
Vous ne comprenez pas, lecteur de peu d'esprit ?
Je vais vous l'expliquer, écoutez, je vous prie.
Imaginez-les donc, ces hommes face aux belles,
Amoureux plein d'ardeur mais qui, douleur cruelle,
Ont devant leur figure celle que l'autre aime !
À coup sûr, un Corneille eut rêvé de ce thème
Et c'est dommage en soi qu'un aussi grand auteur
Ne m'ait eu à l'époque comme précepteur
Car il serait monté bien plus haut grâce à moi
Et à cet impossible amour de mes siamois.

Il est triste de voir des gens faits pour se plaire
Et ne pouvant s'unir toujours que par derrière !

Et bien non ! Trois fois non ! Pour eux je le regrette,
Il ne leur vint jamais cette idée là en tête.
Et pour cause d'ailleurs, les pauvres malheureux !
Lorsque j'y songe, hélas, je m'apitoie sur eux !
Ils s'aimaient bien en face et l'on pouvait s'attendre
À ce que les ébats paraissent des plus tendres ;
Ô vérité cruelle ! A chaque mot d'amour
Que se disaient les deux qui se faisaient la cour,
Ceux qui ne s'aimaient pas, se voyant à côté
Commençaient à se battre et faisaient sursauter
Les joyeux tourtereaux martyrs de leur chaîne
Et savez-vous pourquoi existait tant de haine
Entre les deux siamois qui à tout bout de champ
Se fâchaient en voyant que l'autre était devant ?

L'un de ces deux siamois, celui non amoureux,
Était dans le contexte un homme malheureux
Car il ne se plaisait (pauvre petit minet)
Qu’auprès de jeunes gens un peu efféminés !
Aussi, vous comprendrez sans un petit dessin
Le dégoût qu'il avait en effleurant les seins
Imposés sous son nez par cette belle-sœur
Dont la vue lui donnait toujours des hauts le cœur.

Chaque duo d'amour chanté par les amants
Était un cauchemar pour les deux assistants.
Ceux-là, dès le début, se disaient des gros mots
Tout en laissant aller le cœur de leurs jumeaux.
Mais dès que les épris venaient à s'enlacer
Les autres sur le champ en avaient vite assez.
Alors ils remuaient en tous sens bras et jambes ;
Il eut fallu les voir gesticuler ensemble !
Un vrai film comique en couleur et sonore,
Un film à faire rire un grincheux à l'aurore
Alors que sous la pluie, en partant au travail,
Pour changer une roue il sort son attirail !

Un touriste perdu, passa près de leur porte
Et n'ayant jamais vu un tableau de la sorte
Y resta un moment béat d'étonnement.
Le spectacle valait bien le déplacement,
Aussi le lendemain revint-il de nouveau
Admirer les exploits du couple de jumeaux.
Imaginez-vous donc ce que fut son émoi
En entendant pousser de petits cris de joie
Par les sœurs siamoises qui, sans aucun doute,
Avaient pris, du bonheur, à deux la même route !

Apparemment, pourtant, rien ne semblait changé,
Les frères sur les sœurs se trouvaient allongés,
Si bien que le touriste alla s'imaginer
Je ne saurais trop quoi, sur l'être efféminé.
Tout à coup il comprit, et n'en crut pas ses yeux
(Dans pas mal de maisons on n'a jamais fait mieux),
Un homme, ou quelque chose du moins d'approchant,
S’était intercalé entre nos figurants.
Par la même occasion, il freinait leur fureur
Tout en leur procurant à tous deux du bonheur !

Fin de la saison 1

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